samedi 4 mars 2017

Etre orthophoniste aux Etats-Unis : les différences


Il me faudrait des pages et des pages de ce blog pour détailler ma vie d'orthophoniste ici. Il n'y a pas une mais un bon millier de façon d'exercer la profession d'orthophoniste sur le sol américain. De même qu'en France, la speech and language pathologist (ou SLP dans le jargon local) prend en charge les troubles de communication (au sens large) et d'alimentation des nouveaux-nés aux vieillards du quatrième âge. Si mon expérience passée a concerné majoritairement les troubles neurologiques adultes, mon expérience présente est bien différente. Ici, l'orthophoniste exerce en milieu scolaire, et c'est tout à fait normal. Plus de la moitié des thérapeutes américaines passent au moins une partie de leur temps dans les écoles. L'autre partie exerce en salariat (hôpitaux, institutions, centres de recherche...). Seule une infime partie des orthophonistes exercent en libéral. La faute au système de remboursement des soins, beaucoup plus compliqué que notre bonne vieille sécurité sociale, qui requiert l'emploi d'une personne qualifiée à plein temps pour gérer la paperasse et les relations avec les assurances de santé. En milieu scolaire, l'orthophoniste ne prend pas du tout en charge les troubles des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, et dyspraxie par exemple). Les instituteurs spécialisés s'en occupent, et pourtant, il reste pas mal de travail aux orthophonistes. J'aide par exemple les enfants à acquérir un vocabulaire adapté, à savoir suivre des consignes verbales, à améliorer leur morpho-syntaxe et à gérer les troubles pragmatiques. Mes petits élèves (ici, ils ne sont pas considérés comme des "patients") sont bègues, autistes, infirmes moteurs cérébraux, dysphasiques, et ils cumulent (souvent) les troubles DYS. Chaque enfant bénéficie d'un IEP (individualized education plan), qui détaille les accommodations fournies par l'école pour que l'enfant soit accueilli dans une scolarité "normale". Par exemple, les enfants dyslexiques reçoivent les services de l'instituteur spécialisé lors des temps de lecture dans une salle à part, tout en restant avec les autres enfants le reste du temps. Ils ont des aménagements de temps pour les examens, la lecture des énoncés verbalement, et d'autres petits moyens de compensations qui leur permet de progresser. De mon côté, j'interviens majoritairement dans une salle de classe où je vois les enfants individuellement ou en groupe. Les groupes sont assez aléatoires, en fonction de l'emploi du temps (je ne peux pas les voir pendant les heures de matières fondamentales, comme l'anglais et les mathématiques). Les groupes de travail apportent des avantages, mais aussi de nombreux inconvénients. Je reçois régulièrement des emails d'orthophonistes françaises qui aimeraient s'installer ici, et qui me demandent quelles sont les procédures à suivre. Je n'ai malheureusement pas  toujours le temps de leur répondre, mais je les invite à lire ma page spéciale qui apporte quelques informations (à lire ici). Et qui dit planning scolaire, dit vacances scolaires (bon c'est vrai, carrément moins qu'en France !). Du coup, j'attends le Spring Break avec impatience...

dimanche 26 février 2017

Working mom, épisode 2


J'avais déjà abordé le sujet de la maternité en travaillant à plein temps dans un précédent article (à lire ici). Rien n'a véritablement changé depuis, si ce n'est que Logan a de plus en plus de travail et de responsabilités, et que je continue mon activité d'orthophoniste "scolaire" cinq jours sur sept. La crèche continue de nous sauver la vie, avec ses horaires plutôt étendues (de sept heures à dix-huit heures), même si Amaury n'y va pas aussi longtemps (heureusement !). Les journées me paraissent souvent infernales, avec un emploi du temps totalement millimétré, où tout doit être parfaitement organisé pour que rien ne dérape. Il est arrivé que notre petit Loulou parte à la crèche sans nourriture, ou sans biberon, et que l'on doive lui rapporter ce dont il a besoin dans la matinée. Heureusement, nous sommes une véritable équipe, et j'ai la chance de pouvoir compter sur mon homme pour des tas de petites choses à la maison. Les weekends sont rythmés par les besoins du bébé, qui, non content d'explorer chaque recoin de la maison, s'est mis à ouvrir les poignées de porte seul (à tout juste onze mois !) et à comprendre l'ouverture des ficelles de sécurité mis aux placards de cuisine. Tout est soigneusement mâchouillé, trifouillé, trituré et léché en long, en large et en travers. Tout doit être caché, et il faut veiller à ce qu'il ne se blesse pas en tombant. Il a trouvé l'astuce pour ouvrir le panier de linge sale, et il faut constamment l'empêcher d'étaler les chaussettes sales et autres saletés un peu partout dans la maison. Les weekends sont donc plutôt sportifs, chargés, et la semaine serait parfois presque plus reposante que le reste du temps. Je ne sais pas comment font les mamans qui restent à la maison avec leur(s) jeune(s) enfant(s). Je les admire. Je les vénère. Je les respecte énormément. Car je ne me vois pas rester à la maison et avoir uniquement ce rôle de maman. Mon activité, bien que très prenante, est primordiale (pas uniquement financièrement). Alors même si j'attends mon spring break avec impatience, j'apprécie d'avoir un boulot qui me sort de la maison, car rester à la maison, finalement, ce serait presque plus fatigant que de travailler...

mardi 21 février 2017

Petites nouvelles incroyables de Février


Le temps passe, il file même, et je me rends compte que je n'ai pas pris le temps de poster un seul article depuis longtemps ! Il faut dire que j'ai été un peu (beaucoup) échaudée par l'élection de Donald Trump. J'avais prévu de détailler ses horribles et atroces faits et gestes dans un long paragraphe, mais, en toute honnêteté, le coeur n'y est vraiment pas. Chacune de ses actions me fait voir rouge ou me déprime, donc je vous demande humblement un joker pour ce sujet-là. A côté de ça, nous sommes très occupés avec le boulot et la routine de la semaine, où chaque minute compte et où nous retenons notre souffle jusqu'au moment du coucher. Les journées marathon se suivent et se ressemblent, et les weekends sont là (heureusement) pour nous  apporter une petite bouffée d'oxygène. J'ai eu la surprise de ma vie ce weekend, lorsqu'en rentrant du travail vendredi, j'ai trouvé ma petite soeur et mon beau-frère à la maison ! Je n'avais aucune idée de leur venue surprise, et j'ai été tout simplement estomaquée. J'ai dû m'asseoir sous le coup de l'émotion, un beau moment inoubliable ! En fait, c'est Logan et Julie qui avaient fomenté cette belle surprise depuis des mois. Les jeunes mariés avaient pour projet de partir au Sénégal en voyage de Noces, mais lorsque leurs plans ont changé, ils se sont bien gardé de me le dire et ils se sont arrêtés vendredi sur leur chemin vers la Jamaïque. Une fois remise de mes émotions (il m'a fallu la nuit pour réaliser que c'était bien réel !), nous avons pu profiter d'un superbe weekend en famille. Ceux qui ont des membres de leur fratrie à l'autre bout du monde savent très bien à quel point ces moments en famille sont irremplaçables, et la surprise n'ôte rien à ce plaisir, bien au contraire. Parfois, la France, ma famille, et mes amis me manquent terriblement ici. Mais notre vie est en Floride, et même si être expatriée n'est pas toujours évident, le climat agréable de Miami met facilement un peu de baume au coeur quand on est homesick....

mercredi 18 janvier 2017

Se faire soigner aux Etats-Unis : épisode 3 (les dents !)

Je suis allée, en ce début d'année 2017, chez le dentiste. Rien de très intéressant à raconter à priori, sauf que l'expérience a été radicalement différente du dentiste en France. Première petite chose importante à savoir : les prix des dentistes ne sont pas contrôlés ici, et les tarifs varient d'un praticien à l'autre. La plupart des gens n'ont pas d'assurance dentaire ; ils payent le dentiste en cas de besoin uniquement. Nous avons une assurance dentaire, qui nous coûte un bras chaque mois. En théorie, nous avons droit à deux détartrages par an, et la plupart des soins de prévention et traitement sont remboursés, au moins en partie. Arrivée chez le dentiste, donc, j'ai d'abord signé un formulaire qui stipulait que mon assurance allait couvrir l'examen du dentiste et l'élaboration de son devis. Puis on a commencé à me faire des tas de radios de chaque dent, lesquelles sont apparues sur un écran géant devant moi. Puis la dentiste est venue m'expliquer que j'avais drastiquement besoin d'une couronne, et  qu'elle allait me mettre des tas de composites un peu partout dans la bouche, et que j'avais également besoin d'un détartrage "en profondeur", bien sûr non couvert par l'assurance. Le tout pour 1700 dollars. Ma première réaction a été d'écarquiller les yeux sur le devis (qui avoisine les 5000 dollars si l'on compte ce que l'assurance rembourse de son coté) et de leur signaler que je n'avais ni le budget ni l'envie de faire ces soins, à l'exception du soin d'une toute petite carie qu'ils m'avaient trouvée. Ils m'ont laissée mariner 45 minutes sur mon siège, le devis en main, avant de venir me chercher pour le "détartrage en profondeur". J'ai bien dit que mon assurance couvrait les frais de détartrage (normalement) mais ils m'ont assuré que ce type de détartrage, plus compliqué, n'était pas couvert. J'ai donc eu droit à mon super détartrage (très équivalent aux précédents détartrages que j'avais déjà eu sur le sol américain), et de belles dents. Puis ils m'ont un peu violemment demandé de planifier des rendez vous avec un spécialiste des dents dévitalisées, sous prétexte que ma grosse molaire du fond n'était peut-être pas bien remplie de son composite. Je suis sortie de là, énervée, et apeurée de penser que mes dents avaient besoin de tant de frais. Et puis, quelques jours plus tard, j'ai reçu une publicité dans ma boite aux lettres pour un autre dentiste, qui proposait des consultations presque sans frais. J'ai donc décidé de demander une seconde opinion, laquelle a été que (roulement de tambour) premièrement, je n'ai absolument aucune carie, et que deuxièmement, cette histoire de couronne peut attendre encore dix ans si besoin (et que ça me couterait moitié moins que chez le dentiste précédent avec ce nouveau dentiste). Moralité de l'histoire (pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'ici), la santé est un véritable business aux Etats-Unis, et il n'est pas rare qu'on essaye de vous vendre des actes dont vous n'avez pas besoin. Les arnaques dentaires fleurissent un peu partout. Je vais changer de dentiste dès à présent, et essayer à l'avenir de voir mon dentiste français chaque année, lors de mon retour dans mon cher Jura...

vendredi 6 janvier 2017

Se faire soigner aux Etats-Unis, épisode 2


J'avais déjà publié, il y a quelques années déjà, un billet concernant les soins de santé aux Etats-Unis (à lire ici). Qui dit nouvelle ville, dit nouveau médecin, et dit aussi nouvelle couverture maladie. Mardi, j'avais rendez-vous avec mon general practitioner (mon généraliste), pour faire un petit bilan annuel de routine. Je sentais déjà que j'allais pas mal poireauter, avant même d'arriver, quand l'une des nombreuses secrétaires m'a demandé d'arriver au moins une demie heure avant l'heure prévue de mon rendez-vous. Sur place, je me suis garée, moteur encore allumé, juste devant la porte de l'hôpital. Car oui, de plus en plus de généralistes consultent dans de ce que je qualifierais de "mini-hôpitaux", avec toute une ribambelle d'employés, de secrétaires, d'infirmières, et de bureaucrates plus ou moins inutiles. Là, devant l'hôpital donc, un valet m'a ouvert la porte de la voiture, m'a tendu un ticket, et est allé garer ma voiture lui-même sur l'immense parking à disposition des patients et des visiteurs. Puis, je suis arrivée au cabinet médical, où une étrange machine m'attendait, pour faire le check-in. 


Il m'a bien fallu une dizaine de minutes pour répondre aux questions posées par la machine, sourire pour la photo de mon dossier médical, signer les innombrables formulaires de confidentialité, et payer les frais de la visite. Ou tout du moins la franchise restant à ma charge, soit 25 dollars, non pris en charge par mon assurance. La machine a alors émis un joli petit bracelet médical, que j'ai dû placer à mon bras, et qui mentionnait mon nom, prénom, date de naissance, et le nom du médecin concerné par ma visite. Comme si, juste pour se faire ausculter deux minutes par un généraliste, j'avais besoin de toute cette batterie de formalités. Le médecin s'est pointé, et elle a été très bien. Elle m'a ensuite directement dirigée vers le laboratoire, deux couloirs plus loin, pour une prise de sang. A la suite de quoi, j'ai eu accès à mes résultats de prise de sang sur internet, moins de deux heures après, et j'ai même pu envoyer directement un email au médecin avec des questions, laquelle m'a répondu dans la même journée. Il est désormais bien loin le temps pour moi où mon médecin traitant me répondait lui-même au téléphone et se passait de secrétaire. Ici, je reçois un email et deux textos pour me rappeler mon rendez-vous et je parle à trois standards différents pour planifier une visite médicale. Le standard de l'hôpital me rappelle le lendemain de la visite pour m'assister (ou vérifier) que j'ai pu prendre rendez-vous avec un dermatologue du même hôpital. La chose, très performante je dois bien l'avouer, m'a aussi parue très orientée "business". La santé est un véritable business ici, où les hôpitaux peuvent se faire de l'argent sur le dos des malades. Et je retiens pour finir que beaucoup d'américains, malgré l'Obamacare, n'ont toujours pas accès facilement à des soins qu'ils peuvent se payer. A l'heure où Trump parle même de supprimer ce semblant de sécurité sociale (qui est loin de notre sécurité sociale française), je frissonne en pensant que j'ai de la chance d'être parmi les personnes bien soignées...

vendredi 30 décembre 2016

Fin de l'année : l'heure d'un bilan

2016 s'achève, et 2017 is just around the corner. Que dire de cette année ? Ce fut une année pleine de changements, de surprises, de réjouissances, et de challenges. Les plus belles réussites : la naissance (bien sûr) d'Amaury en Mars, la veille de mon anniversaire, et le premier jour du printemps. Mais le mot d'ordre de ces douze derniers mois a sans doute été le changement. J'ai quitté mon poste à l'hôpital de Blois avec grands regrets. Je n'y suis pas retournée à l'issue de mon congé maternité, et ça a été sans doute l'une des pages les plus difficiles à tourner. Nous avons aussi quitté Tours, fin Mai, puis la France, en Juin, pour faire ensuite -et également avec regrets- nos au-revoir à la Pennsylvanie. Il a fallu emballer nos affaires, organiser des cartons, et quitter nos amis et famille de Lewisburg. Et puis, la vie à Miami a commencé. Sous un soleil de plomb d'abord, le climat est progressivement devenu plus agréable, pour être aujourd'hui absolument magnifique. Il fait beau, il fait chaud (mais pas trop), et le soleil brille tous les jours. Les palmiers, les cocotiers et la plage font maintenant partie de notre quotidien. Amaury est devenu un véritable va-nu-pieds (encore qu'il porte des chaussettes de façon occasionnelle). Nous avons abandonné les températures polaires de l'hiver du nord pour la douce brise marine qui souffle sur la côte est de la Floride. Chaque jour, des troupeaux d'égrettes et de pélicans volent au-dessus de notre maison. J'ai repris mes gallons d'orthophoniste, à plein temps, et dans trois écoles, ce qui bouleverse (significativement) ma carrière professionnelle. Je suis passée des adultes aux enfants, de la gériatrie aux petits loulous de maternelle, des troubles de la déglutition aux retards de langage et de parole. Un véritable challenge ! Si les premières semaines ont été difficiles, j'ai progressivement trouvé mon rythme, et les vacances de Décembre sont arrivées pour une belle pause pour respirer. Bref, la vie a drastiquement changée, et nous en sommes ravis. J'ai hâte de savoir ce que 2017 nous réserve, et, qui sait, peut-être n'y aura-t-il pas trop de changements cette fois-ci ?

lundi 26 décembre 2016

Noël sous les palmiers


Le père Noël est venu, les bras chargés de cadeaux de trois continents différents. Le plus gâté a bien sûr été Amaury, en tant que premier petit-enfant et premier neveu du coté de son père. Les estomacs se sont bien remplis, même si la météo ne laissait pas penser que nous étions au mois de Décembre. Même en adaptant les menus aux produits locaux (mangues, ananas et noix de coco), l'esprit de Noël était un peu entaché par les 27° affichés au thermomètre et le grand soleil de la journée. Noël sous les cocotiers, c'est un concept déroutant mais qui a ses avantages. Avantage numéro 1 : pas besoin de se demander si on va porter un collant (ou pas) sous sa robe de réveillon. Ce sera sans. Avantage numéro 2 : le père Noël passe directement par la porte d'entrée, car il n'y a pas de cheminée dans les maisons de Floride. Les cubains accrochent d'ailleurs une énorme fausse clé à leur porte d'entrée pour que le gros bonhomme puisse entrer sans problème, malgré la serrure. Avantage numéro 3 : il est possible de réveillonner dehors, à onze heures du soir, sans gilet et sans manches. Avantage numéro 4 : du coup impossible d'hésiter entre les boissons avec et les boissons sans glaçons. Les glaçons sont indispensables. Avantage numéro 5 : le sapin de Noël est, par obligation, un faux sapin en plastique, qu'il ne faut pas arroser et qui ne perd pas ses épines. Avantage numéro 6 : il est possible d'utiliser les citrons verts qui poussent dans le jardin, sans avoir besoin de les importer de très très loin (pratique, pour les mojitos !). Avantage numéro 7 : les gosses peuvent se balader à moitié les fesses à l'air, sans que les parents se débattent pour leur mettre des gants/écharpe/manteau/chaussures/chaussettes pour aller dehors. Avantage numéro 8 (sans doute le meilleur !) : on peut aller à la plage, le jour de Noël, et ça, ça n'a pas de prix...

lundi 12 décembre 2016

La grippe

Les vacances de Noël n'arriveront jamais assez tôt. Une dizaine de jours à s'occuper d'un bébé malade, couplés au drastique manque de sommeil, ont suffit pour que toute la maisonnée attrape ce vilain  méchant virus. Même sous les tropiques, la grippe est bien présente, qui l'eût crû ? Qui n'a jamais connu une journée de maladie (pas le petit rhume, hein, plutôt une bonne grosse maladie qui te cloue au lit et t'oblige à la position allongée plusieurs jours de suite) ne sait pas ce que c'est, quand tu as un rejeton remuant et lui-aussi malade à gérer. Une véritable torture, physique et mentale. Quand tu ne sais plus si c'est lui qui a de la fièvre, ou si c'est toi, s'il a eu son paracétamol à dix-sept heures, ou si c'est toi, ou si c'est le tour de Papa ou de Maman d'essayer de roupiller quelques minutes entre deux cris de bébé. Quand les réserves de mouchoirs en papier s'épuisent, quand tu ne sors même plus faire les courses, et quand tu te bats pour que ton mioche reste hydraté  malgré tout, où chaque gorgée d'un biberon est perçue comme un pas en direction de la guérison. Alors dans ce contexte de microbes en folie, où ton cerveau a plusieurs fois manqué de perdre pieds, et que tu as frôlé l'hôpital psychiatrique au moins deux ou trois fois, tu bénis le retour du lundi matin, où la crèche va prendre en charge le petit Loulou, lui-très vite remis sur pieds-, tandis que toi, misérable et grelottante de fièvre, tu peux finalement pioncer quelques heures. Demain, quoi qu'il en soit, il te faudra prendre le chemin du retour au travail, les patrons américains n'étant pas particulièrement généreux avec les arrêts maladie. Mais d'ici demain, ça devrait aller mieux ? 

mercredi 7 décembre 2016

How many days 'til Christmas?


S'il y a bien une question récurrente à l'école ces temps-ci, c'est celle qui concerne le nombre de jours restants avant les vacances de Noël. Le compte à rebours est lancé, et tous les matins, inlassablement, mes petits écoliers égrainent les jours qui passent, et leur impatience grandit de plus en plus. Les portes des classes se sont recouvertes de jolies décorations à peine Thanksgiving terminé. Tout le monde parle de Santa... le père Noël par-ci, le père Noël par là... J'ai probablement autant hâte qu'eux que les congés arrivent ! C'est une atmosphère étrange pour moi, où les faux bonhommes de neige côtoient les palmiers. J'avais naïvement pensé que les décorations de Noël un peu clinquantes et de mauvais goût seraient l'apanage du nord-est des Etats-Unis, mais en Floride, tout est identique ! De belles maisons illuminées se frottent à des jardins remplis de rennes en plastique et autres pères Noël gonflables... A la maison, nous avons pu décorer notre sapin de Noël, malheureusement lui-aussi en plastique, et commencer les préparatifs pour "la grande invasion" familiale. Finalement, dans dix-huit petits jours, c'est Noël...

mercredi 30 novembre 2016

Thanksgiving, mort de Fidel, méchants microbes, et petit aperçu de la semaine écoulée

J'avais bien l'intention de poster un petit article sur ce blog pour Thanksgiving, et puis, for some reason, je n'en n'ai pas trouvé le temps. Jeudi dernier, donc, nous avons réunis des amis autour d'une énorme dinde de 14 livres (environ 6.5 kilos), et de ses nombreux accompagnements tous aussi délicieux que bourratifs. Logan avait acheté la plus petite bête qu'il puisse trouver, histoire de ne pas monopoliser le four pendant une dizaine d'heures, et de pouvoir cuire les (nombreux) desserts à temps. Nous avons eu recours à un cooking bag, un genre de gros sac en silicone qui permet de réduire le temps de cuisson et de laisser la viande tendre et pas totalement desséchée. Enfourné à dix heures du matin (pour un diner prévu, après l'apéro, vers dix-sept heures), ledit bestiau apparaissait cuit vers midi et demi. Sauf que, ce n'est pas mon oeil (parfois avisé) de cuisinière qui en précisait l'état, mais le thermomètre à viande, outil de nouvel génération que je n'aime pas spécialement utiliser. Du coup, catastrophe, la dinde est ressortie du four fissa, tandis que je mets la table et que les derniers préparatifs sont enclenchés. Une heure avant de diner, on remet la bébête au four, histoire de la faire dorer, et là... nous nous rendons compte que la satané bestiole n'est pas assez cuite. S'en suit un diner délicieux, bourratif, mais tardif... bref, un véritable Thanksgiving. Samedi matin, nous avons appris via les médias la mort du vieux Fidel Castro. Ici, les scènes de liesse ont eu lieu dès le vendredi soir. Les voitures des cubains de Miami (34% de la population locale d'après google) se sont parées de drapeaux de Cuba, et les médias n'ont fait que parler de ça. Devant Versailles, le restaurant cubain le plus célèbre de Calle Ocho, les camions des équipes de télévisions devaient jouer des coudes pour se frayer un chemin. Pendant ce temps, Amaury se remettait doucement de son premier vrai virus, bien méchant (la fièvre est quand même montée jusqu'à 41° celcius...), le temps de commencer à se mettre debout tout seul, en toutes circonstances, et à essayer de chuter le plus dangereusement possible. Alors, tandis que le rythme de boulot infernal a repris après quelques jours de break, je garde un oeil sur lui en espérant qu'il ne s'éborgne pas en faisant ses acrobaties quotidiennes...

mercredi 9 novembre 2016

Une triste journée dans l'histoire des Etats-Unis


Donald Trump vient d'être élu 45ème président des Etats-Unis. Ici, c'est le choc, la stupéfaction. Qui aurait crû que cet énergumène, sexiste, raciste, et relativement peu enclin à la diplomatie, fût choisi comme président ? A la colère se mêle l'incompréhension. Comment des sondages peuvent-ils se tromper à ce point ? Comment la moitié d'une nation peut-elle juger qu'un amateur soit capable de gérer l'une des plus grandes puissances mondiales ? Je n'ai pas de mots pour exprimer ma déception. Je parle rarement de politique sur mon blog, mais je me dois de partager mon dégoût aujourd'hui. J'ai peur pour la paix mondiale. J'ai peur que cet horrible individu ne soit en charge de l'arme nucléaire. J'ai peur pour les avancés sociales érigées sous l'ère d'Obama. J'ai peur que ce pays qui avait fait tellement de progrès pour la prise en compte des minorités ne régresse significativement. J'ai peur en pensant que Trump puisse négocier des traités de paix avec des pays en guerre. J'ai peur de ce qui pourrait arriver à mes concitoyens moins fortunés. J'ai peur, et je pense que cette peur ne disparaitra pas au cours des quatre années à venir. Il va falloir garder nos yeux ouverts pour préserver la démocratie. Car avec un congrès et une chambre des représentants qui viennent de basculer tous deux dans le camp républicain, Donald a plus ou moins les pouvoirs absolus. 

dimanche 30 octobre 2016

Mon premier vote officiel en tant qu'américaine


Depuis plusieurs mois, le débat politique fait rage ici, en vue des élections prochaines. Beaucoup de résidents de Floride, comme à l'époque en Pennsylvanie, plantent des panneaux devant leur maison pour signaler leurs intentions de vote. Les américains n'ont pas peur de leurs opinions politiques et ils les partagent volontiers avec le reste de la communauté (même quand ces opinions sont tristement teintées de racisme, à des degrés divers). Certains réussissent néanmoins à garder leur humour et à transformer ces panneaux en franche rigolade. Ainsi, pour le slogan "Trump, make america great again", le panneau indique "Rum, make america great again" (les alcooliques n'auront aucun mal à traduire). Les élections présidentielles américaines auront lieu le Mardi 8 Novembre prochain. Mais pour éviter les lignes d'attentes interminables de Miami, il était possible de voter (early vote) depuis quelques jours, à la bibliothèque publique de Coral Gables, un quartier juste à coté de chez nous. C'est donc ce matin que nous nous sommes rendus au bureau de vote, afin d'accomplir notre devoir de citoyen. Ces élections célèbrent mon baptême de citoyenne américaine. J'avais déjà voté aux primaires démocrates, mais je n'avais encore jamais mis mon bulletin dans l'urne ici. C'est donc très réjouie que j'ai pu participer à cette élection ! Et ce vote compte beaucoup, car la Floride est l'un des états-clé de la victoire du (ou de la) futur(e) président(e). Le système est beaucoup plus compliqué que le suffrage universel direct que nous avons en France. Chacun des cinquante états possède un certain nombre de points qui sont remportés par les candidats. Le nombre de points est basé sur le nombre de sénateurs (deux par état) et aussi sur le nombre de congressmen (qui lui dépend du nombre d'habitants de l'état). Donc certains états très peu peuplés, comme le Wyoming, ont trois points seulement, alors que d'autres, comme la Floride, en ont beaucoup plus (29 points notamment). Certains états ont donc la faculté de pouvoir faire basculer une élection d'un côté ou d'un autre, en fonction des votes enregistrés. Et comme l'élection a lieu un Mardi, beaucoup de citoyens n'ont pas la possibilité d'aller voter le jour J. Du coup, il est tout à fait normal de pouvoir voter plus tôt dans les régions très peuplées, comme la ville de Miami. Et je croise les doigts, car après un président noir, l'Amérique est-elle prête à élire une femme comme président ?


lundi 24 octobre 2016

Halloween à l'école

Dans l'une des écoles où j'exerce, les enseignants ont mis le paquet pour décorer les portes, les couloirs, et les classes. Aux effrayants squelettes se succèdent les toiles d'araignées, chauves-souris et autres bébêtes plus ou moins repoussantes. Nous sommes désormais à une semaine de l'évènement, et les enfants en parlent tout le temps. Halloween est vraiment une véritable tradition américaine que suivent la plupart des communautés de Miami. Chez nous, nous avons décoré le pas de notre porte avec le strict minimum (climat tropical oblige !) : deux petites citrouilles minuscules en marquent l'entrée, signalant aux enfants du quartier que les bonbons seront au rendez-vous lundi prochain. Pas de costume ridicule de citrouille ou d'autre animal pour Amaury, il est trop petit pour s'en soucier et apprécier la tradition. De mon côté, je vais me déguiser en sorcière (le déguisement tient à un chapeau uniquement !) dès vendredi pour célébrer Halloween dans mes autres écoles. Des parades sont prévues, avec les enfants costumés, dans l'après-midi, ce qui risque de rendre mes petits étudiants peu disposés à travailler. Peu importe, j'ai prévu le coup : chaque jeu et chaque activité tourne autour du thème d'Halloween et de l'horreur, et je sens que l'on va bien s'amuser...




samedi 15 octobre 2016

Vivre loin de sa famille


Je crois que je n'avais encore jamais abordé ce sujet sur ce blog ; parfois, (et même souvent !) j'ai parlé de façon nostalgique de la France et de mon cher Jura, mais je crois que je n'ai jamais partagé mon ressenti sur l'éloignement que la vie d'expatrié implique. Il n'y a rien à dire, nous sommes très très heureux en Floride, et je ne regrette pas du tout qu'on y ait emménagé. Et pourtant. Amaury ne connait que peu ses grands-parents, ses oncles et tantes, et ses cousins. Bien sûr, il a encore toute la vie pour passer du temps avec le reste de notre famille (notamment l'été prochain), mais je dois dire que l'isolement que notre nouvelle vie implique n'est pas toujours facile à gérer. La différence de fuseau horaire, notamment, rend compliquées les discussions avec la France et l'Australie. Pour la France, on s'en sort encore quand même, grâce aux weekends et au temps des trajets en voiture (vive le kit main-libre !). Pour l'Australie en revanche, il nous faut toujours choisir le bon moment et les occasions de parler avec Quinn sont rares. Beaucoup de nos amis qui ont des enfants vivent à deux pas de chez leurs parents, et je dois dire que je les envie parfois d'avoir accès à cette facilité et à cette proximité. Heureusement, nos parents vont nous rendre visite bientôt. Dès cette semaine, Mimi et Grandpa débarquent à Miami pour une dizaine de jour, et nous sommes très impatients de les voir. Pour les fêtes de fin d'année, nous accueillons toute ma belle-famille (y compris les australiens !) pour des réjouissances (à-tout-va). Et puis, cerise sur le gâteau, mes parents viennent en Janvier nous faire un petit coucou pour trois semaines. J'envoie aussi régulièrement des nouvelles, par courrier, par email, par texto, par les réseaux sociaux, à tous ceux qui sont (plus ou moins) connectés. Depuis qu'Amaury est né, nombreux ont été les emails de "la photo du jour" ou de "la vidéo hilarante" du moment. Et Amaury connait bien les voix de ceux qui sont loin. Grâce à Skype, il les reconnait et c'est un bonheur que de le voir sourire à un écran. Car, faute de mieux, et grâce à une technologie de pointe, le visage de ma famille n'est qu'à un clic ou deux de distance...

vendredi 7 octobre 2016

Tout va bien !



Notre salle de séjour est en véritable bazar. Outre le mobilier de jardin, le vélo de Logan, et autres bricoles, la tondeuse trône fièrement au milieu de la pièce. Au cas où, tout avait été rentré hier matin. L'ouragan Matthew est passé très près, mais il ne nous a pas touché du tout. Beaucoup de pluie, un peu de vent, quelques feuilles et branches au sol, mais aucun dégât majeur autour de chez nous. C'est un grand soulagement. A aucun moment nous n'avons eu de coupure de courant, même si des baisses de tension ont été fréquentes. Je nous estime chanceux, car c'est vraiment passé près, et ça s'est joué à pas grand chose. La vie reprend son cours : les voitures se remettent à circuler, les gens sortent de chez eux et retournent travailler. Je garde quand même un oeil sur les prévisions météo : après un weekend qui s'annonce ensoleillé, l'ouragan pourrait (selon quelques spécialistes, minoritaires) effectuer une boucle sur lui-même en mer, et revenir sur la région en milieu de semaine prochaine...

jeudi 6 octobre 2016

Le calme avant la tempête


Hier, il était difficile de croire que l'ouragan allait arriver bientôt. Il faisait très beau, chaud (comme d'habitude), et il n'y avait pas un nuage à l'horizon. Pourtant, le traffic était affreux et j'ai dû quitter l'école plus tôt pour récupérer Amaury à la crèche, qui fermait plus tôt. Aujourd'hui, il ne pleut pas encore, et le vent n'est pas encore très fort. L'université de Miami est fermée, ainsi que toutes les écoles du comté de Miami-Dade. Près de chez nous, aucune zone n'a été évacuée, sauf les personnes vivant dans des mobile-homes et dans des zones inondables. Pourtant, des centaines de milliers de résidents de Caroline du Sud ont déjà été évacués, car les autorités craignent des dégâts très importants. Ici, autour de chez nous, l'impact est encore incertain. Plus au nord, vers Fort Lauderdale et Orlando, l'ouragan est annoncé comme très dangereux, et les habitants se sont cloitrés chez eux. Nous aussi d'ailleurs. Les stations services, hier après-midi, étaient à sec. Des agents de police étaient chargés de contrôler les quantités de vivres et d'eau achetées par les particuliers, pour éviter les pénuries. Deux packs d'eau minérale par personne et par visite. Nous avons probablement une soixantaine de litres d'eau en bouteille, car nous nous étions approvisionnés assez tôt. De son côté, Amaury ne tient pas en place. Il fait ses dents, s'est réveillé très très très tôt ce matin, et il commence vraiment à crapahuter un peu partout. On ne peut plus le laisser sans surveillance même une demie seconde sur le lit, il en tomberait en roulant et en gigotant. Au sol, il ne marche encore pas à quatre pattes mais il roule et rampe jusqu'à réussir à attraper ce qu'il veut. Il est plein d'énergie, et d'insouciance, et c'est tant mieux car nous avons besoin d'ondes positives aujourd'hui ! La suite au prochain numéro, d'ici un ou deux jours et si internet fonctionne...

mardi 4 octobre 2016

Les préparatifs pour le passage de l'ouragan Matthew


Jeudi, il est possible que la Floride reçoive la déplaisante visite de l'ouragan Matthew, qui a déjà causé de nombreux dégâts, inondations et pluies torrentielles à Haïti. Ma collègue (professeure de créole à l'école où je travaille) m'a montré des photos et vidéos tournées dans le sud de l'île, avec des gens en train d'essayer de sortir de l'eau, avec de l'eau jusqu'au cou. Sa famille à elle vit dans le nord de d'Haïti donc elle n'a pas été impactée, mais c'est les larmes aux yeux que j'ai vu ces clichés absolument saisissants. Ici, à Miami, tout le monde se prépare. Les autorités ont prévu des centres d'accueil en cas d'évacuation. Les écoles pourront le cas échéant fermer, et chacun s'est procuré de quoi manger pour trois ou quatre jours. De notre côté, et en fonction de l'évolution de la météo (l'ouragan pourrait très bien changer de cap et aller se faire voir ailleurs), nous avons prévu de rentrer tout ce qui traine dehors (mobilier de jardin, vélo et autres bricoles), de remplir la baignoire d'eau (si coupure d'eau il y a, ainsi, on peut se débarbouiller et utiliser l'eau pour siphonner les wc), de rester bien au chaud à la maison, et d'économiser la batterie de notre portable. Nous avons une radio qui se recharge à la main et qui permet de recharger nos portables. Nous avons aussi tout un tas de lampes de poche. A cela s'ajoutent des réserves d'eau potable en bouteille, des boites de conserves, de la nourriture peu périssable, et qui peut être mangée sans avoir besoin d'être réchauffée. Nous nous attendons à de possibles coupures de courant, et je suis ravie que notre congélateur soit presque vide. Ce soir, je vais faire tourner autant de machines à laver que possible, histoire d'avoir assez de vêtements de rechange pour Amaury (qui aime se changer plusieurs fois par jour !) car je ne sais pas si nous aurons des difficultés pour avoir de l'électricité ou de l'eau, et pour combien de temps. Tout ça ne peut très bien être qu'une mauvaise blague, et Matthew pourrait très bien ne pas (ou pas beaucoup) nous impacter. Mais il peut aussi redoubler de violence, et dans ce cas, nous sommes (presque) prêts. Logan a vécu l'ouragan Katrina en Louisiane il y a de ça quelques années, et il sait quoi faire, ce qui me rassure beaucoup. Et, si besoin, on peut aussi partir plus au Nord : les voitures ont le plein de fait, il ne reste plus qu'à espérer que Matthew reste au large. Bienvenue en Floride, à la saison des ouragans...

dimanche 18 septembre 2016

Vizcaya Museum and Gardens


Lors du weekend prolongé de Labor Day, nous avons eu l'occasion de visiter une belle maison et ses jardins : la villa Vizcaya. Elle vaut vraiment le détour, à peine à dix minutes de chez nous. Des jardins immenses avec des orchidées, des plantes des quatre coins du monde, et une vue sur la baie à en couper le souffle. Une visite à ne pas manquer !





mardi 30 août 2016

Working mom


La vie de jeune maman est plutôt chargée et chaotique. Mais elle le devient plus encore lorsqu'on reprend le travail. J'ai de la chance : Amaury a commencé la crèche à l'âge de cinq mois, date à laquelle j'ai repris mes gallons d'orthophoniste. Beaucoup de jeunes mamans doivent retourner au travail lorsque leur bébé est beaucoup plus jeune que ça. Et pourtant, pour moi, la transition n'est pas si facile. Pour deux raisons. La première, c'est que j'ai plus ou moins changé de trajectoire professionnelle, en tout cas pour l'année à venir. Je n'exerce plus en neurologie adulte, mais dans trois écoles différentes, auprès d'enfants. Du coup, j'ai l'impression de patauger et de ne pas être encore trop à l'aise avec ce nouvel emploi. Ce n'est pas si simple de passer des AVCs aux autistes non verbaux, des couloirs de gériatrie à des petits patients de trois ou quatre ans. La deuxième raison, c'est que nous habitons une ville où la circulation est dense, et les bouchons nombreux. Notre nouveau planning est soigneusement minuté et organisé. Impossible de récupérer notre petit lardon en retard à la crèche, il faut pourtant jouer avec les lois locales de la circulation. Et le soir, en rentrant du travail, commence ma deuxième journée, celle où je lave et stérilise les biberons, où je donne son bain à Amaury, où je prépare le dîner (spartiate pour le coup !), où j'ai parfois des préparations de séances à terminer, et où il faut gérer la maison, le linge, le ménage, et tout le toutim. Impossible de traîner, au risque de se coucher très tard et d'avoir les yeux cernés le lendemain. Et au matin, tout recommence, la même cadence infernale... Inutile de dire que les weekends sont précieux. C'est pendant ce temps libre qu'il est possible d'explorer les environs et de profiter de Miami. La plage est à dix minutes, et les sorties ne manquent pas. Et le weekend prolongé de Labor day qui arrive va faire du bien. Profitons-en, le semestre ne fait que commencer...

dimanche 21 août 2016

Miami beach



Ce matin, nous avons eu la chance d'aller faire un tour à la plage, dans le quartier de Miami beach, à peine à vingt minutes de chez nous (quand il n'y a pas de bouchons). Afin d'éviter le soleil brûlant avec bébé, nous y sommes allés tôt, y avons déjeuné, et sommes rentrés à la maison en début d'après-midi. C'est un quartier intéressant, avec de petits immeubles en bord de plage, de grands buildings en retrait sur la côte, avec de nombreux restaurants, cafés et boutiques, dont certains ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Même si le quartier est souvent mentionné dans les médias à cause de la recrudescence du virus Zika, le détour en vaut la chandelle. C'est un quartier en presque-île/île, reliée au continent par quelques ponts, en bord de l'océan Atlantique. Outre une immense plage de sable très blanc, une eau à la même température que l'air, et une vue magnifique sur l'océan, il comprend un quartier art déco avec de nombreux hotels et bâtiments construits entre les années vingt et les années quarante. On s'y serait crû en vacances. Nous y avions déjà séjourné en 2011 lors de nos vacances dans les îles Keys et à Miami, et nous y sommes revenus avec grand plaisir. Miami beach a été une petite parenthèse d'une demie journée qui nous a permis de nous ressourcer avant la dure rentrée qui nous attend cette semaine. J'attends encore que la paperasse soit à jour pour pouvoir débuter mon contrat dans les écoles publiques du comté de Miami-Dade. Pour l'instant, je sais que je vais pouvoir exercer trois jours par semaine dans une école du nord de Miami, en plein quartier haïtien. Je ne sais pas encore où les autres jours me mèneront, car l'agence qui m'a recruté n'a encore pas finalisé les contrats dans toutes les autres écoles. Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir poursuivre ma carrière avec des adultes à ce stade ; j'avoue que je suis vraiment moins à l'aise avec des enfants, et j'ai un peu "perdu la main". Néanmoins, après plusieurs mois à la maison à m'occuper d'Amaury, il me tarde de retrouver mon activité professionnelle et d'avoir une autre vie que celle de maman. Et puis, d'ici un an, j'aurai (si tout va bien !) ma licence professionnelle d'exercice qui me permettra peut-être de retrouver la neurologie adulte, à moins que cette parenthèse en milieu scolaire ne me fasse prendre une autre direction ?


dimanche 7 août 2016

La comida en Miami


Impossible d'aborder les innombrables choses à faire à Miami sans parler de la nourriture. Après plusieurs années en Pennsylvanie où les restaurants n'étaient pas toujours fantastiques (pour la plus grande majorité !), se retrouver dans une ville immense aux influences internationales a ses avantages. Chaque culture a apporté, au fil des vagues d'immigration, sa gastronomie et ses spécialités. Il existe des restaurants cubains bien sûr, mais aussi du Nicaragua, Guatemala, Pérou, Colombie, Chili, Argentine, et de bien d'autres pays d'Amérique du Sud. A cela s'ajoutent tous les restaurants asiatiques, coréens, japonais, chinois, vietnamiens ou thaïlandais. Et puis bien sûr, le choix ne manque pas pour la nourriture française. Boulangeries, pâtisseries, bouchons et restaurants fleurissent à peu près partout ici. Ce midi, nous avons déjeuné en terrasse dans une mangrove du quartier de Coconut Grove. Un petit café-brasserie extra, à l'ombre des palmiers, à deux pas de la baie et à peine à dix minutes de chez nous. Jus de fruits frais, carpaccio/ceviche de poisson, desserts en folie... l'expérience a été bien similaire à toutes les autres expériences que nous avons eu ici jusqu'à présent. Pas un seul mauvais repas à Miami. Alors, à défaut de faire des réserves de graisse pour l'hiver, nous faisons des réserves pour l'été. On dit que le gras isole ? Peut-être auront-nous moins chaud l'été prochain avec une vingtaine de kilos en plus ? Affaire à suivre...


vendredi 29 juillet 2016

Déménagement (Episode 2)


Les meubles sont finalement arrivés de Pennsylvanie ! Ils se sont fait attendre, mais ils sont là. Plus que quelques cartons à ouvrir, une tringle à rideau à accrocher, un gros nettoyage des extérieurs à prévoir, mais nous sommes finalement installés ! Tout est allé plutôt vite. Les déménageurs n'ont pas mis plus d'une heure et demie pour tout sortir du camion. Mais de notre côté, il a fallu plusieurs jours pour que la maison ne ressemble plus à un champ de bataille. C'est incroyable le bazar que l'on peut accumuler au fur et à mesure des années ! L'armée du salut a pu récupérer pas mal d'objets et de bric-à-brac dont nous n'avons pas besoin ici. Reste à prendre progressivement nos marques. Je commence à me repérer, et j'ai conduit toute seule plusieurs fois. La circulation est très très intense ici, et les habitants de Miami conduisent comme des marseillais. Le klaxon, que je n'ai jamais utilisé en Pennsylvanie ou presque, est désormais très utile pour éviter diverses collisions et véhicules conduits par des personnes en train de (au choix, rayer la mention inutile) : envoyer des textos, téléphoner, manger, fumer, boire, et même skyper ! Je m'habitue doucement au climat très très humide, et aussi très chaud. Impossible de passer trop de temps à l'extérieur, l'air est étouffant et particulièrement lourd. La climatisation est devenue ma meilleure amie, et grâce à elle l'on peut vivre plus ou moins normalement. Je continue mes cours d'espagnol, et je commence à être capable de dire quelques petites choses, ce qui est une nette amélioration depuis mes débuts. Et puis, bien sûr, je suis en pleine recherche de boulot. J'ai déjà des offres intéressantes, et je devrais en savoir plus très bientôt. Notre petit lardon fait des progrès chaque jour, notamment en ce qui concerne le sommeil, et la perspective de retourner travailler bientôt commence à faire son petit bonhomme de chemin...

mercredi 20 juillet 2016

Bienvenido a Miami!!!

Buns & buns, un restaurant du quartier de South Miami
Pastel de coco y pastel de guava, un régal !
Nous y sommes ! Après un voyage long et pénible (bébé n'aimant pas tellement le changement de pression dans l'avion), nous sommes finalement bien arrivés à Miami, sous une chaleur étouffante et humide, au son des nombreuses langues qui se côtoient ici (et notamment l'espagnol). J'aurais aimé intituler cet article "déménagement, épisode 2", mais nous n'y sommes pas encore, loin s'en faut. Nos meubles sont à l'heure actuelle toujours en Pennsylvanie, même s'il était prévu qu'ils nous soient livrés aujourd'hui. Qu'importe, une semaine de plus ou de moins à vivre dans une valise, au point où nous en sommes... Et puis nous avons plus de temps pour régler les nombreux cauchemars qui sont survenus lors des travaux de la maison. Après avoir coupé la ligne électrique centrale, les ouvriers ont fait sauter la canalisation principale d'eau dans le jardin, bien sûr un samedi soir où il n'est pas facile de joindre la compagnie des eaux... Mais tout semble s'arranger. Ils sont venus couper l'eau dans la nuit (avant que le jardin ne soit complètement transformé en piscine terreuse), et la canalisation (vieillissante) a été remplacée le lendemain. Reste plus qu'à attendre nos meubles, annoncés pour samedi (paraît-il). Pendant ce temps, nous avons loué une maison pas loin de la nôtre, et nous passons du bon temps avec mes beaux-parents à Miami. Miami qui est une super ville, pleine de contrastes, avec des quartiers de millionnaires au bord de la mer, un centre-ville avec ses gratte-ciels (toujours au bord de l'eau !), et ses immenses banlieues résidentielles qui s'étalent sur des dizaines de kilomètres. Nous habitons le quartier de South Miami, proche du campus, de nombreux commerces et restaurants, et pas si loin du métro (dix minutes en voiture). Les restaurants ici sont fabuleux. Outre les restaurants cubains, l'on peut trouver des restaurants haïtiens, mexicains, japonais, guatémaltais, et de tous les autres pays d'Amérique du sud. Partout, tout est bon, cuisiné avec l'influence des tropiques : noix de coco, goyaves, ananas, mangues et autres fruits exotiques se trouvent partout. La langue majoritaire est l'espagnol, avec une très forte communauté cubaine et d'Amérique du sud. Il y a aussi de nombreux haïtiens, et pas mal de français. Il y a des boulangeries françaises, des restaurants français, des cafés français... On peut presque tout trouver ou presque, c'est juste une histoire de prix. J'ai aussi commencé à apprendre l'espagnol (il n'est jamais trop tard pour s'y mettre !), histoire de pouvoir communiquer avec les millions de gens qui parlent cette langue ici, et aussi dans le but d'élargir mes potentialités professionnelles ; car sans l'espagnol, il est beaucoup plus difficile de trouver un emploi à Miami. Alors je potasse, j'assiste à des cours, et simplement, j'écoute, je regarde, et je profite de cette nouvelle ville qui m'enchante déjà...


mercredi 13 juillet 2016

Déménagement (Episode 1)


Nos affaires ont pris place dans le camion en direction de Miami ! Après une journée bien chargée à faire et refaire tous les cartons, les déménageurs n'ont pas mis plus de trois heures pour tout charger et emballer nos meubles. Quid de la suite ? Je m'envole demain avec Amaury de l'aéroport de Washington, et nos affaires nous retrouverons en Floride sous quatre à dix jours. Impossible d'en savoir plus à ce stade, et cette date imprécise rend les choses encore plus compliquées. De son côté, Logan est en plein travaux à Miami. Outre les peintures, le toit et la fosse septique doivent commencer aujourd'hui, notamment s'il ne pleut pas (mais cela reste à voir). Les rénovations du système électrique sont quant à elles terminées, les prises installées étant finalement aux normes et parfaites en prévision d'un petit bonhomme qui va marcher à quatre pattes dans quelques mois ! Je n'ai pas pu tellement aider pour tous ces travaux à distance, en ayant encore même jamais vu la maison, mais j'ai pu superviser le déménagement côté Pennsylvanie, ce qui est déjà bien. Nous avons beaucoup d'aide de la part de mes beaux-parents, aussi bien pour ce grand chamboulement que pour s'occuper du bébé, et je ne sais pas si nous aurions pu tout faire sans eux. Je commence à être légèrement anxieuse en ce qui concerne le gros voyage de demain. J'anticipe une journée pas facile avec bébé dans les bras, à l'aéroport, voulant gigoter tout le temps et dormant peu (Amaury est décidément très actif !), tentant d'aller aux toilettes, d'enregistrer mes bagages et la poussette, d'allaiter discrètement si possible, de récupérer ma valise, de porter mon sac d'ordinateur, le sac à langer, et peut-être d'autres choses encore. Je risque de passer mon temps à surveiller mes affaires, un hochet à la main, le t-shirt couvert de lait et/ou de vomi, une couche ou plusieurs couches sales plus tard, les bras endolori d'être passée par la sécurité (où même la poussette doit être repliée et passée dans la machine !), le tout avec un petit lardon agité. Mais au final, je serai très soulagée de retrouver Logan à Miami, où de belles choses nous attendent, une fois les meubles arrivés à bon port. La suite, comme toujours, au prochain numéro...

lundi 4 juillet 2016

Independence Day


Ce weekend prolongé célèbre l'indépendance américaine, obtenue suite à l'adoption de la déclaration d'indépendance du 4 Juillet 1776, où les 13 colonies originales fondatrices des Etats-Unis se sont séparées de l'empire Britannique. Ici, tout a revêtu les couleurs du drapeau, bleu, blanc, rouge (oui, ce sont bien les mêmes couleurs que le drapeau français !) : les vêtements, les pâtisseries, les maisons... Les feux d'artifices succèdent aux traditionnels barbecues, et les smores font complètement partie du paysage. Nous passons un week-end calme, en Pennsylvanie, mais sans Logan (qui est déjà parti à Miami). Il fait très beau, et je profite de cette météo clémente avant la chaleur de Miami en plein été. Les moustiques sont malheureusement déjà arrivés, et il n'a pas fallu plus d'une petite soirée en extérieure pour me faire dévorer les mollets et les pieds, les plus exposés au contact desdites bébêtes en folie. D'ailleurs, je trouve que les moustiques sont beaucoup plus gros ici que sur le vieux continent, et beaucoup plus méchants. Une simple piqûre met plusieurs semaines à cicatriser complètement. Inutile donc de préciser que j'ai une sainte horreur de ces bestioles, et que je ferais mieux de m'y habituer dès à présent, car le climat semi-tropical de la Floride est propice à toutes sortes d'insectes, de reptiles, et d'autres animaux plus ou moins attirants ou détestables. Scorpions, lézards, geckos, cafards, iguanes, alligators, araignées, ours, requins, serpents, ou panthères de Floride font partie du patrimoine local (voir la liste des animaux plus dangereux ici). Et puis bon, si les petites bêtes ne mangent pas les grosses (normalement !), je serai sans doute très contente que notre maison soit complètement équipée de moustiquaires et que le jardin soit clos, au cas où un alligator vienne faire un petit tour chez nous...

dimanche 3 juillet 2016

Jurassienne d'ailleurs

 Un article est paru dans le Progrès aujourd'hui !

jeudi 23 juin 2016

Same old town


Il n'a pas fallu longtemps avant que nous retrouvions nos marques en Pennsylvanie. Au bout de quelques jours, notre environnement est redevenu très familier. Pas de surprises, et rien de neuf ou presque. Lewisburg n'a pas bougé en un an. Ca a été un véritable plaisir que de retrouver nos amis. Pas un jour ne se passe sans revoir une tête familière, et c'est tant mieux. J'ai finalement mangé un véritable hamburger (non pas que j'en mange tous les jours, mais je dois dire que ça m'avait manqué). J'ai aussi retrouvé le sourire des gens dans la rue, cet accueil chaleureux de la campagne, où tout le monde se plie en quatre pour vous aider si besoin. Bientôt, il nous faudra quitter ce petit cocon, et découvrir ce que la vie nous réserve en Floride. Quelques cartons sont déjà commencés, mais le plus gros reste à faire. Heureusement, les déménageurs s'occupent de la majorité du travail, ce qui rend la tâche un peu moins laborieuse. Hier, nous avons testé une nouvelle micro-brasserie (le Rusty Rail à Mifflinburg). Le petit Loulou était gardé par mes beaux-parents, et j'ai presque oublié, pendant quelques minutes, l'existence du petit lardon resté à la maison. Un petit tour au centre-ville pour voir ce qui avait changé, un petit tour au marché Amish du mercredi (et ses fameux bretzels chauds et dégoulinants de beurre !), un saut au supermarché du coin (toujours ouvert 24h/24), tout est resté identique et j'ai même l'impression que nous ne sommes jamais partis. Mais, s'il est une chose qui va me manquer, c'est de pouvoir descendre à pied à la boulangerie, ou simplement de passer devant et de sentir le fumet agréable du pain chaud. Car ici, à moins de se mettre aux fourneaux soi-même, il y a beaucoup de delicacies que l'on ne peut pas trouver...

vendredi 17 juin 2016

Retour en Pennsylvanie


Nous sommes finalement de retour dans notre belle Pennsylvanie, après un voyage de deux jours, un vol qui a semblé interminable (avec un bébé de presque trois mois qui a trouvé aussi ça long !), nos nombreux bagages et notre tête encore fatiguée de tous ces changements. Le décalage horaire a été brutal (un réveil à trois heures du matin pour notre petit Loulou la première nuit !), mais les choses sont en voie d'amélioration et nous commençons à profiter de ces quelques semaines dans la région. Nous somme en Pennsylvanie jusqu'en Juillet, chez mes beaux-parents, le temps de préparer les cartons, de finaliser les événements du départ, et de coordonner les différentes étapes du déménagement. Logan va devoir se rendre plus tôt en Floride, autour du 2 Juillet, pour être là pour la remise des clés de la maison. Plus tard, je vais de mon côté être présente en Pennsylvanie pour que les déménageurs s'occupent de nos meubles et préparent le camion qui descendra à Miami. Et le lendemain, je vais rejoindre Logan avec Amaury en avion, un trajet de trois jours et deux mille kilomètres en voiture n'étant pas particulièrement adapté à un bébé de son âge. Le planning est donc chargé, le tout avec peu d'heures de sommeil, le petit Loulou ayant fortement régressé dans ses capacités à dormir plusieurs heures consécutives la nuit. Mais le beau temps est au rendez-vous, et ça augure un bel été au pays de l'Oncle Sam !

lundi 6 juin 2016

Le temps s'étiole


Et pour cause. Notre départ pour les USA a dû être avancé de dix jours. Nous avons finalement trouvé une maison à Miami, mais la remise des clés se fait beaucoup plus tôt que prévu, et il y a des travaux à prévoir. Impossible donc de partir fin Juin : nous partons mardi prochain. De fait, chaque jour dans le Jura apparait comme quelques heures seulement, les minutes se transformant en secondes et le planning se chargeant tout autant. Ainsi, il faut caser dans l'emploi du temps les visites à la famille, les rendez-vous médicaux, les préparatifs de départ, avec en bonus un petit lardon dont il faut bien s'occuper. Amaury dort mieux, ce qui facilite grandement la tâche, et il est maintenant possible (occasionnellement) de dormir cinq à six heures d'affilée (le rêve !). Reste à trouver le sommeil, entre le bouclage de deux valises, la tête encombrée de préparatifs de départ, d'excitation du déménagement, et de mélancolie à l'idée de quitter de nouveau ma douce France. Quiconque connait l'expatriation sait que chaque départ possède une note douce-amère, empreinte de tristesse tout autant que de réjouissances. Car de belles choses nous attendent, une fois la folie du déménagement passée. Amaury va rencontrer ses grands-parents américains, nous allons retrouver notre chère Pennsylvanie (mais pour une courte durée), et je vais découvrir notre maison verte deux mille kilomètres plus au Sud. Trois chambres, deux salles de bain, un manguier dans le jardin, le tout sous le soleil de Floride où le short est de mise trois cent soixante-cinq jours par an et où l'on oublie la signification du mot manteau. Non, finalement, il ne faut pas trop s'attrister de notre départ. Car le meilleur reste à venir.

lundi 23 mai 2016

Encore deux jours, et...

Cascades du Hérisson
...je retrouve mon cher Jura ! Les dernières heures ont été chargées, notamment car il n'est pas particulièrement aisé de faire ses bagages avec un bébé de deux mois à la maison. Le volume de valises/poussette/berceau/sacs en tous genres/matériel de puériculture divers et varié et autre bric-à-brac est vraiment impressionnant. C'est fou ce que l'on peut accumuler en un an ! J'ai même peur que tout ne tienne pas dans la voiture de location. Ce serait dommage de devoir abandonner des affaires sur place faute d'espace dans le coffre de ladite voiture. Le chassis de la poussette prend beaucoup de place, et nous avons de très très gros bagages... En même temps, j'ai loué un mini-utilitaire type kangoo donc j'espère que ça va aller. Il n'était pas possible de louer une voiture plus grande de toute façon. En attendant, demain sera notre dernier jour à Tours. Des rillons tourangeaux, nous passerons au comté et au vin jaune. Et puis, les réjouissances vont commencer dès notre arrivée, car ma petite soeur se marie samedi ! Du coup, je compte les heures, les minutes, les secondes...


lundi 16 mai 2016

La fin de la vie Tourangelle


Une courte semaine, c'est tout ce qu'il nous reste pour profiter de la belle ville de Tours et des bords de Loire. Notre petite année ici s'est écoulée très vite, beaucoup plus vite que je l'aurais voulu. La semaine dernière, il m'a fallu récupérer mes affaires à l'hôpital et débarrasser mon bureau, ce qui m'a été très pénible. Je n'aurais jamais cru que quitter ce poste me soit si difficile. J'ai plaisir à penser que ce boulot a été l'une de mes meilleures expériences professionnelles. Qui sait quel sera mon prochain emploi en Floride ? Il est trop tôt pour commencer à postuler officiellement. J'ai quelques pistes de recherche, mais rien de définitif. Je pense reprendre en Septembre ou Octobre, lorsqu'Amaury sera un peu plus âgé. Et j'aurai besoin de temps pour organiser le déménagement et préparer le nouveau logement à Miami. Là-encore, rien de définitif. Logan y passe quelques jours pour nous y trouver une maison, et on a bon espoir de trouver quelque chose d'abordable. Pour l'heure, je confectionne des colissimos à envoyer en Pennsylvanie, et je vis au rythme des tétées et des (courtes) siestes de notre petit lardon. La vie va changer, et pas seulement car nous sommes devenus parents...