vendredi 7 novembre 2014

Etats-Unis : l'accueil des enfants handicapés à l'école

Un exemple de classe spécialisée : autistic support classroom
J'avais envie depuis longtemps de témoigner du terrible décalage qui existe entre la France et les Etats-Unis en ce qui concerne l'accueil des enfants porteurs de handicaps à l'école publique. Je pense personnellement qu'il est crucial que chaque enfant ait une chance d'être socialisé et de faire ses apprentissages dans une école fréquentée par des enfants tout-venants. Encore faut-il y mettre les moyens nécessaires pour que ça ne devienne pas un enfer pour ces enfants ou leurs enseignants. Je travaille  actuellement dans une très grosse école primaire où sont accueillis plus de 450 enfants. Il existe plusieurs classes spéciales (un peu l'équivalent de nos CLIS), accueillants des enfants autistes, porteurs de handicaps moteurs, et/ou intellectuels. L'un de mes petits patients, autiste profond, est scolarisé à temps plein dans l'une de ces classes spécialisées. Avec deux autres enfants. Faites le calcul, il s'agit bien d'une classe de trois élèves. Il y a une institutrice spécialisée, et trois aids (l'équivalent de nos AVS), et ce à plein temps. Impensable en France... Et pourtant, le school district où je travaille est assez défavorisé. Beaucoup d'enfants viennent de milieux très modestes. Donc cette école n'est pas une exception. Alors pourquoi un tel décalage entre la France et les Etats-Unis ? Probablement une histoire de financement et de budget disponible. Et aussi une histoire de mentalité. Le handicap est beaucoup mieux vu, ou tout du moins beaucoup moins stigmatisé au pays de l'oncle Sam. Toutes les infrastructures publiques sont aux normes pour accueillir les personnes en fauteuil roulant, ainsi que les personnes atteintes de déficiences visuelles. Les transports sont également adaptés, et les toilettes sont toujours accessibles. J'ai vraiment l'impression que nous, français, avons facilement vingt ans de retard à ce sujet. Car les histoires que j'ai entendues concernant l'accueil des enfants handicapés au sein de l'école de la République sont très, très loin de ce que je vis ici. Une classe de trois élèves avec quatre adultes présents à plein temps est impensable en France. Et pourtant, ici, ça marche. Les résultats sont là, et le système américain en Pennsylvanie permet à chaque enfant handicapé d'avoir une chance d'apprendre comme tous les autres enfants. Alors, si tout n'est pas toujours parfait de l'autre côté de l'Atlantique (et loin s'en faut...), nous ferions peut-être bien de regarder ce qui s'y passe de bien, et notamment afin de nous en inspirer pour améliorer notre intégration du handicap à l'école en France...

vendredi 31 octobre 2014

Halloween


Toute la semaine, les gamins de la clinique et de l'école primaire où je travaille n'avaient que ce mot à la bouche. Halloween, costumes, trick-or-treat... Probablement un an qu'ils l'attendaient : la journée des vampires, montres, fantômes, et autres sorcières est arrivé. Pas de pluie prévue cette année, les petits mômes en scary costume devraient sonner à notre porte toute la soirée. Après avoir (lamentablement) mangé un demi sac de bonbons que j'avais réservé pour l'occasion (l'autre moitié ayant été dévorée par mes camarades de classe, qui ont conservé leur âme d'enfant et leur appétence pour le sucré !), j'ai fait un saut au centre commercial pour racheter plus de munitions. Et je suis maintenant complètement armée : un gros sac de Reese's peanut butter cups, des Bounties (qui s'appellent Almond Joy aux Etats-Unis), des Milky Ways, ainsi que des mini Snickers et des Twix devraient faire l'affaire. Et si personne ne se montre, tant pis. Je réussirai bien à manger toute cette junk food moi-même, même si cette hypothèse de bonbons me restant sur les bras est bien improbable ! J'ai déjà mon costume pour la party des adultes, prévue pour plus tard dans la soirée. Et j'ai confectionné des cupcakes franco-américains pour l'occasion. Au sirop d'érable, cream cheese, et noix de pécans, typiques du pays de l'oncle Sam, ont été ajoutés de vrais carambars rapportés de France. Le résultat n'est pas mal du tout, et il va être difficile d'y résister ! Alors, si vous sortez, faites attention aux bêtes féroces et aux être surnaturels qui rôdent dans le coin... et si vous les apercevez, donner leur des confiseries pour calmer leur appétit. C'est une technique qui marche très bien pour les adultes aussi.

samedi 11 octobre 2014

Franco-américaine !


Et c'est finalement arrivé. Après des années de torture administrative, de déceptions et frustrations, de fausses-joies, véritables réjouissances, et accessoirement quelques milliers de dollars plus tard, j'ai finalement acquis la nationalité américaine. Plus de cauchemars en pensant à USCIS, plus de nébuleuses bureaucratiques, plus d'angoisses liées à mon immigration sur le sol américain : je peux maintenant voyager, voter, et être complètement libre de mes mouvements aux Etats-Unis. C'est une grande fierté, qui n'a de sens que parce que je suis avec Logan. J'ai toujours en mémoire cette année de galère lors de la demande de mon premier visa d'immigration, où le système nous avait punit drôlement et où nous avions passé de longs mois séparés par l'Atlantique. Cela étant, cette naturalisation effacerait (presque) ces mauvais souvenirs et il est désormais temps de passer aux réjouissances qui s'y rattachent. Et ça a commencé par un happy hour (au champagne s'il-vous-plait), et ça va se poursuivre ce weekend. Certains se demanderont peut-être ce qu'il advient de ma citoyenneté française. Rien de particulier, je suis et je resterai française à tout jamais, car à défaut de résider en France, ma culture, ma langue, ma nationalité et mes origines seront toujours française. J'ai tout simplement gagné une nouvelle partie de moi, je n'ai rien perdu et je ne perdrai jamais rien. Mais pour l'heure, it's time to celebrate!!!

Lors de la cérémonie de naturalisation, il m'a été remis une copie de la constitution américaine, et un guide pour les nouveaux américains. Il est temps de s'inscrire pour voter !

jeudi 2 octobre 2014

La foire de Bloomsburg



Après trois ans en Pennsylvanie, j'ai finalement eu l'occasion de me rendre à la foire annuelle de Bloomsburg, événement marquant pour cette petite bourgade de campagne, qui accueille pas moins de 400 000 visiteurs chaque année. C'est une énorme machinerie bien rodée, où d'immenses parkings succèdent à d'immenses stands d'expositions, à l'extérieur ou dans des pavillons couverts. Des milliers d'animaux y sont présentés chaque année, des bovidés aux gallinacés. La foire est connue pour ses spécialités alimentaires, riches en gras et en sucre, fortement déconseillées aux personnes au régime, et hautement additives pour une petite frenchie comme moi. Il est possible d'acheter et de consommer absolument tout et n'importe quoi frit dans l'huile. J'ai bien dit absolument tout. Des légumes, aux cornichons, et aux gâteaux, tout peut être trempé dans un genre de pâte à beignet et frit dans de l'huile bouillante. J'ai eu l'occasion de déguster, parmi d'autres, des Oreo Cookies frits (une tuerie !), des Twix frits (avec un caramel coulant et tiède à l'intérieur....), des macaronis au fromage frits, des bretzels chauds d'inspiration allemande (faits à la main et cuits sous mes yeux), des pancakes à la pomme de terre (un litre d'huile dans chaque pancake environ), et d'autres spécialités plus traditionnelles mais tout aussi intéressantes (les pierogies, genre de raviolis d'origine polonaise fourrés à la purée de pomme de terre, et toutes les spécialités grillées/fumées au barbecue). Inutile de préciser que mon estomac a eu bien du mal à assimiler tous ces délices, mais que le jeu en a valu la chandelle. Rien de tel qu'un cookie frit pour saturer son foie, le tout accompagné d'un petit tour à pied du côté de la fête foraine, auprès du stand des légumes géants, des concours de tables dressées, des concours de bouquets, de plantes, et d'autres bizarreries en tous genres. Plus qu'un bon moment, cette foire a été une véritable découverte culturelle, où j'ai pu poser un regard mi-amusé, mi-circonspect sur la Pennsylvanie centrale. Mon orgie hépatique, qui était plutôt exceptionnelle pour moi, s'est révélé une habitude quotidienne pour bon nombre de mes collègues locaux. Certains mangent ces trucs tous les jours et à chaque repas. Il va falloir m'y faire : rien n'égalera jamais la bonne bouffe à la française, pas même ces infâmes/délicieux Twix frits qui laisse un petit gout sucré dans la bouche et les doigts gras et collants. Mais faute de mieux, je m'en contente, car gourmande un jour, gourmande toujours....

Les fameux Pierogies

Oreo frit

Macaronis au fromage frits

Une banane congelée trempée dans le chocolat

Les Twix frits !

Les Bretzels faits à la main

Les pancakes à la pomme de terre

La plus grosse citrouille de la foire, 1036 pounds soit près de 921 kilos !


lundi 15 septembre 2014

It all eventually comes to an end..


Trois semaines de cours viennent de passer comme un souffle. Un tourbillon névralgique de travail acharné et de journées à rallonge. Un ouragan harassant d'épuisement et de satisfaction lorsque finalement chaque journée s'achève. Et ce n'est pas finit. Entre deux projets de recherche (mon mémoire portant sur le vieillissement et la voix, avec plus de 250 patients inclus dans l'étude à ce jour, et mon étude sur les prises en charge en groupe de patients aphasiques, pour lequel nous partons présenter à la grande conférence nationale en Novembre), plus mes divers placements et les cours, le planning est chargé. Rien que de penser à mon planning "soit-disant" chargé des semestres précédents, je rigole. Ou pas. Il n'empêche que ce semestre est vraiment exciting. Et passionnant. J'ai notamment commencé mon cours d'Instrumentation, lors duquel j'apprends à utiliser la vidéostroboscopie avec un endoscope rigide, un nasomètre, et autre instruments qui coûtent une fortune et qui sont difficilement accessible aux orthophonistes en France. Et puis j'ai commencé mon nouveau stage dans une nouvelle école, qui sera l'objet d'un article prochainement (et notamment sur l'accueil des enfants handicapés en milieu scolaire aux Etats-Unis-so stay tuned). La cerise sur le gâteau sera notre deuxième présentation à propos de notre groupe d'aphasiques (je dis nous car c'est un projet de groupe). Là-encore, un petit voyage en Floride la semaine qui précède Thanksgiving sera au programme. Et pour le reste, j'essaie quand même de profiter des weekends et de voir Logan de temps en temps. Pour l'instant, à défaut de vivre ensemble et de se voir, on se rapproche plutôt de colocataires qui se croiseraient de temps à autre pour une petite discussion. Métro-boulot-dodo, mais sans le métro. Pas cool, donc. Son emploi du temps est aussi très chargé, donc on prend notre mal en patience d'ici les vacances de Noël (destination Puerto Rico!). Tout est temporaire, c'est mon dernier semestre de cours, avant un semestre en Janvier où je serai en stage à plein temps. J'ai même un compte à rebours enclenché sur mon téléphone, une application bien pratique qui me montre dans combien de jours exactement je "récupère ma vie". Alors patience, it all comes eventually to an end...

lundi 25 août 2014

Etudiante, again and again.

Levée aux aurores pour cause d'un vicieux décalage horaire, je m'apprête à entamer ma dernière année d'études. Il me semble avoir déjà eu cette pensée en 2009, lorsque, la bouche en coeur, je rentrais en dernière année d'orthophonie à Lyon. Et j'avais tort : cette année scolaire ne fut certainement pas la dernière, puisque j'en suis aujourd'hui réduite à user les bancs de l'université, again and again. Un an de plus, comprenant un very last semestre de cours (ouf !) et un autre semestre d'externat. J'ignore encore où je serai pour cet externship, je croise les doigts pour que ce lieu de stage soit proche et intéressant. J'ai déposé en Janvier dernier deux voeux d'affectation, pour l'instant restés sans réponse. Bien que passablement blasée à l'idée d'une nouvelle année scolaire, promettant de longues heures à la bibliothèque, au voice lab, et dans des salles de cours, je repars fraîche et reposée après deux semaines de vacances en France. Le séjour est passé très vite, trop vite, mais m'a permis de voir beaucoup de membres de ma famille et de faire mon "tour de France" version express. Entre les joies de la capitale et le calme de la campagne ardéchoise, c'est dans mon cher Jura que mes valises ont été posées la plupart du temps. Pour l'heure, je repars à l'Université pour quelques réunions de rentrée, puis un pot d'accueil des nouveaux étudiants de première année (on va m'affubler d'une petite "filleule" parmi les nouveaux arrivants, de la même façon que j'ai eu, moi-même l'an passé, une "marraine"). Je vais donc endosser le rôle de mentor, qui n'est pas forcément facile mais qui incite à réfléchir à sa propre pratique et à encourager la nouvelle jeunesse débutante. Car cette étudiante me suivra presque partout à compter du mois d'Octobre, dans mes clinics, à l'école, et elle deviendra (sans doute) ma meilleure alliée contre les aléas et les affres universitaires à venir. Restons positifs : Yes, we can.

dimanche 10 août 2014

Good morning Germany


Partie de Lewisburg hier matin, je suis maintenant à l'aéroport de Frankfort où j'attends mon vol pour Genève. Une nuit blanche, quelques bouchons pour aller à Newark, six heures à poireauter, deux trois courbatures d'être restée assise longtemps, un estomac plutôt nauséeux après deux repas pris sur United, et une impatience qui grandit de minute en minute. La France, ça se mérite. Plus d'un an sans rentrer, finalement c'est surtout long vers la fin. Il m'est difficile d'imaginer que la France n'est plus vraiment "chez moi", même si quand j'en parle en Pennsylvanie j'utilise souvent le mot "home". I'm coming home. I'm flying home. Reste qu'il m'aura fallu traverser deux autres pays d'Europe avant de parvenir à bon port. Ces satanés connexion flights rendent les voyages sacrément plus longs, et plus fatigants. Reste aussi à savoir si ma valise enregistrée à New York hier midi va arriver jusqu'à Genève sans encombres. Dans le pire des cas, si elle est perdue, je vais devoir faire beaucoup (énormément/vachement/sacrément) de shopping pour remplacer mes affaires perdues, et ça serait vraiment très très dommage (notons l'ironie de cette dernière déclaration). Par contre, j'en connais certains qui seraient vraiment déçus que les 4 kilos de surprises américaines n'arrivaient jamais jusqu'au Jura. Alors croisons les doigts...et verdict dans deux heures. 

vendredi 1 août 2014

France, J-7


Une semaine. Une toute petite semaine avant de revenir dans mon cher Jura. Une semaine de plus à patienter, à passer encore et toujours des examens, à recruter toujours plus de participants pour mon projet de recherche, et surtout.... à faire ma valise. Pas de répit cependant, les derniers jours sont très busy, mais les vacances approchent ! Au programme, un petit séjour à Paris, une petite escapade en Ardèche, et quelques jours en Franche-Comté. J'ai déjà commencé une liste de choses que je dois absolument faire : manger un vrai mille-feuille recouvert de son glaçage au sucre noir et blanc (que Logan appelle le mille-feuille avec son gooey top), aller me prendre un goûter chez Pelen (qui inclurait bien-sûr un écureuil), dévaliser la biscuiterie Billiotte, faire une randonnée dans le haut-Jura, me baigner dans le lac de Vouglans, faire du shopping à Paris, manger les courgettes farcies de mon père et le lapin aux pruneaux de ma mère, râler dans les bouchons du mois d'Août sur l'autoroute, souffler avec mon neveu ses quatre bougies, faire des pâtisseries avec ma petite soeur, faire "le tour de Villeneuve", me plaindre que rien ne marche en France et que les magasins n'ouvrent ni le dimanche ni la nuit, manger une vraie crème brûlée, déguster un vrai sandwich jambon-beurre-baguette, acheter tout ce qui me manque aux Etats-Unis, faire un repas de famille où on prend l'apéro à midi et le dessert à dix-huit heures, jouer de mon Gaveau, et surtout, ne pas potasser mes cours et  ne pas parler de patients/recherche/cours/orthophonie pendant au moins deux semaines. Car l'automne sera encore plus un challenge que tous les autres semestres. Je commencerai un nouveau placement dans une école primaire, j'aurai de nouveaux patients à la clinique, je devrai présenter à une conférence nationale en Floride, je devrai passer mes deux praxis, et je devrai soutenir mon mémoire. Mais pour l'heure... essayons de faire une valise qui ne dépasse pas la limite de poids autorisé ! (Mission : absolument impossible). 

dimanche 13 juillet 2014

American showers

En un mois, j'ai assisté à ma première bridal shower et à ma seconde baby shower. Non, le principe n'est pas de balancer à la flotte la mariée ou le dernier né des rejetons, mais bien de couvrir de cadeaux une future mariée (un genre de trousseau collectif de la part des amis et de la famille) ou une future mère. C'est donc un évènement qui se veut principalement féminin, alors qu'il existe des exceptions à la règle. Souvent, une registry list est fournie pour que les invités puissent acheter des cadeaux souhaités par la mariée/la future maman. Ca paraît un peu grossier mais c'est tout simplement l'équivalent de notre liste de mariage, qui évite de se retrouver (pour une baby shower) avec cinquante pyjamas taille six mois et huit mille peluches. Ca évite aussi à la future mariée de se voir offrir un énième presse-purée ou des tupperwares en plastique. Et les invités se retrouvent autour de jeux divers et d'un bon repas. Pour ce qui est de la future mariée et de sa bridal shower, les femmes de la famille offrent de la lingerie, qui est un peu un clin d'oeil à l'enterrement de vie de jeune fille ou bachelorette party qui est généralement programmée peu de temps avant le mariage. Avant une baby shower, le sexe de l'enfant est souvent révélé (ou pas), et il est plus facile de choisir des cadeaux en fonction de ça. Ainsi, les layettes américaines sont très souvent rose Barbie ou bleu. Difficile d'habiller sa fille en bleu et son garçon en autre chose que du bleu. Alors quand on aime le vert et le violet à petits pois, mieux vaut commander des cadeaux par internet histoire d'agrandir l'horizon de ses possibilités. Surtout quand on habite au fin fond de la Pennsylvanie centrale...


lundi 7 juillet 2014

Et le compte à rebours est lancé !

On y est presque. Quatre semaines de cours, une semaine de finals, et je vais pouvoir enfin revoir mon cher Jura ! Après plus d'un an au pays de l'oncle Sam, à moi les orgies de comté et autres stinky fromages, le bon vin à moins de vingt dollars la bouteille, les lardons, les mille-feuilles, les religieuses en chocolat, les pains aux raisins, la baguette croustillante, les macarons et autres délices ! L'impatience se fait sentir, tandis que le semestre bat son plein. Mon projet de recherche me prend le plus clair de mon temps, en quête de participants de tous âges, de 21 à 99 ans. Pendant ce temps, la Pennsylvanie a revêtu son habit estival, chaud, parfois humide, avec son lot de blueberries, moustiques et barbecues à-tout-va. La climatisation est redevenue notre meilleure amie tandis que le pull de laine est requis dans tous les bâtiments publics : on passe aisément de 92°F à 67°F en intérieur, en se les gelant en claquettes. J'ai hâte de revoir famille et amis, tandis que mon séjour en France s'annonce déjà chargé. A peine arrivée, j'embarquerai pour 48 heures parisiennes, avant de revenir dans mon cher Jura le temps d'un long weekend. L'Ardèche sera ma destination suivante, avec de plier bagages et de revenir en Pennsylvanie. Alors petits frenchies, préparez-vous : j'arrive.

dimanche 8 juin 2014

La communauté Amish



Les Amish et Menonnites émigrèrent en Pennsylvanie au début du XVIIIème siècle. Leur population comprend environ 300 000 membres à travers tous les Etats-Unis, et ils sont aussi présents au Canada. Originaires de Suisse, la plupart d'entre eux parlent un dialecte proche de l'Allemand de l'époque, le Pennsylvania Dutch. Ils vivent principalement de l'agriculture et du commerce, ont leurs propres paroisses et églises, et sont exonérés du service militaire. Au marché local, la plupart des commerçants que je rencontre sont issus de cette communauté. Nombre d'entre eux refusent la modernité et se déplacent en calèche. Chaque famille et communauté décide de ses propres règles quand à cette modernité. Aussi, si certains n'ont pas le droit de conduire, ils ont quand même le droit de se déplacer en voiture avec chauffeur. Le réfrigérateur est souvent placé au sous-sol ou absent de la maison. Certains possèdent un téléphone (pour toute une famille), et d'autres possèdent même une voiture. Il existe autant de pratiques et de traditions culturelles que de communautés Amish, et l'on ne saurait généraliser à l'ensemble de leur groupe. J'avoue que la première fois que j'ai croisé un buggy, l'expérience a été plutôt surprenante. Mais l'on s'habitue très vite à voir les véhicules électriques remplacés par des outils mécaniques, ou tractés par la force animale. Les Amish se mélangent très peu au reste de la population, sauf dans le cadre d'échanges commerciaux. Ils possèdent leurs propres écoles et églises, et fonctionnent en petites communauté dirigées par un patriarche. C'est assez incroyable de voir que deux mondes peuvent se côtoyer si longtemps sans s'influencer. D'un côté, l'Amérique capitaliste moderne, société de consommation et de mondialisation, et de l'autre, une vie en pleine nature, certainement difficile et qui apparaît comme austère, où le dogme refuse toute modernité (y compris la médecine moderne), et où la non-violence est de mise. Les Amish ne participent pas aux conflits armés et beaucoup n'ont aucune existence juridique. Peu poursuivent des études supérieures et nombreux sont ceux qui resteront dans la communauté toute leur vie. Ils manient l'art du Pretzel au beurre mieux que personne et ils fournissent à la région son lot de denrées alimentaires locales. Bien que souvent très chaleureux, ils restent pour moi une communauté assez réservée et secrète. Peut-être qu'un jour, j'aurai l'occasion d'en apprendre davantage sur leur culture et leurs traditions? 




Nb: J'ai volontairement choisi de rapporter des faits qui se veulent dénués de jugement. Il existe de nombreux problèmes liés à la consanguinité et à la position de la femme dans la communauté Amish. Je manque de données et de témoignages pour pouvoir partager ces informations d'une façon objective.

vendredi 16 mai 2014

Tout vient à point....

Cayuga Lake

à qui sait l'attendre. Et ils sont arrivés, presque pas jet-laggués, pour toute une semaine en famille ! Avoir ses parents en visite lorsqu'on réside à l'étranger, ça n'a pas de prix. Et la semaine passe beaucoup trop vite. J'ai terminé mes examens la semaine dernière tandis que Logan est allé les chercher au bus en provenance de Baltimore. Les examens en question étaient clairement le cadet de mes soucis à ce moment-là et j'ai eu tendance à penser à leur arrivée plutôt qu'à réviser. Mais enfin tout s'est très bien terminé puisque je n'ai eu que des A. Les quelques derniers jours, presque coupée du milieu universitaire, j'ai reposé mon cerveau cognitivement fatigué et j'ai pratiqué mon français qui tend à s'étioler. Un petit séjour dans la région des finger lakes et à Ithaca dans l'état de New York et de longues heures passées dans la cuisine m'ont redonné l'énergie nécessaire pour entamer un nouveau semestre. Lundi, c'est reparti avec les cours, les stages, la recherche et les mille et une choses à faire pour oser un jour pratiquer l'orthophonie aux states. Alors on ne mollit pas et surtout...on profite des vacances jusqu'à la dernière seconde. 

Buttermilk Falls

mercredi 30 avril 2014

Pratiquer l'orthophonie en Anglais


J'avais envie depuis longtemps d'écrire sur mon expérience en tant qu'orthophoniste française  expatriée et pas forcément fortiche pour les langues étrangères, et encore moins douée lorsqu'il s'agit de traiter les troubles du language dans une langue qui n'est pas la mienne. A première vue, ça peut paraître un peu comme une mission "impossible". Je vous passe les détails sur mes nombreuses crises de nerfs à chaque fois qu'il a fallu écrire un paper de quinze pages, ou mon désarroi lors des épreuves de langage du GRE... Ou les commentaires de mes divers maîtres de stage qui repassent derrière moi pour corriger les fautes d'anglais. Let's be honest. L'égo en prend un coup quand on se sent "assistée" et dépendante. Rien n'a été facile et rien n'est encore facile. Il y a toujours des jours où j'ai l'impression que je ne vais pas y arriver, que le handicap linguistique est insurmontable et que je perds tout simplement mon temps. Dans ces moments-là, j'imagine que j'aurais mieux fait d'ouvrir une pâtisserie car là, au moins, être française aurait été un atout plutôt qu'un handicap. Et puis faire des gâteaux toute la journée (et les manger !) c'est quand même une vie de rêve. Et puis d'autres jours, je réalise que mes patients font des progrès, que je ne suis pas plus mauvaise qu'une autre, et que même, être étrangère me confère un avantage certain. Déjà, être française aux Etats-Unis est censé être un plus : pour un américain, tout ce que est français est classe, raffiné, sophistiqué, voire culturellement intelligent. Et puis cela suscite la surprise : qu'est-ce qu'une jurassienne comme moi est venue faire au fin fond de la Pennsylvanie centrale, en plein coeur du pays Amish et loin de toute métropole civilisée ? Forcément, ça intrigue, et je crois que la curiosité est le meilleur moteur pour démarrer une conversation et établir une bonne communication. Alors ces jours-là, je suis contente de mes choix, des challenges que j'ai déjà relevés et de ceux qu'il me reste à accomplir. Au sommet de la pile, mon prospectus meeting (une sorte de pré-soutenance) de mon mémoire de master, et quelques examens finaux à passer. Pour la suite, je ne pense même pas au semestre d'été qui débute en Mai. Car avant ça, mes parents débarquent ! Et au moment où je finis cet article, ils sont quelque part au dessus de l'Atlantique pas très loin des côtes américaines. Il va me falloir encore quelques jours de patience : leur arrivée à Lewisburg n'est prévue que Jeudi prochain. Inutile de préciser que I just can't wait!!!


lundi 21 avril 2014

Easter!


Il est dommage que le lundi de Pâques ne soit pas férié aux Etats-Unis. Je serais bien restée au fond de mon lit à végéter aujourd'hui, plutôt que de passer une bonne dizaine d'heure dans le Voice Lab et quelques heures de plus à la clinique. Et pourtant : quel fantastique weekend ! Si le beau temps a été au rendez-vous, rien n'a été plus agréable que de recevoir de la visite du vieux continent. Marie-Lou est restée juste le temps de ce weekend, qui est passé très très vite. Un brunch de Pâques plus tard et quelques petites visites touristiques de la région (notamment, les campus de Bucknell et de Bloomsburg), il est déjà temps de se remettre au boulot pour la dernière ligne droite. Plus que deux semaines et demies de labeur intense, avant une semaine placée sous le signe du repos et des loisirs : ce sera le moment où mes parents débarquent et il est inutile de préciser qu'ils sont attendus de pied ferme ! Alors je compte les heures, les minutes et les secondes qui me séparent de la fin de mes examens : patience et longueur de temps, paraît-il, feraient plus que force ni que rage....

lundi 7 avril 2014

Ma première conférence américaine


Je reviens de trois jours à Pittsburgh où se tenait la conférence annuelle de PSHA (Pennsylvania Speech-Language-Hearing Association). C'était la première conférence sur l'orthophonie à laquelle j'assistais ici aux Etats-Unis, et également ma toute première présentation à une conférence. Après avoir travaillé pendant tout un semestre sur un protocole de rééducation de groupe pour patients aphasiques était venue l'heure de partager notre expérience avec d'autres orthophonistes. Le thème central de notre recherche portait sur la création d'histoires à partir d'images en noir et blanc, inspiré du protocole de Time Slips qui existe pour patients atteints de la maladie d'Alzheimer. La présentation a duré une heure et demie et nous avons eu près de soixante personnes dans le public, un vrai succès ! Bien que passablement nerveuse à l'idée d'intervenir dans ma première conférence officielle, tout s'est très bien passé et le sujet a suscité des réactions plus que positives. Nombreux sont les orthophonistes qui sont venus nous poser des questions et qui ont démontré un intérêt certain pour ce type de rééducation. Reste maintenant à soumettre un autre projet de présentation pour la conférence annuelle de l'ASHA (American Speech-Language-Hearing Association) qui se tiendra en Floride en Novembre. Ce sera une autre grande étape et une nouvelle présentation de notre projet abouti. Inutile de dire que je ne suis pas peu fière d'avoir eu la chance de faire partie de ce groupe d'étudiants et de pouvoir présenter aux côtés de chercheurs de renommée nationale ! La prochaine étape, si ASHA accepte notre projet, risque d'être un peu plus challenging : ce serait un véritable saut dans le monde de la recherche en orthophonie. Pour l'heure, il me reste à analyser des tas de données, à regarder des heures et des heures de vidéos pour vérifier tout ce qu'on a mesuré depuis le mois de Janvier, et donc à passer un certain nombre d'heures supplémentaires à la fac... Alors courage, il ne reste plus que cinq semaines avec la fin de mon semestre de printemps, et 31 jours avant l'arrivée de mes parents!!!!


samedi 29 mars 2014

Que la musique soit !


Approcher la trentaine n'est finalement pas si désagréable lorsque l'on est gâtée pour son anniversaire. Et pour cause, Logan m'a acheté un piano! Si les doigts ont eu largement le temps de rouiller depuis plus d'une décennie, il reste quand même quelque chose de cette autre décennie où le piano a fait partie de mon quotidien. Impossible financièrement de faire venir mon Gaveau de France, c'eût été beaucoup trop expensive et il semblait tout naturel de faire l'acquisition d'un nouveau spécimen. C'est donc un Sohmer de 1972 qui est arrivé dans notre salon la semaine dernière et je dois dire que j'en ai déjà bien profité. Certaines touches restent enfoncées trop longtemps et ce piano a besoin d'une petite restauration, mais le son est très bon et il a été accordé récemment. L'accordeur/réparateur de l'Université doit venir très bientôt s'occuper de ce qui a besoin d'être rénové. Jouer de mémoire n'est pas aisé et j'ai déjà commandé quelques partitions histoire de travailler de nouveaux morceaux. Logan sait également en jouer et nous avons improvisé un petit quatre-mains cette semaine ! Je suis donc devenue obsédée par ce nouvel instrument qui a trouvé sa place dans notre salon. Maintenant, je peux vraiment dire home, sweet home. 

lundi 17 mars 2014

A little taste of Spring Break

Planter des fraises, what else?

Si les journées restent froides mais que le soleil brille, ce n'est pas si mal pour un début de printemps qui a tardé à montrer le bout de son nez. Un seul mot peut suffire à décrire les derniers jours : glandationnage. Et si je crée ce barbarisme, c'est pour mieux promouvoir l'ambiance du weekend écoulé. Mon cerveau se remet doucement de sa récente surchauffe et cette semaine de vacances est plus qu'appréciée. Le concept du spring break évoque souvent -dans le jargon américain- une semaine de débauche où tout est permis ; nombre d'étudiants en profitent pour aller bronzer et picoler à Cancun, ou pour s'envoler vers diverses destinations exotiques, loin du froid hivernal et surtout, loin du monde des études. Point de semaine dévergondée et sauvage de mon côté, j'appartiens à la catégorie des anciens, des vieux étudiants, de ceux qui ont presque dépassé la date de péremption des études, de ceux qui sont nés sans portable et sans internet et qui ont connu - à l'époque- les disques vinyles et les cassette audio. Mais je ne me perçois pas non plus comme une vieille croûte décatie sortie d'un autre âge et d'une autre culture. Pour l'instant je me suis assez bien fondue dans la masse et adaptée aux autres étudiants, jeunes, dynamiques et encore emprunts d'une naïveté presque charming. Alors mon spring break ressemble plus à celui d'une vieille mémé, à coudre (et à m'énerver en tentant de comprendre le fonctionnement d'une antique machine Singer des années 50), à cuisiner, à réparer-percer-clouer-vernir et rafistoler la maison, à jardiner et à surtout, ô combien surtout, ne rien faire pendant quelques heures et avoir enfin le temps de m'entendre penser. Car la fin du semestre s'annonce chargée. Dès demain, retour aux études et à mon projet de recherche. Point de long répit et point de rêvasserie. La procrastination pourra sans doute être de mise, en tout cas jusqu'au lendemain. Et de là, j'entamerai la dernière année de ma vingtaine, et la toute dernière année de mes chères études. Enfin, du moins, pour le moment. 

vendredi 7 mars 2014

Etre orthophoniste dans une école américaine

J'ai assisté à ma première réunion d'IEP (Individualized Education Plan) pour l'un de mes patients de CM1 (4th grade). Puisque les parents ne pouvaient pas se déplacer, la réunion s'est faite en téléconférence avec la mère au bout du fil et les différents autres intervenants assis autour d'une table. Etaient présents : ma maître de stage, la directrice d'éducation spécialisée (Director of Special Education), la psychologue de l'école, la professeur spécialiste des difficultés d'apprentissage, l'enseignant, et moi-même. Le but était pour la mère de prendre connaissance des progrès de son fils, des différents objectifs fixés par l'école dans le but de l'IEP, des aménagements particuliers (lecture des énoncés lors des examens, tiers-temps…), et de faire part de son vécu de la situation comportementale à la maison. C'était une véritable réunion à l'américaine, comme je les aime, avec aucun bla-bla inutile et des discussions efficaces et portées vers l'intérêt de l'enfant. Comme l'orthophoniste aux Etats-Unis ne s'occupe pas directement des troubles de la lecture mais des troubles de langage oral qui y sont liés, j'ai pu proposer mes objectifs de rééducation qui ont tous été approuvés. L'enfant s'entraînera donc, pour l'année scolaire à venir, à la compréhension orale d'histoires lues, à la compréhension écrite de questions abstraites et inférentielles, à l'organisation grammaticale d'un paragraphe avec l'utilisation de connecteurs logiques, et à la production de phrases connectées sémantiquement et grammaticalement. C'est une façon de travailler  très différente de celle que je connaissais en France, mais au final je crois que je m'y retrouve. J'utilise mes connaissances dans le domaine des troubles des apprentissages et le pragmatisme américain pour rééduquer de façon concrète et fonctionnelle. D'ailleurs, s'il y a des choses qui me dépassent dans ce système, ce que j'en observe reste plutôt positif et j'en tire beaucoup d'enseignements. Peut-être qu'observer ce qui se fait ailleurs est un bon point de départ pour améliorer ce qui se passe chez soi? 

La "Speech Room" de mon école !

samedi 1 mars 2014

La surchauffe neuronale - Episode 1


S'il est impossible d'être étudiant sans travailler les weekends, je n'aurais jamais imaginé que ce semestre soit autant chargé. Et la semaine qui s'annonce est encore plus chargée : les examens de mi-semestre qui étaient normalement programmés pour la semaine suivante ont (par un mystérieux coup de baguette magique de mes professeurs) été avancés à cette semaine. TOUS. Alors je potasse, je révise, je me noie dans les flash cards, les study guides et les anti-sèches. Je me croirais presque revenue à l'époque du bac où le stress pointait le bout de son nez à chaque interrogation écrite. Et pourtant, plus d'une décennie plus tard (ce qui ne me rajeunit pas !) le stress, beaucoup mieux maîtrisé, est quand même de la partie. Et autant dire que ma vie sociale s'est réduite comme peau de chagrin. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées, soirées, apéros entre amis et sorties du samedi soir ! Recluse à la maison, un petit verre de Porto à la main (il ne faut quand même pas trop se priver), je sirote mes bouquins de cours entre deux gorgées et je me languis des vacances. Le spring break est pour bientôt et il ne faut pas flancher. Alors, on ne mollit pas. Yes I can.


samedi 15 février 2014

Let it snow, version 2.0

Notre rue, presque déneigée

Il a encore neigé. Beaucoup. Une intense et nouvelle vague de neige qui a fermé toutes les écoles et les Universités du coin. Une journée bien au chaud à trainer en pyjama et à me soigner d'une vilaine bronchite. Les mômes de l'école primaire, c'est plein de microbes (c'est bien connu). A moins que je n'ai attrapé lesdits microbes at home, via ma chère moitié qui tient presque mieux le choc des températures polaires que moi. Mais où est l'été bon sang ? Quand reviendront les douces journées de printemps ensoleillées ? Presque soixante-dix centimètres de neige fraîche sans aucune piste de skis : y'a un truc qui ne colle pas. Après un mois de Janvier très froid, un mois de Février couvert de neige, j'aurais presque des frissons de jalousie en pensant aux parisiens qui se plaignent de leur douceur inhabituelle, même sous la pluie. A moins que ces frissons ne soient ceux  d'une nouvelle vague de fièvre, la fièvre hivernale Pennsylvanienne ? Toujours est-il que l'hiver a bien assez duré. La barbe, quoi. Alors on s'active, on fait tout pour se réchauffer, et on croise les doigts pour que le printemps ramène sa fraise. Alors Mister Météo, à bon entendeur...

Les petits bonshommes de neige de ma voisine Paula

mercredi 5 février 2014

Un blanc manteau


Il a neigé, beaucoup. Suffisamment pour que les écoles ferment et que l'Université prenne un jour de congé. Peu de voitures circulent ce matin, les rues sont d'un calme plat et seul le bruit des pelles à neige grattant le pavé retentit. Tout est recouvert d'une couche cotonneuse, un bon foot de poudreuse recouvert d'une couche de glace en surface. Je me suis réveillée avec bonheur sur cette journée de congé, en me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire. Bosser quand même, cela va de soi. Car si un aller-retour à la fac m'est économisé, il n'en reste pas moins que le cours tumultueux de mes activités universitaires persistent. Pas de répit, donc. Je profite de ce temps pour travailler sur mon projet de recherche qui va bien m'occuper prochainement. Et si l'hiver finissait bientôt ?


vendredi 31 janvier 2014

L'orthophonie aux Etats-Unis - L'école

La fin du mois de Janvier est arrivée. J'ai survécu au début du second semestre de Grad School la tête haute. Après des débuts pour le moins stressants, je me suis peu à peu habituée aux journées de quinze heures et j'ai appris à partager mon temps entre mes différentes obligations (clinique, cours, recherche, et école). La grande nouveauté ce semestre ce sont mes débuts en tant qu'étudiante-thérapeute du langage dans une école primaire. Deux journées par semaine, je suis une dizaine d'enfants en séances individuelles ou en groupe. De la grande section de maternelle au CM1 (ici grades K-4), les enfants ne sont pas différents de ceux que l'on fréquente en France, ils se ressemblent presque en tous points et aime le même genre de choses (Bob l'éponge, Dora l'exploratrice, Spider Man et Hello Kitty en tête). L'école où je travaille est immense, avec pas moins de 5 à 6 classes de chaque niveau. Les élèves ne sont jamais plus nombreux que 20 ou 21 par classe, avec des journées plus courtes (qui se terminent vers 15h30) et entrecoupées d'activités variées. En marchant dans les couloirs, les portes des salles de classes restent ouvertes en permanence et les enfants sont autorisés à se rendre aux toilettes ou à la fontaine à eau dès qu'ils le souhaitent. Les classes ont leur tables réparties par petits groupes et la discipline semble bien moins stricte qu'en France.  La culture de la "récompense" semble de mise, avec des autocollants promis aux élèves travailleurs et attentifs. Les punitions semblent peu courantes et peu nécessaires. L'ambiance me rappelle un peu l'une de mes visites dans une école primaire belge, avec cette même sensation de convivialité et de détente, peut-être plus propice au travail qu'une ambiance stricte et figée. L'école est pourvue d'une immense bibliothèque que je consulte avec plaisir : certains ouvrages m'ont été lus dans mon enfance en français, et il est tout particulièrement agréable de les retrouver à l'âge adulte en anglais. 


En ce qui concerne les rééducations, tout est planifié à l'avance. Je dois soumettre mon plan de rééducation tous les quinze jours où je détaille les activités planifiées et leur but(s). Chaque enfant suivi bénéficie d'un IEP (Individualized Education Plan) qui est établi avec les parents et l'équipe éducative. Il n'inclut pas uniquement les objectifs orthophoniques concernant le langage, mais il prend en compte toutes les adaptations obligatoires auxquelles l'enfant a le droit (un auxiliaire de vie scolaire, un fauteuil roulant, etc…). Il ressemble un peu à notre PAI (Plan d'accueil individualisé). Et il n'est pas rare de croiser des enfants en situation de handicap dans une école publique américaine. La loi fédérale du NCLB (No Child Left Behind) oblige à accueillir tous les enfants handicapés capables de vivre en collectivité. Beaucoup d'enfants sont paralysés cérébraux ou sur le spectre autistique, voire en situation de handicap mental. J'ai une maître de stage particulièrement sympathique qui me laisse gérer mes rééducations comme je l'entends, et qui me guide lors de situations délicates. J'ai eu notamment le cas cette semaine d'un enfant montrant des signes d'auto-agressivité qui se faisait du mal à lui-même, il n'a pas été facile de gérer la situation. Et pour chaque rééducation, je dois suivre l'IEP à la lettre ainsi que ses objectifs. Par exemple, si l'objectif principal concerne les troubles d'articulation de certains phonèmes, je dois travailler les phonèmes en question et point final, je n'ai aucune marge de manoeuvre. Et en observant comment les journées se passent à l'école, j'ai de plus en plus la certitude de vouloir continuer à travailler avec des adultes après l'obtention de mon diplôme. Pour un temps en tout cas. Je me vois beaucoup plus poursuivre ma carrière en soins de suites de réadaptation ou en gériatrie qu'en crèche ou en école primaire. Alors affaire à suivre…

vendredi 17 janvier 2014

Americans: come visit the Jura!

Belvédère de Baume-Les-Messieurs









Si l'on devait résumer ce que connaissent les américains du Jura, la réponse serait très simple: très peu voire rien du tout. Tandis que la Bourgogne et ses vins sont très connus outre-Atlantique, notre beau Jura n'est pas nécessairement une région à laquelle les Américains pensent lorsqu'ils visitent la France. Le New York Times a publié plusieurs articles sur la Percée du Vin Jaune, sur le Macvin, et sur le comté (qui est tout particulièrement méconnu). Et si l'on doit leur apporter des précisions géographiques, c'est où, le Jura? Pas trop loin de la Suisse (en général, les interlocuteurs parviennent assez bien à la situer). Il y a la mer, dans le Jura? Et bien non, les lacs suffisent à satisfaire nos besoins de baignade tandis que les montagnes offrent la possibilité de skier l'hiver. Et généralement, inutile d'en dire plus : la moitié de l'audience est conquise lorsque l'on mentionne la combinaison gagnante vin + fromage + ski. Si l'on rajoute de petits détails vendeurs tels que fondue au Savagnin et poulet au Vin Jaune, alors plus aucun potentiel touriste n'est rebuté. Et si l'on promouvait un peu plus notre belle région à l'étranger ? Il est de mon devoir de faire connaitre d'où je viens au reste de mes compatriotes locaux. Alors oui, je confirme que la Tour Eiffel et les macarons de Ladurée n'ont rien à voir avec le Jura (pour ceux qui ne rêvent que d'un voyage à Pârrris), mais notre beau terroir vaut sacrément le détour. A bon entendeur, lecteur, qui que vous soyez, venez-donc voir de plus près de quoi il retourne.

Vin Jaune, Château-Châlon (France)
A lire:



mardi 31 décembre 2013

Bye bye, 2013

L'Empire State Building

Difficile d'imaginer qu'il y a un an jour pour jour, nous étions à Paris pour célébrer le réveillon du Nouvel An. Le temps file à une vitesse folle et il est presque impossible d'en profiter. L'année s'achève sur une impression de tourbillon où les journées s'écoulent comme des minutes ; 2014 n'est pas encore commencée que je voudrais déjà qu'elle s'achève. Quid du programme pour cette année à venir ? Des cours, des stages, et des examens à passer. Trois semestres de cours au printemps, en été et à l'automne à venir, et leur lot de travail et de devoirs. Trois semestres à partager mon temps entre les cours du soir, les journées à l'école, et les journées à la clinique. Trois semestres chargés et pour le moins challenging, mais trois derniers semestres avant mon externship et mon diplôme en mai 2015. La route est tracée, chaque étape est presque déjà définie et programmée. Sans penser à 2014 comme une annus horribilis, j'ai vraiment hâte que tout s'achève avant même de commencer. Et pourtant, après une fantastique semaine passée à proximité de New York, à manger du canard confit et des papillotes, à boire l'apéro en famille et à se protéger du froid, j'ai plus d'énergie que jamais pour entamer ce semestre. Car mes parents projettent de venir au mois de Mai, et j'ai l'intention de revenir pour deux semaines en Août dans ma douce France. Et comme Trenet le chantait si bien, ce pays de mon enfance tient une place particulièrement spéciale dans mon coeur. Si la plupart du temps Lewisburg est ma Home, Sweet Home, il est des jours où je donnerais n'importe quoi pour une toute petite minute passée dans mon cher Jura.

Vue sur le lower Manhattan et la nouvelle Freedom Tower

samedi 21 décembre 2013

New York, New York.

La voiture est (presque) chargée, les cadeaux sont emballés, la neige a fondu et tout est prêt pour notre départ. Nous partons à New York pendant une semaine, ou plus exactement dans le très proche New Jersey à Union City, juste de l'autre côte du fleuve et à 12 minutes en bus de Manhattan. Après avoir empaqueté deux énormes boites de gourmandises, ustensiles de cuisine (qui n'emporte pas son rouleau à pâtisserie en voyage n'est pas français), une caisse de vin et divers accessoires plus ou moins utiles (on ne voyage pas trop léger !), il est temps de prendre la route et de rejoindre l'une de plus belles villes du monde pour Noël. Le programme de la semaine est encore un peu flou : j'irai bien jeter un oeil du côté du musée Guggenheim, ou au MoMa. Et si la météo s'annonce moins froide que d'ordinaire, il n'en reste pas moins que les températures frôleront les zéros en milieu de semaine prochaine. Qu'à cela ne tienne, je suis équipée contre le froid et, si l'envie nous en dit, il sera toujours temps de boire un grog bien chaud ou de se réfugier dans l'un des nombreux musées et magasins. Et peut-être aurai-je la chance de croiser Santa Claus au détour d'une rue ?


lundi 2 décembre 2013

Thanksgiving : la fin d'une semaine de marathon-bouffe.

De retour de chez mes in-laws chez qui j'ai récupéré mon mari éreinté mais vivant, en un seul morceau, flanqué de quelques bribes d'un accent allemand acquis lors de son séjour express à Berlin. Ou peut-être n'est que mon imagination qui me joue des tours tandis que mon estomac distendu me supplie de lui accorder un peu de repos, et alors même que mes deux dernières semaines de marathon d'étudiante ont commencé. Pour ce semestre d'automne en tout cas. Mille projets à finir, mille cours à réviser et seulement quelques jours pour accomplir toutes ces tâches rédhibitoires. Ma liste de choses à faire me fait penser aux écuries d'Augias : on en enlève mais il en revient toujours ; ou alors au tonneau des Danaïdes qui, malgré tous les efforts fournis, ne se remplirait jamais. Mais trêve de pessimisme : je touche presque au but. Après une petite Christmas party avec le groupe d'aphasiques de la clinique, il ne me reste plus qu'une journée à l'école et, probablement plus qu'un ou deux devoirs à rendre avant la fin du semestre. Et tandis que je rêve à des jours moins chargés, les vacances bien méritées se rapprochent, ainsi que les belles réjouissances de Noël. Le sapin est déjà dressé, et il est temps d'en profiter, avant que tout ne recommence…


jeudi 28 novembre 2013

Thanksgiving : Premier Round.

La véritable dinde de Thanksgiving
Même si les festivités avaient déjà débuté Dimanche dernier avec un Speechsgiving en compagnie de mes collègues de promo (un potluck dinner où chacun avait apporté quelque chose à partager, et où les bedaines avaient très vite craquelé sous le volume de la nourriture absorbée), Thanksgiving -le vrai- se déroulait aujourd'hui. Traditionnellement le dernier Jeudi du mois de Novembre, Thanksgiving est une fête qui symbolise le premier repas entre colons et indiens américains, lors de l'automne 1621. C'est une journée de réjouissances et de partage, où l'on se retrouve entre amis et/ou en famille autour d'une belle dinde rôtie (voir mon article de 2012). Et la dinde était belle cette année: 17 pounds, soit près de 8 kilos (une sacrée bestiole !). Personne ne reste seul pour Thanksgiving. Moi-même, abandonnée à mon triste sort pour cause de mari  parti en Allemagne à une conférence, j'ai été invitée à un fantastique repas chez des amis franco-américains. Et je me suis régalée ! La traditionnelle sauce aux canneberges m'a particulièrement bluffée. Fait à base de cranberries fraîches, d'oranges, de raisins secs et de noix de pécan, ce mélange home-made ressemble à une confiture élaborée et peu sucrée, assez proche d'un chutney de figues ou d'oignons, et il se marie extrêmement bien avec la dinde rôtie. Et à une assiette bien garnie succède une autre assiette bien remplie, jusqu'au moment des desserts et du  traditionnel pumpkin bread, un genre de cake à la citrouille, à la cannelle, aux épices et aux noix de pécan. Un vrai délice.

Le Pumpkin Bread de Juliette
Au final, le ventre bien rempli et la panse très repue, il ne m'a pas fallu longtemps avant que Thanksgiving ne devienne l'une de mes fêtes préférées, juste après Noël (où l'on mange plutôt bien !) et Pâques (une autre fête pour les gourmands). Thanksgiving n'a rien à voir avec une fête commerciale,  car il ne s'agit pas de s'offrir des cadeaux, ni de participer à une quelconque célébration religieuse. Thanksgiving est plutôt une occasion de se retrouver entre amis ou en famille pour un bon vrai repas autour d'une table. C'est ma tradition américaine préférée, et je n'ai aucune réticence à l'idée d'ajouter une fête supplémentaire à mon calendrier, bien au contraire. Et puisque Logan s'en était allé voir ce qui se passe du côté de Berlin aujourd'hui, nous allons pouvoir bénéficier d'un autre fantastique dîner de Thanksgiving Samedi, à son retour, chez ses parents. Je pars donc dès demain pour Doylestown, Pennsylvania, où se tiendra la suite des festivités. Version 2.0 to be continued…

mardi 19 novembre 2013

Bientôt la fin du semestre…courage !


La fin du semestre approche et je sens que les jours se font de plus en plus longs. Les journées à la bibliothèque s'éternisent, les projets à terminer ne manquent pas et ma liste de choses à faire semble s'allonger à vue d'oeil. Mais il ne faut pas faiblir ; déjà, la semaine prochaine sera passablement grignotée par les vacances de Thanksgiving, quelques jours où la charge de travail sera remise aux calendes grecques, ou, tout du moins, à plus tard. Car perfectionner l'art de la procrastination est devenu progressivement mon goal ultime, presque un entraînement régulier et quotidien, et je peux désormais dire que j'excelle dans l'art de tout remettre au lendemain. Parfois je me demande comment mon cerveau est capable de supporter la charge cognitive de l'anglais, tout en tentant d'accomplir mes mille tâches quotidiennes en anglais, et finalement réussir à jongler entre les cours, les devoirs à faire, les stages, l'école, et la clinique. Mais pour l'instant, je gère. Le semestre prochain promet d'être plus chargé encore, avec uniquement des cours du soir, de 18h à 21h, et des journées qui vont vraisemblablement commencer bien tôt, vers 8h. Rien que d'y penser, j'ai déjà envie d'être en vacances. Mais patience ! Plus qu'une semaine avant le Break. Je vais pouvoir me consacrer à un peu plus de cuisine, à un peu moins de boulot intellectuel, et surtout, me retrouver en famille autour d'une belle dinde de Thanksgiving. Rien que pour ça, ça vaut le coup de se remettre au boulot et d'arrêter de me plaindre. 

lundi 28 octobre 2013

Trick or treat ou la vraie technique pour s'approvisionner (gratuitement) en sucreries


Halloween se rapproche. Jeudi soir, il va nous falloir faire face à un flots de gamins costumés, dégénérés, affamés, et enclins à manger des sucreries, sonnant à notre porte chaque minute ou presque jusqu'à la nuit tombée, réclamant bonbons et autres friandises à-tout-va. J'ai déjà acheté près de deux kilos de mini-délices, en emballage individuel, pour fournir aux susnommés petits garnements leur dose de gras et de sucre pour l'année (jusqu'aux fêtes de fin d'année en tout cas). Cette tradition de Trick or Treating remonte à la fin des années 40 aux Etats-Unis mais trouve ses origines au dix-neuvième siècle, en Ecosse et en Irlande. Les enfants et les démunis y faisaient déjà du porte-à-porte pour réclamer de la nourriture, contre une chanson ou une prière. Si le devant de notre maison n'est pas spécialement décoré (mise à part par notre belle grosse citrouille !), d'autres maisons du quartiers ont déjà revêtu leurs automnales et clinquants attirails, avec de grosses araignées et leurs toiles, des épouvantails, des chat noirs, des chauve-souris, des squelettes et autres têtes de morts, et des guirlandes colorées (voir l'article de 2011 ici). Il paraît que la vague d'enfants sonnants à notre porte est assez conséquente et chaque année un peu plus significative. J'avais initialement acheté un seul et unique sac de bonbons, pensant que cela suffirait. Mais Logan et mes voisins (plus connaisseurs en la matière) m'ont convaincue de procéder autrement : j'ai donc stocké un poids conséquent et un certain volume de junk food à en faire pâlir les actionnaires de MacDonald's eux-mêmes. Mini Snickers, M&M's, Twix et autres barres chocolatées sont au rendez-vous. Car ce serait bien dommage de devoir refuser des arrivants pour cause de stock épuisé. J'imagine déjà les mines déconfites des marmots si je prétends qu'il n'y a plus rien à manger... Il reste quelques jours avant le grand soir. Et il est tout particulièrement dangereux de garder des bonbons dans la cuisine, car de petits gourmands et gourmandes dont je fais partie pourraient très bien les attaquer dès à présent et sans plus attendre. Après tout, il y en a tellement que dix de plus ou dix de moins, personne ne fera la différence...



lundi 7 octobre 2013

Le véritable american breakfast


Les bagels !

J'ai grandi avec cette idée très française du petit déjeuner, avec de belles grandes tartines de pain, du beurre (salé pour nos chers amis bretons, ou doux pour les autres ignares dont je fais partie) et de la confiture maison, voire du Nutella certains jours. Quelques croissants ou pains au chocolat le dimanche, ou de façon occasionnelle, mais point d'excentricité quotidienne au menu. Ici aux Etats-Unis, le petit déjeuner revêt une tout autre signification. Qu'il soit pris sur le pouce, dans sa voiture (après un petit arrêt au drive-through de Dunkin Donuts) ou chez soi, les options culinaires sont beaucoup plus diversifiées, et cela s'explique sans doute par les différentes habitudes alimentaires des populations successivement immigrées au pays de l'oncle Sam. L'héritage anglo-saxon est visible, que ce soit avec les traditionnels eggs and bacon, les pancakes, l'oatmeal (le porridge), les biscuits, les saucisses grillées, les cereals (vraisemblablement toutes nos sortes de Kellogg's disponibles en Europe, ainsi que quelques autres variétés locales), les doughnuts, les toasts (souvent du pain de mie mollasson et élastique), avec le traditionnel orange juice (bien meilleur qu'en France) que l'on achète au rayon réfrigéré par bouteille de 3,8 Litres (1 gallon). On n'oubliera bien sûr pas les oeufs (brouillés -scrambled- ou au plat), les omelettes et autres délices du même genre. Il y a aussi les toaster strudels, sorte de viennoiseries issues de l'industrie agro-alimentaire, que l'on achète au supermarché dans des emballages individuels et qui se réchauffent au grille-pain. J'avoue que je ne m'y suis pas encore risquée. Il y a également, d'inspiration mexicaine, le breakfast burrito, une sorte de galette tortilla fourrée au fromage et à l'oeuf. Il y a aussi toutes sortes de mix à vendre (des boîtes de poudre "toute prête" pour cuisiner) pour faire des muffins, des pancakes, des gaufres ou des cinnamon rolls (qui ressemblent un peu à nos pains aux raisins). Impossible de penser à un vrai bon croissant, ici le terme se réfère plutôt à une chose élastique, souvent salée, garnie de fromage et de bacon, très peu tentante. Inutile de penser à une bonne baguette chaude et croustillante, ça n'existe pas non plus. Après plusieurs tentatives pour m'accoutumer aux habitudes locales, j'ai fini par me décider à faire mon propre pain, et je me suis remise à manger des porridges maison, faciles à faire et réchauffants à l'approche de l'hiver. Je fais mes breakfast muffins chaque semaine, et de temps à autre je déguste un bon bagel chaud, tartiné d'une bonne couche de cream-cheese (ce fameux cream cheese, proche de notre bon vieux Saint-Moret, qui permet de faire de délicieux cheesecakes, voir la recette ici). Il existe autant d'habitudes de petit déjeuner que de spécialités, et il conviendra à tout un chacun de trouver ses préférées. Pas de mystère pour ce faire : il suffit de tout tester !


Buttermilk biscuits