lundi 7 avril 2014

Ma première conférence américaine


Je reviens de trois jours à Pittsburgh où se tenait la conférence annuelle de PSHA (Pennsylvania Speech-Language-Hearing Association). C'était la première conférence sur l'orthophonie à laquelle j'assistais ici aux Etats-Unis, et également ma toute première présentation à une conférence. Après avoir travaillé pendant tout un semestre sur un protocole de rééducation de groupe pour patients aphasiques était venue l'heure de partager notre expérience avec d'autres orthophonistes. Le thème central de notre recherche portait sur la création d'histoires à partir d'images en noir et blanc, inspiré du protocole de Time Slips qui existe pour patients atteints de la maladie d'Alzheimer. La présentation a duré une heure et demie et nous avons eu près de soixante personnes dans le public, un vrai succès ! Bien que passablement nerveuse à l'idée d'intervenir dans ma première conférence officielle, tout s'est très bien passé et le sujet a suscité des réactions plus que positives. Nombreux sont les orthophonistes qui sont venus nous poser des questions et qui ont démontré un intérêt certain pour ce type de rééducation. Reste maintenant à soumettre un autre projet de présentation pour la conférence annuelle de l'ASHA (American Speech-Language-Hearing Association) qui se tiendra en Floride en Novembre. Ce sera une autre grande étape et une nouvelle présentation de notre projet abouti. Inutile de dire que je ne suis pas peu fière d'avoir eu la chance de faire partie de ce groupe d'étudiants et de pouvoir présenter aux côtés de chercheurs de renommée nationale ! La prochaine étape, si ASHA accepte notre projet, risque d'être un peu plus challenging : ce serait un véritable saut dans le monde de la recherche en orthophonie. Pour l'heure, il me reste à analyser des tas de données, à regarder des heures et des heures de vidéos pour vérifier tout ce qu'on a mesuré depuis le mois de Janvier, et donc à passer un certain nombre d'heures supplémentaires à la fac... Alors courage, il ne reste plus que cinq semaines avec la fin de mon semestre de printemps, et 31 jours avant l'arrivée de mes parents!!!!


samedi 29 mars 2014

Que la musique soit !


Approcher la trentaine n'est finalement pas si désagréable lorsque l'on est gâtée pour son anniversaire. Et pour cause, Logan m'a acheté un piano! Si les doigts ont eu largement le temps de rouiller depuis plus d'une décennie, il reste quand même quelque chose de cette autre décennie où le piano a fait partie de mon quotidien. Impossible financièrement de faire venir mon Gaveau de France, c'eût été beaucoup trop expensive et il semblait tout naturel de faire l'acquisition d'un nouveau spécimen. C'est donc un Sohmer de 1972 qui est arrivé dans notre salon la semaine dernière et je dois dire que j'en ai déjà bien profité. Certaines touches restent enfoncées trop longtemps et ce piano a besoin d'une petite restauration, mais le son est très bon et il a été accordé récemment. L'accordeur/réparateur de l'Université doit venir très bientôt s'occuper de ce qui a besoin d'être rénové. Jouer de mémoire n'est pas aisé et j'ai déjà commandé quelques partitions histoire de travailler de nouveaux morceaux. Logan sait également en jouer et nous avons improvisé un petit quatre-mains cette semaine ! Je suis donc devenue obsédée par ce nouvel instrument qui a trouvé sa place dans notre salon. Maintenant, je peux vraiment dire home, sweet home. 

lundi 17 mars 2014

A little taste of Spring Break

Planter des fraises, what else?

Si les journées restent froides mais que le soleil brille, ce n'est pas si mal pour un début de printemps qui a tardé à montrer le bout de son nez. Un seul mot peut suffire à décrire les derniers jours : glandationnage. Et si je crée ce barbarisme, c'est pour mieux promouvoir l'ambiance du weekend écoulé. Mon cerveau se remet doucement de sa récente surchauffe et cette semaine de vacances est plus qu'appréciée. Le concept du spring break évoque souvent -dans le jargon américain- une semaine de débauche où tout est permis ; nombre d'étudiants en profitent pour aller bronzer et picoler à Cancun, ou pour s'envoler vers diverses destinations exotiques, loin du froid hivernal et surtout, loin du monde des études. Point de semaine dévergondée et sauvage de mon côté, j'appartiens à la catégorie des anciens, des vieux étudiants, de ceux qui ont presque dépassé la date de péremption des études, de ceux qui sont nés sans portable et sans internet et qui ont connu - à l'époque- les disques vinyles et les cassette audio. Mais je ne me perçois pas non plus comme une vieille croûte décatie sortie d'un autre âge et d'une autre culture. Pour l'instant je me suis assez bien fondue dans la masse et adaptée aux autres étudiants, jeunes, dynamiques et encore emprunts d'une naïveté presque charming. Alors mon spring break ressemble plus à celui d'une vieille mémé, à coudre (et à m'énerver en tentant de comprendre le fonctionnement d'une antique machine Singer des années 50), à cuisiner, à réparer-percer-clouer-vernir et rafistoler la maison, à jardiner et à surtout, ô combien surtout, ne rien faire pendant quelques heures et avoir enfin le temps de m'entendre penser. Car la fin du semestre s'annonce chargée. Dès demain, retour aux études et à mon projet de recherche. Point de long répit et point de rêvasserie. La procrastination pourra sans doute être de mise, en tout cas jusqu'au lendemain. Et de là, j'entamerai la dernière année de ma vingtaine, et la toute dernière année de mes chères études. Enfin, du moins, pour le moment. 

vendredi 7 mars 2014

Etre orthophoniste dans une école américaine

J'ai assisté à ma première réunion d'IEP (Individualized Education Plan) pour l'un de mes patients de CM1 (4th grade). Puisque les parents ne pouvaient pas se déplacer, la réunion s'est faite en téléconférence avec la mère au bout du fil et les différents autres intervenants assis autour d'une table. Etaient présents : ma maître de stage, la directrice d'éducation spécialisée (Director of Special Education), la psychologue de l'école, la professeur spécialiste des difficultés d'apprentissage, l'enseignant, et moi-même. Le but était pour la mère de prendre connaissance des progrès de son fils, des différents objectifs fixés par l'école dans le but de l'IEP, des aménagements particuliers (lecture des énoncés lors des examens, tiers-temps…), et de faire part de son vécu de la situation comportementale à la maison. C'était une véritable réunion à l'américaine, comme je les aime, avec aucun bla-bla inutile et des discussions efficaces et portées vers l'intérêt de l'enfant. Comme l'orthophoniste aux Etats-Unis ne s'occupe pas directement des troubles de la lecture mais des troubles de langage oral qui y sont liés, j'ai pu proposer mes objectifs de rééducation qui ont tous été approuvés. L'enfant s'entraînera donc, pour l'année scolaire à venir, à la compréhension orale d'histoires lues, à la compréhension écrite de questions abstraites et inférentielles, à l'organisation grammaticale d'un paragraphe avec l'utilisation de connecteurs logiques, et à la production de phrases connectées sémantiquement et grammaticalement. C'est une façon de travailler  très différente de celle que je connaissais en France, mais au final je crois que je m'y retrouve. J'utilise mes connaissances dans le domaine des troubles des apprentissages et le pragmatisme américain pour rééduquer de façon concrète et fonctionnelle. D'ailleurs, s'il y a des choses qui me dépassent dans ce système, ce que j'en observe reste plutôt positif et j'en tire beaucoup d'enseignements. Peut-être qu'observer ce qui se fait ailleurs est un bon point de départ pour améliorer ce qui se passe chez soi? 

La "Speech Room" de mon école !

samedi 1 mars 2014

La surchauffe neuronale - Episode 1


S'il est impossible d'être étudiant sans travailler les weekends, je n'aurais jamais imaginé que ce semestre soit autant chargé. Et la semaine qui s'annonce est encore plus chargée : les examens de mi-semestre qui étaient normalement programmés pour la semaine suivante ont (par un mystérieux coup de baguette magique de mes professeurs) été avancés à cette semaine. TOUS. Alors je potasse, je révise, je me noie dans les flash cards, les study guides et les anti-sèches. Je me croirais presque revenue à l'époque du bac où le stress pointait le bout de son nez à chaque interrogation écrite. Et pourtant, plus d'une décennie plus tard (ce qui ne me rajeunit pas !) le stress, beaucoup mieux maîtrisé, est quand même de la partie. Et autant dire que ma vie sociale s'est réduite comme peau de chagrin. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées, soirées, apéros entre amis et sorties du samedi soir ! Recluse à la maison, un petit verre de Porto à la main (il ne faut quand même pas trop se priver), je sirote mes bouquins de cours entre deux gorgées et je me languis des vacances. Le spring break est pour bientôt et il ne faut pas flancher. Alors, on ne mollit pas. Yes I can.


samedi 15 février 2014

Let it snow, version 2.0

Notre rue, presque déneigée

Il a encore neigé. Beaucoup. Une intense et nouvelle vague de neige qui a fermé toutes les écoles et les Universités du coin. Une journée bien au chaud à trainer en pyjama et à me soigner d'une vilaine bronchite. Les mômes de l'école primaire, c'est plein de microbes (c'est bien connu). A moins que je n'ai attrapé lesdits microbes at home, via ma chère moitié qui tient presque mieux le choc des températures polaires que moi. Mais où est l'été bon sang ? Quand reviendront les douces journées de printemps ensoleillées ? Presque soixante-dix centimètres de neige fraîche sans aucune piste de skis : y'a un truc qui ne colle pas. Après un mois de Janvier très froid, un mois de Février couvert de neige, j'aurais presque des frissons de jalousie en pensant aux parisiens qui se plaignent de leur douceur inhabituelle, même sous la pluie. A moins que ces frissons ne soient ceux  d'une nouvelle vague de fièvre, la fièvre hivernale Pennsylvanienne ? Toujours est-il que l'hiver a bien assez duré. La barbe, quoi. Alors on s'active, on fait tout pour se réchauffer, et on croise les doigts pour que le printemps ramène sa fraise. Alors Mister Météo, à bon entendeur...

Les petits bonshommes de neige de ma voisine Paula

mercredi 5 février 2014

Un blanc manteau


Il a neigé, beaucoup. Suffisamment pour que les écoles ferment et que l'Université prenne un jour de congé. Peu de voitures circulent ce matin, les rues sont d'un calme plat et seul le bruit des pelles à neige grattant le pavé retentit. Tout est recouvert d'une couche cotonneuse, un bon foot de poudreuse recouvert d'une couche de glace en surface. Je me suis réveillée avec bonheur sur cette journée de congé, en me demandant ce que j'allais bien pouvoir faire. Bosser quand même, cela va de soi. Car si un aller-retour à la fac m'est économisé, il n'en reste pas moins que le cours tumultueux de mes activités universitaires persistent. Pas de répit, donc. Je profite de ce temps pour travailler sur mon projet de recherche qui va bien m'occuper prochainement. Et si l'hiver finissait bientôt ?


vendredi 31 janvier 2014

L'orthophonie aux Etats-Unis - L'école

La fin du mois de Janvier est arrivée. J'ai survécu au début du second semestre de Grad School la tête haute. Après des débuts pour le moins stressants, je me suis peu à peu habituée aux journées de quinze heures et j'ai appris à partager mon temps entre mes différentes obligations (clinique, cours, recherche, et école). La grande nouveauté ce semestre ce sont mes débuts en tant qu'étudiante-thérapeute du langage dans une école primaire. Deux journées par semaine, je suis une dizaine d'enfants en séances individuelles ou en groupe. De la grande section de maternelle au CM1 (ici grades K-4), les enfants ne sont pas différents de ceux que l'on fréquente en France, ils se ressemblent presque en tous points et aime le même genre de choses (Bob l'éponge, Dora l'exploratrice, Spider Man et Hello Kitty en tête). L'école où je travaille est immense, avec pas moins de 5 à 6 classes de chaque niveau. Les élèves ne sont jamais plus nombreux que 20 ou 21 par classe, avec des journées plus courtes (qui se terminent vers 15h30) et entrecoupées d'activités variées. En marchant dans les couloirs, les portes des salles de classes restent ouvertes en permanence et les enfants sont autorisés à se rendre aux toilettes ou à la fontaine à eau dès qu'ils le souhaitent. Les classes ont leur tables réparties par petits groupes et la discipline semble bien moins stricte qu'en France.  La culture de la "récompense" semble de mise, avec des autocollants promis aux élèves travailleurs et attentifs. Les punitions semblent peu courantes et peu nécessaires. L'ambiance me rappelle un peu l'une de mes visites dans une école primaire belge, avec cette même sensation de convivialité et de détente, peut-être plus propice au travail qu'une ambiance stricte et figée. L'école est pourvue d'une immense bibliothèque que je consulte avec plaisir : certains ouvrages m'ont été lus dans mon enfance en français, et il est tout particulièrement agréable de les retrouver à l'âge adulte en anglais. 


En ce qui concerne les rééducations, tout est planifié à l'avance. Je dois soumettre mon plan de rééducation tous les quinze jours où je détaille les activités planifiées et leur but(s). Chaque enfant suivi bénéficie d'un IEP (Individualized Education Plan) qui est établi avec les parents et l'équipe éducative. Il n'inclut pas uniquement les objectifs orthophoniques concernant le langage, mais il prend en compte toutes les adaptations obligatoires auxquelles l'enfant a le droit (un auxiliaire de vie scolaire, un fauteuil roulant, etc…). Il ressemble un peu à notre PAI (Plan d'accueil individualisé). Et il n'est pas rare de croiser des enfants en situation de handicap dans une école publique américaine. La loi fédérale du NCLB (No Child Left Behind) oblige à accueillir tous les enfants handicapés capables de vivre en collectivité. Beaucoup d'enfants sont paralysés cérébraux ou sur le spectre autistique, voire en situation de handicap mental. J'ai une maître de stage particulièrement sympathique qui me laisse gérer mes rééducations comme je l'entends, et qui me guide lors de situations délicates. J'ai eu notamment le cas cette semaine d'un enfant montrant des signes d'auto-agressivité qui se faisait du mal à lui-même, il n'a pas été facile de gérer la situation. Et pour chaque rééducation, je dois suivre l'IEP à la lettre ainsi que ses objectifs. Par exemple, si l'objectif principal concerne les troubles d'articulation de certains phonèmes, je dois travailler les phonèmes en question et point final, je n'ai aucune marge de manoeuvre. Et en observant comment les journées se passent à l'école, j'ai de plus en plus la certitude de vouloir continuer à travailler avec des adultes après l'obtention de mon diplôme. Pour un temps en tout cas. Je me vois beaucoup plus poursuivre ma carrière en soins de suites de réadaptation ou en gériatrie qu'en crèche ou en école primaire. Alors affaire à suivre…

vendredi 17 janvier 2014

Americans: come visit the Jura!

Belvédère de Baume-Les-Messieurs









Si l'on devait résumer ce que connaissent les américains du Jura, la réponse serait très simple: très peu voire rien du tout. Tandis que la Bourgogne et ses vins sont très connus outre-Atlantique, notre beau Jura n'est pas nécessairement une région à laquelle les Américains pensent lorsqu'ils visitent la France. Le New York Times a publié plusieurs articles sur la Percée du Vin Jaune, sur le Macvin, et sur le comté (qui est tout particulièrement méconnu). Et si l'on doit leur apporter des précisions géographiques, c'est où, le Jura? Pas trop loin de la Suisse (en général, les interlocuteurs parviennent assez bien à la situer). Il y a la mer, dans le Jura? Et bien non, les lacs suffisent à satisfaire nos besoins de baignade tandis que les montagnes offrent la possibilité de skier l'hiver. Et généralement, inutile d'en dire plus : la moitié de l'audience est conquise lorsque l'on mentionne la combinaison gagnante vin + fromage + ski. Si l'on rajoute de petits détails vendeurs tels que fondue au Savagnin et poulet au Vin Jaune, alors plus aucun potentiel touriste n'est rebuté. Et si l'on promouvait un peu plus notre belle région à l'étranger ? Il est de mon devoir de faire connaitre d'où je viens au reste de mes compatriotes locaux. Alors oui, je confirme que la Tour Eiffel et les macarons de Ladurée n'ont rien à voir avec le Jura (pour ceux qui ne rêvent que d'un voyage à Pârrris), mais notre beau terroir vaut sacrément le détour. A bon entendeur, lecteur, qui que vous soyez, venez-donc voir de plus près de quoi il retourne.

Vin Jaune, Château-Châlon (France)
A lire:



mardi 31 décembre 2013

Bye bye, 2013

L'Empire State Building

Difficile d'imaginer qu'il y a un an jour pour jour, nous étions à Paris pour célébrer le réveillon du Nouvel An. Le temps file à une vitesse folle et il est presque impossible d'en profiter. L'année s'achève sur une impression de tourbillon où les journées s'écoulent comme des minutes ; 2014 n'est pas encore commencée que je voudrais déjà qu'elle s'achève. Quid du programme pour cette année à venir ? Des cours, des stages, et des examens à passer. Trois semestres de cours au printemps, en été et à l'automne à venir, et leur lot de travail et de devoirs. Trois semestres à partager mon temps entre les cours du soir, les journées à l'école, et les journées à la clinique. Trois semestres chargés et pour le moins challenging, mais trois derniers semestres avant mon externship et mon diplôme en mai 2015. La route est tracée, chaque étape est presque déjà définie et programmée. Sans penser à 2014 comme une annus horribilis, j'ai vraiment hâte que tout s'achève avant même de commencer. Et pourtant, après une fantastique semaine passée à proximité de New York, à manger du canard confit et des papillotes, à boire l'apéro en famille et à se protéger du froid, j'ai plus d'énergie que jamais pour entamer ce semestre. Car mes parents projettent de venir au mois de Mai, et j'ai l'intention de revenir pour deux semaines en Août dans ma douce France. Et comme Trenet le chantait si bien, ce pays de mon enfance tient une place particulièrement spéciale dans mon coeur. Si la plupart du temps Lewisburg est ma Home, Sweet Home, il est des jours où je donnerais n'importe quoi pour une toute petite minute passée dans mon cher Jura.

Vue sur le lower Manhattan et la nouvelle Freedom Tower

samedi 21 décembre 2013

New York, New York.

La voiture est (presque) chargée, les cadeaux sont emballés, la neige a fondu et tout est prêt pour notre départ. Nous partons à New York pendant une semaine, ou plus exactement dans le très proche New Jersey à Union City, juste de l'autre côte du fleuve et à 12 minutes en bus de Manhattan. Après avoir empaqueté deux énormes boites de gourmandises, ustensiles de cuisine (qui n'emporte pas son rouleau à pâtisserie en voyage n'est pas français), une caisse de vin et divers accessoires plus ou moins utiles (on ne voyage pas trop léger !), il est temps de prendre la route et de rejoindre l'une de plus belles villes du monde pour Noël. Le programme de la semaine est encore un peu flou : j'irai bien jeter un oeil du côté du musée Guggenheim, ou au MoMa. Et si la météo s'annonce moins froide que d'ordinaire, il n'en reste pas moins que les températures frôleront les zéros en milieu de semaine prochaine. Qu'à cela ne tienne, je suis équipée contre le froid et, si l'envie nous en dit, il sera toujours temps de boire un grog bien chaud ou de se réfugier dans l'un des nombreux musées et magasins. Et peut-être aurai-je la chance de croiser Santa Claus au détour d'une rue ?


lundi 2 décembre 2013

Thanksgiving : la fin d'une semaine de marathon-bouffe.

De retour de chez mes in-laws chez qui j'ai récupéré mon mari éreinté mais vivant, en un seul morceau, flanqué de quelques bribes d'un accent allemand acquis lors de son séjour express à Berlin. Ou peut-être n'est que mon imagination qui me joue des tours tandis que mon estomac distendu me supplie de lui accorder un peu de repos, et alors même que mes deux dernières semaines de marathon d'étudiante ont commencé. Pour ce semestre d'automne en tout cas. Mille projets à finir, mille cours à réviser et seulement quelques jours pour accomplir toutes ces tâches rédhibitoires. Ma liste de choses à faire me fait penser aux écuries d'Augias : on en enlève mais il en revient toujours ; ou alors au tonneau des Danaïdes qui, malgré tous les efforts fournis, ne se remplirait jamais. Mais trêve de pessimisme : je touche presque au but. Après une petite Christmas party avec le groupe d'aphasiques de la clinique, il ne me reste plus qu'une journée à l'école et, probablement plus qu'un ou deux devoirs à rendre avant la fin du semestre. Et tandis que je rêve à des jours moins chargés, les vacances bien méritées se rapprochent, ainsi que les belles réjouissances de Noël. Le sapin est déjà dressé, et il est temps d'en profiter, avant que tout ne recommence…


jeudi 28 novembre 2013

Thanksgiving : Premier Round.

La véritable dinde de Thanksgiving
Même si les festivités avaient déjà débuté Dimanche dernier avec un Speechsgiving en compagnie de mes collègues de promo (un potluck dinner où chacun avait apporté quelque chose à partager, et où les bedaines avaient très vite craquelé sous le volume de la nourriture absorbée), Thanksgiving -le vrai- se déroulait aujourd'hui. Traditionnellement le dernier Jeudi du mois de Novembre, Thanksgiving est une fête qui symbolise le premier repas entre colons et indiens américains, lors de l'automne 1621. C'est une journée de réjouissances et de partage, où l'on se retrouve entre amis et/ou en famille autour d'une belle dinde rôtie (voir mon article de 2012). Et la dinde était belle cette année: 17 pounds, soit près de 8 kilos (une sacrée bestiole !). Personne ne reste seul pour Thanksgiving. Moi-même, abandonnée à mon triste sort pour cause de mari  parti en Allemagne à une conférence, j'ai été invitée à un fantastique repas chez des amis franco-américains. Et je me suis régalée ! La traditionnelle sauce aux canneberges m'a particulièrement bluffée. Fait à base de cranberries fraîches, d'oranges, de raisins secs et de noix de pécan, ce mélange home-made ressemble à une confiture élaborée et peu sucrée, assez proche d'un chutney de figues ou d'oignons, et il se marie extrêmement bien avec la dinde rôtie. Et à une assiette bien garnie succède une autre assiette bien remplie, jusqu'au moment des desserts et du  traditionnel pumpkin bread, un genre de cake à la citrouille, à la cannelle, aux épices et aux noix de pécan. Un vrai délice.

Le Pumpkin Bread de Juliette
Au final, le ventre bien rempli et la panse très repue, il ne m'a pas fallu longtemps avant que Thanksgiving ne devienne l'une de mes fêtes préférées, juste après Noël (où l'on mange plutôt bien !) et Pâques (une autre fête pour les gourmands). Thanksgiving n'a rien à voir avec une fête commerciale,  car il ne s'agit pas de s'offrir des cadeaux, ni de participer à une quelconque célébration religieuse. Thanksgiving est plutôt une occasion de se retrouver entre amis ou en famille pour un bon vrai repas autour d'une table. C'est ma tradition américaine préférée, et je n'ai aucune réticence à l'idée d'ajouter une fête supplémentaire à mon calendrier, bien au contraire. Et puisque Logan s'en était allé voir ce qui se passe du côté de Berlin aujourd'hui, nous allons pouvoir bénéficier d'un autre fantastique dîner de Thanksgiving Samedi, à son retour, chez ses parents. Je pars donc dès demain pour Doylestown, Pennsylvania, où se tiendra la suite des festivités. Version 2.0 to be continued…

mardi 19 novembre 2013

Bientôt la fin du semestre…courage !


La fin du semestre approche et je sens que les jours se font de plus en plus longs. Les journées à la bibliothèque s'éternisent, les projets à terminer ne manquent pas et ma liste de choses à faire semble s'allonger à vue d'oeil. Mais il ne faut pas faiblir ; déjà, la semaine prochaine sera passablement grignotée par les vacances de Thanksgiving, quelques jours où la charge de travail sera remise aux calendes grecques, ou, tout du moins, à plus tard. Car perfectionner l'art de la procrastination est devenu progressivement mon goal ultime, presque un entraînement régulier et quotidien, et je peux désormais dire que j'excelle dans l'art de tout remettre au lendemain. Parfois je me demande comment mon cerveau est capable de supporter la charge cognitive de l'anglais, tout en tentant d'accomplir mes mille tâches quotidiennes en anglais, et finalement réussir à jongler entre les cours, les devoirs à faire, les stages, l'école, et la clinique. Mais pour l'instant, je gère. Le semestre prochain promet d'être plus chargé encore, avec uniquement des cours du soir, de 18h à 21h, et des journées qui vont vraisemblablement commencer bien tôt, vers 8h. Rien que d'y penser, j'ai déjà envie d'être en vacances. Mais patience ! Plus qu'une semaine avant le Break. Je vais pouvoir me consacrer à un peu plus de cuisine, à un peu moins de boulot intellectuel, et surtout, me retrouver en famille autour d'une belle dinde de Thanksgiving. Rien que pour ça, ça vaut le coup de se remettre au boulot et d'arrêter de me plaindre. 

lundi 28 octobre 2013

Trick or treat ou la vraie technique pour s'approvisionner (gratuitement) en sucreries


Halloween se rapproche. Jeudi soir, il va nous falloir faire face à un flots de gamins costumés, dégénérés, affamés, et enclins à manger des sucreries, sonnant à notre porte chaque minute ou presque jusqu'à la nuit tombée, réclamant bonbons et autres friandises à-tout-va. J'ai déjà acheté près de deux kilos de mini-délices, en emballage individuel, pour fournir aux susnommés petits garnements leur dose de gras et de sucre pour l'année (jusqu'aux fêtes de fin d'année en tout cas). Cette tradition de Trick or Treating remonte à la fin des années 40 aux Etats-Unis mais trouve ses origines au dix-neuvième siècle, en Ecosse et en Irlande. Les enfants et les démunis y faisaient déjà du porte-à-porte pour réclamer de la nourriture, contre une chanson ou une prière. Si le devant de notre maison n'est pas spécialement décoré (mise à part par notre belle grosse citrouille !), d'autres maisons du quartiers ont déjà revêtu leurs automnales et clinquants attirails, avec de grosses araignées et leurs toiles, des épouvantails, des chat noirs, des chauve-souris, des squelettes et autres têtes de morts, et des guirlandes colorées (voir l'article de 2011 ici). Il paraît que la vague d'enfants sonnants à notre porte est assez conséquente et chaque année un peu plus significative. J'avais initialement acheté un seul et unique sac de bonbons, pensant que cela suffirait. Mais Logan et mes voisins (plus connaisseurs en la matière) m'ont convaincue de procéder autrement : j'ai donc stocké un poids conséquent et un certain volume de junk food à en faire pâlir les actionnaires de MacDonald's eux-mêmes. Mini Snickers, M&M's, Twix et autres barres chocolatées sont au rendez-vous. Car ce serait bien dommage de devoir refuser des arrivants pour cause de stock épuisé. J'imagine déjà les mines déconfites des marmots si je prétends qu'il n'y a plus rien à manger... Il reste quelques jours avant le grand soir. Et il est tout particulièrement dangereux de garder des bonbons dans la cuisine, car de petits gourmands et gourmandes dont je fais partie pourraient très bien les attaquer dès à présent et sans plus attendre. Après tout, il y en a tellement que dix de plus ou dix de moins, personne ne fera la différence...



lundi 7 octobre 2013

Le véritable american breakfast


Les bagels !

J'ai grandi avec cette idée très française du petit déjeuner, avec de belles grandes tartines de pain, du beurre (salé pour nos chers amis bretons, ou doux pour les autres ignares dont je fais partie) et de la confiture maison, voire du Nutella certains jours. Quelques croissants ou pains au chocolat le dimanche, ou de façon occasionnelle, mais point d'excentricité quotidienne au menu. Ici aux Etats-Unis, le petit déjeuner revêt une tout autre signification. Qu'il soit pris sur le pouce, dans sa voiture (après un petit arrêt au drive-through de Dunkin Donuts) ou chez soi, les options culinaires sont beaucoup plus diversifiées, et cela s'explique sans doute par les différentes habitudes alimentaires des populations successivement immigrées au pays de l'oncle Sam. L'héritage anglo-saxon est visible, que ce soit avec les traditionnels eggs and bacon, les pancakes, l'oatmeal (le porridge), les biscuits, les saucisses grillées, les cereals (vraisemblablement toutes nos sortes de Kellogg's disponibles en Europe, ainsi que quelques autres variétés locales), les doughnuts, les toasts (souvent du pain de mie mollasson et élastique), avec le traditionnel orange juice (bien meilleur qu'en France) que l'on achète au rayon réfrigéré par bouteille de 3,8 Litres (1 gallon). On n'oubliera bien sûr pas les oeufs (brouillés -scrambled- ou au plat), les omelettes et autres délices du même genre. Il y a aussi les toaster strudels, sorte de viennoiseries issues de l'industrie agro-alimentaire, que l'on achète au supermarché dans des emballages individuels et qui se réchauffent au grille-pain. J'avoue que je ne m'y suis pas encore risquée. Il y a également, d'inspiration mexicaine, le breakfast burrito, une sorte de galette tortilla fourrée au fromage et à l'oeuf. Il y a aussi toutes sortes de mix à vendre (des boîtes de poudre "toute prête" pour cuisiner) pour faire des muffins, des pancakes, des gaufres ou des cinnamon rolls (qui ressemblent un peu à nos pains aux raisins). Impossible de penser à un vrai bon croissant, ici le terme se réfère plutôt à une chose élastique, souvent salée, garnie de fromage et de bacon, très peu tentante. Inutile de penser à une bonne baguette chaude et croustillante, ça n'existe pas non plus. Après plusieurs tentatives pour m'accoutumer aux habitudes locales, j'ai fini par me décider à faire mon propre pain, et je me suis remise à manger des porridges maison, faciles à faire et réchauffants à l'approche de l'hiver. Je fais mes breakfast muffins chaque semaine, et de temps à autre je déguste un bon bagel chaud, tartiné d'une bonne couche de cream-cheese (ce fameux cream cheese, proche de notre bon vieux Saint-Moret, qui permet de faire de délicieux cheesecakes, voir la recette ici). Il existe autant d'habitudes de petit déjeuner que de spécialités, et il conviendra à tout un chacun de trouver ses préférées. Pas de mystère pour ce faire : il suffit de tout tester !


Buttermilk biscuits

lundi 30 septembre 2013

Cucurbitacés et autres curiosités de l'automne


L'automne est arrivé, avec ses températures douces et ensoleillées, ses foires régionales aux mille mets à déguster, ses pommes et son apple cider local, tandis que les décorations d'Halloween commencent à pointer le bout de leur nez et que la citrouille envahit le paysage. Pumpkin à toutes les sauces, en bagel, en latte (à Starbucks), en muffin, en tarte, en pain, en soupe, en quiche, en beignets, en confiture, en sauce et en coulis. Si le légume en soit est plutôt insipide et particulièrement fade, d'autres courges locales sont tout particulièrement délicieuses, comme la butternut squash (dont le goût s'approche de notre potimarron), ou d'autres variétés locales. Les marchés offrent de plus en plus de choix et la tentation est grande d'en profiter. Je viens de me procurer LA traditionnelle citrouille qui doit décorer le devant de notre maison. C'est une énorme chose assez lourde qui ne finira sans doute jamais dans notre assiette, mais sera la pièce centrale de bienvenue de la soirée d'Halloween, où bon nombre de gamins devraient venir sonner à la porte pour réclamer leurs bonbons. Dans un même temps, la gradschool se passe plutôt bien, si ce n'est que le travail ne manque pas et que les journées s'éternisent toujours un peu plus. Je commence mon observation clinique avec ma tutrice de deuxième année cette semaine, avec des heures réparties entre la clinique de l'Université et les écoles du coin. Je commence aussi mon projet de recherche (un autre mémoire !) mais le sujet reste encore assez flou à ce stade. Les cours se passent bien, et j'ai constamment l'impression de devoir potasser, en plus des devoirs à rendre régulièrement. Beaucoup de projets de groupe sont à faire, et il est intéressant de profiter de l'expérience passée de chacun (surtout chacune, vu que mes classmates ne sont principalement que des filles !). L'ambiance générale est assez sympa, et je ne me sens pas si vieille que ça, même s'il existe un gros décalage avec certaines collègues de promo qui sortent à peine de leur licence. Les feuillages se couvrent petit à petit de belle couleurs (voir mon article de 2011) et je regretterais presque de ne pas avoir plus de temps libre pour profiter de notre belle Pennsylvanie. Car l'automne est la plus belle saison ici, un véritable été indien où chaque journée est ensoleillée et particulièrement agréable. Alors profitons-en, car l'hiver ne va pas tarder encore longtemps...



dimanche 8 septembre 2013

Carte verte : une décennie de tranquillité

Ce weekend ensoleillé s'achève sur une note réjouissante : je viens de recevoir ma nouvelle carte verte !    J'étais actuellement sur l'extension de douze mois de ma première carte verte, une carte provisoire valable deux ans (mon statut de permanent resident était un conditional status qui devait être réévalué) et cette carte avait expiré en Février dernier, lorsque nous étions à Paris. Cette petite particularité administrative ne m'avait pas complètement laissée libre de mes mouvements et de mes voyages trans-atlantique, mais c'est désormais du passé. Maintenant, je peux entrer et sortir du territoire sans craindre un quelconque imbroglio douanier, quand bon me semble, pour aller où bon me semble, et ce pour une décennie toute entière. Il ne me faudra que régulariser mes longs voyages (ceux supérieurs à six mois) et je peux maintenant aller et venir à ma guise, renouveler mon permis de conduire lorsqu'il expirera,  ou prendre un emploi à plus long terme...


Plus qu'un simple papier, c'est un peu le symbole d'un répit provisoire de toutes les démarches administratives que Logan et moi devons accomplir régulièrement pour avoir le droit d'être ensemble. Car avoir deux nationalités différentes n'est pas toujours facile au regard des diverses administrations. Nous en avons bien que trop fait les frais (voir les archives du blog de 2010 et 2011 sur ces liens), et si la réception de cette carte me réjouit plus que tout, je penche plutôt vers un sentiment de soulagement. Et nous allons fêter ça : moi, Jurassienne expatriée au pays des doughnuts et des territoires immenses, je sais saisir chaque opportunité de faire péter le champagne !

jeudi 29 août 2013

Si on survit à la première semaine...

Le campus !

...le reste sera du gâteau. Du bon gros gâteau plutôt indigeste mais tellement appétissant qu'on en reprendrais bien une tranche. Je viens de terminer ma première semaine de Grad School et j'en suis enchantée. L'ambiance est à la fois très studieuse et très chaleureuse. Les professeurs sont beaucoup plus accessibles qu'en France et le dialogue est particulièrement facile avec eux. Trois cours ce semestre: Trouble d'articulation et trouble phonologique, Trouble de language de 0 à 6 ans, et Communication Alternative et Augmentative. Rien de très nouveau, mais ça me fait plutôt du bien de réviser tout ce qui concerne le langage des enfants, j'ai l'impression d'avoir partiellement oublié beaucoup de choses. Je me dirige de plus en plus vers un parcours "recherche", et je peux -si le coeur m'en dit- commencer un nouveau mémoire et éviter de prendre deux des cours proposés lors des prochains semestre. Pour l'instant pas d'heures de stage (même si je viens déjà d'obtenir mon badge de Graduate Student Clinician pour accéder 24h/24 et 7 jours/7 à la clinique de la fac). Je dois aussi réaliser 25 heures d'observation du travail d'un orthophoniste, qui est normalement une formalité d'accès au programme de master mais que je dois réaliser un jour ou l'autre pour être certifiée aux Etats-Unis. Autant commencer tout de suite, car les semestres prochains seront un peu plus chargés : quatre cours au lieu de trois, les stages cliniques et la recherche batteront alors leur plein. Le mot d'ambiance général en cours est participation. Chaque étudiant se doit d'intervenir et de faire partager ses expériences cliniques. Impossible de rester dans son coin la bouche fermée, les questions sont toujours les bienvenues et les professeurs sont beaucoup moins distants qu'en France. J'ai même trouvé une fille de ma classe qui passe par Lewisburg pour aller à la fac, nous allons co-voiturer autant que possible ! Et c'est une bonne motivation pour me forcer à rester à la bibliothèque un peu plus tard et ainsi me mettre sérieusement au boulot. Car dès la première semaine, les exposés à rendre, les présentations orales à préparer et les devoirs à faire ne manquent pas. Il est bien loin le temps de l'Université française où j'ai eu l'habitude de procrastiner mes obligations au lendemain...

Bloomsburg University, Centennial Hall
Bloomsburg University, vue sur le Quad

vendredi 16 août 2013

Last days of summer

La Susquehanna River depuis le Shikellamy State Park

Les prémices de l'automne commencent à se faire sentir. Déjà, les nuits sont plus fraîches et les journées moins chaudes. La saison qui connait normalement de nombreux moustiques (ces sales petites bêtes qui  nous vampirisent jusqu'à la moelle, sitôt sortis dehors au crépuscule) a été plutôt inhabituelle ici. Et en bien. La "fraîcheur" ambiante me rappelle les mois d'Août dans le Jura, qui ne sont jamais torrides, souvent frais le soir, et qui connaissent parfois quelques orages de fin de journée. Ici certains feuillages, déjà, se parent de couleur chatoyantes et l'on sent que l'été s'étiole un peu plus chaque jour. Les beaux jours ne sont pas pour autant à mettre au rebut, loin de là. La Pennsylvanie se prépare à son traditionnel été indien, avec de possibles belles températures jusqu'au mois d'Octobre. Les activités et occupations ne manquent pas. J'ai récemment rejoint un groupe de francophiles francophones qui se réunit une fois par mois, histoire de pratiquer un peu la langue de Molière et d'élargir mes horizons sociaux. J'ai aussi "enseigné" mon premier cours de cuisine, plutôt informel, avec des amis qui ont apparemment été ravis de découvrir quelques recettes de mon cru. J'ai reçu mes livres de cours, mon autocollant d'accès au parking, et ma convocation à la journée d'orientation pour les nouveaux grad students. Encore une bonne semaine, et les cours commenceront. Je plongerai déjà dès lundi les pieds dans les affres de l'administration universitaire, avec une après-midi de familiarisation avec les règles et les obligations de ma position d'assistante. L'assistantship reste encore un mystère obscur pour moi, et j'attends, mi-impatiente et mi-anxieuse, de savoir à quelle sauce je vais être mangée.

vendredi 2 août 2013

Les années fac...bis repetita placent

Et voilà, c'est plus qu'officiel, je reprends mes études dans quelques semaines. Deux ans de master d'orthophonie à venir à l'université de Bloomsburg, en Pennsylvanie. Les cours commencent le 26 Août, et l'on vient de m'octroyer une bourse d'étude ! Il s'agit d'un emploi au sein de l'université, une assistantship position, qui me permet, contre quelques heures de travail au sein du labo de recherche ou de la clinique, de réduire de près d'un tiers mes frais d'inscription. Ce qui n'est pas anodin, compte-tenu du prix des études aux Etats-Unis. Je vais également bénéficier d'un prêt gouvernemental à un taux réduit pour financer les quelques milliers de dollars restants à ma charge. Car si je prévois d'être à nouveau une pauvre étudiante fauchée, ce ne sera que temporaire et je n'aurai aucun mal à trouver du boulot en 2015 -une fois mon diplôme en poche-. A ce moment-là, j'aurai à passer mon praxis (l'examen d'aptitude qui permet d'être certifiée comme orthophoniste) et à valider ma Clinical Fellowship Year (ou CFY), un stage payé de neuf mois, avant d'être officiellement orthophoniste aux Etats-Unis. Inutile de dire que la route sera longue et semée d'embûches, de cours, d'examens, de stages divers et variés, de doute et d'excitement.


Pour l'heure, je profite de mes derniers jours de vacances pour réunir les papiers nécessaires au début des cours, mes clearances de la police de Pennsylvanie, du FBI, du service de Child abuse, et je vais passer le diplôme de réanimation cardio-pulmonaire-défibrillateur pour personnel médical et paramédical (le CPR). J'ai d'ailleurs dû fournir à l'administration mes empreintes digitales deux fois la même semaine, une fois pour l'immigration et une fois pour le FBI. Les  tampons encreurs dont j'ai dû faire usage il y a deux ans ont aujourd'hui disparu ; ne restent que les scanners modernes qui valident automatiquement l'empreinte saisie. J'ai également commandé mes livres de cours, un gros budget pour ce semestre. Entre la bible des troubles d'articulation et de phonologie, je dois me procurer le précis des systèmes alternatifs et augmentatifs de communication (pour un cours dont je connais déjà l'enseignante, j'ai suivi son séminaire sur l'aphasie au printemps 2012), et un manuel des troubles de langage chez les enfants d'âge école maternelle. Un beau programme qui m'effraie un peu, après deux ans et demi en neuro sans voir la tête d'un patient en dessous de l'âge de 25 ans. Mais c'est le début d'une nouvelle vie et je dois ranger mes chocottes dans le placard. Rien ne sert d'avoir peur, 'cause everything is gonna be all right.

mardi 16 juillet 2013

Road trip

Charleston, Caroline du Sud
Les Etats-Unis constituent un immense pays plein de contrastes. J'ai découvert une partie du sud ce mois-ci, lors d'un véritable road-trip à l'américaine, avec plus de 2600 miles au compteur et près de 8 états traversés. Tout commence en Pennsylvanie : nous avons pris la fameuse route 81, celle qui relie l'état de New York au Tennessee sur un peu plus de 1300 kilomètres. Une petite halte à Harrisonburg, en Virginie, puis quelques jours à Greenville, en Caroline du Sud, histoire de fêter dignement le 4 Juillet, la fête nationale américaine. Independance day n'y est pas véritablement réussi si l'on ne fait pas péter de véritables feux d'artifice (de catégorie 4, qu'il est tout à fait légal de se procurer dans certains états américains!), sans déguster sa gastronomie locale (découverte du fameux frogmore stew qui est un genre de pot-au-feu au maïs, aux crevettes, à la saucisse et aux pommes de terre), et surtout sans les smores, fameux chamallows grillés au feu de bois, servis entre deux Graham Crackers avec deux carrés de chocolat fondus), et d'inévitables (et nombreuses) bières. Puis reprise de la route pour Charleston, en Caroline du Sud, le temps d'un magnifique mariage au bord d'un marais d'eau salé, puis un petit tour par la belle ville de Savannah en Géorgie, où a été tourné le film "Minuit dans le jardin du bien et du mal", puis Macon, avant de tracer notre route vers le nord.
Savannah, Géorgie



Deux petites haltes histoire de souffler un peu et de laisser le moteur refroidir, à Richmond en Virginie et à Doylestown en Pennsylvanie, avant de finalement retrouver notre chez-nous, en pleine chaleur quasi-caniculaire. Qu'en retenir? Il est difficile de rapporter chaque détail d'un voyage, mais je retiens (en vrac) les shrimp and grits (crevettes bouillies, sautées ou frites, servies avec du maïs cuit à la crème, un peu à la façon de la polenta mais en plus crémeux et surtout beaucoup plus gras), l'accueil chaleureux des gens du sud, les chênes aux feuilles persistantes dans chaque jardin, où sont suspendues de magnifiques mousses (spanish moss), les okras frits, l'omniprésence de l'histoire, avec beaucoup de fierté et d'esprit des anciens états confédérés, les immenses forêts de pins qui s'étalent à perte de vue, la proximité de la mer, mais aussi (beaucoup moins cool) les féroces moustiques qui, pire que Dracula, vous sucent le sang jusqu'à l'os, sans oublier la chaleur humide et poisseuse qui fait transpirer chaque être vivant -poissons y compris-, qui fait choucrouter les cheveux raides en un état de semi-frisotti pour le moins inélégant, qui crée un culte presque dogmatique pour toutes sortes d'appareils à rafraîchir, window units, central air, glaçons et autres ventilos. Et aussi les heures de route où le même paysage nous entoure, encore et encore, à perte de vue, là où l'Europe apporterait son lot de diversité, l'immensité du territoire américain rend la route presque monotone et fatigante, et l'on s'arrête le soir, lassé et fourbu d'avoir tant conduit, mais des images et des souvenirs plein la tête.

jeudi 27 juin 2013

C'est comme si Paris n'avait jamais existé

Moins d'un an -ou presque un an plutôt- se sont écoulés, et nous avons retrouvé notre chère Pennsylvanie où rien n'a changé en notre absence : les premières chaleurs de l'été nous ont accueillis en grande pompe. Il faut désormais bannir de notre vocabulaire les substantifs suivants (liste non exhaustive) : chaussette, veste, pull, écharpe, bonnet, manches, couverture, tasse de thé, bouillotte, fraîcheur et froid. Notre gamme de mots se réduit plutôt à transpiration, chaleur, humidité, crème solaire, lotion anti-moustique, glaçons, sorbetière, climatisation, parasol et tongs. Le climat continental  local permet d'avoir une véritable saison chaude, celle qui ferait presque regretter le froid glacial de l'hiver et qui crée de solides amitiés avec les appareils à air conditionné.

Un boghei amish
Nous avons retrouvé notre maison en très bon état, grâce à des locataires en or qui en pris grand soin. Il n'en reste pas moins qu'il nous faut poursuivre les travaux entrepris l'an dernier : ces horribles murs d'un bleu "hôpital" ou "prison" doivent disparaitre, c'est une question de survie. Franchement parfois je me demande si les précédents propriétaires n'ont pas fumé la vieille moquette avant de choisir la couleur des murs... il faut croire que certaines personnes ont beaucoup de goût, mais surtout du mauvais. Je vais donc repeindre le salon lorsque le climat sera encore plus chaud et encore plus humide au mois de Juillet (j'aime prendre des risques). J'ai retrouvé le marché amish et ses calèches, les belles maisons victoriennes aux volets colorés, les immenses places de parking pour d'énormes voitures, le supermarché ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, les assiettes démesurées au restaurant, et tout ce qui, de près ou de loin, appartient à la vie pennsylvanienne. La seule nouveauté (détail qui a son importance) consiste en la possibilité de trouver du morbier au supermarché!

Un morbier jurassien!
Nous partons la semaine prochaine pour un road-trip dans le sud des Etats-Unis. Direction la Caroline du Nord et du Sud, la Géorgie, la Virginie...et certainement d'autres états que nous traverserons en cours de route. Il va falloir que je révise un peu ma géographie, et surtout que l'on prépare de bonnes playlists pour la voiture. Nous allons y passer un certain nombre d'heures!
Tout est identique à l'an dernier, notre petit village de Lewisburg n'a pas bougé d'un pouce, nos amis sont toujours au rendez-vous et je dois presque me pincer pour me convaincre que notre année parisienne a bien existé. C'est surprenant à quel point il est facile de reprendre ses marques, de reprendre le fil de notre vie américaine comme si rien ne s'était passé. L'été sera tranquille, avant que le tumulte des bancs de la fac ne refasse surface. Donc j'en profite, je flâne, je prends mon temps, et je me remets à la cuisine. Mes premiers pains sont sortis du four hier, et il n'en reste déjà presque plus...

mardi 18 juin 2013

Good bye, Paris. Hello, Pennsylvania!

Le Canal Saint-Martin
Nous y voilà. Après une toute petite année à Paris, il est temps de reprendre la route vers les states. Un dernier petit tour du côté de la Butte aux Cailles, un dernier apéro en flânant dans le quartier latin, un dernier petit dîner à notre restaurant cambodgien préféré -Mondol Kiri-, une courte nuit, un réveil à trois heures du matin...et il est déjà l'heure de descendre nos 90 kilos de bagages, de sauter dans un taxi et de filer vers Roissy. Un petit vol via Reykjavik puis quelques heures de voiture entre l'aéroport de JFK et Doylestown (Pennsylvania), où nous ferons étape chez ma belle famille. Et enfin un retour au 'Burg prévu vendredi. 
Je crois qu'au final je ne me serai jamais vraiment sentie parisienne, juste "fraîchement débarquée", la tête encore embourbée d'anglais campagnard et bercée par l'ivresse et l'agitation de la ville, sans jamais réussir à appartenir à notre belle capitale. Dix mois sont largement suffisants pour se sentir chez soi, mais ce temps est trop court pour se forger une réelle identité de parisienne. Mes origines jurassiennes se devinent dès qu'on me voit sortir mon mini plan de Paris, en train de vérifier sur quelle rive je suis et si le vingtième c'est au nord ou au sud. Ah bon, la tour Eiffel n'est pas à l'est de Paris? Mais le métro c'est forcément souterrain, alors ce truc aérien ça doit être un genre de tram? Ah non, tiens, c'est bien un métro. Une vraie jurassienne je vous dis.
Nous rentrons à la maison. Home sweet home. Notre maison, c'est là-bas, mais mon pays, c'est ici. Finalement je ne me sens chez moi nulle part, pour l'instant. Car même en habitant aux Etats-Unis, je suis et je resterai française. Ce qui ne m'empêchera pas, comme les américains, de manger "des steaks grands comme la Croatie"*...
Notre-Dame de Paris
citation du très célèbre et grand intellectuel Tony Parker

vendredi 14 juin 2013

J-5

Le dernier jour s'approche toujours un peu plus et je me prépare à la transition. Désormais chaque petit morceau de comté -je ne suis pas jurassienne pour rien- prend un air de madeleine de Proust ; j'engrange et je me gave de ce qui risque de me manquer, croissants, rillettes, vins et fromages notamment. Et je fais le plein de compagnie. A commencer par la famille. Après une semaine parentale, ma sister débarque pour le weekend. Notre dernier weekend à Paris. Gloups. Le temps a passé vite. Très vite. Trop vite. Il n'est même plus temps de regretter ce que j'aurais pu faire mais qui est passé à l'as faute de temps. Maintenant il n'est plus l'heure de gamberger : j'ai rangé (jusqu'à nouvel ordre) mes peurs et mes doutes bien au fond de la valise, et j'ai ressorti l'enthousiasme et l'excitation du départ. Bientôt je vais retrouver la vie aux apparences de long fleuve tranquille de Pennsylvanie, où m'attendent de challenging challenges. J'en perdrais presque mon français, et il me va falloir veiller à limiter les franglismes et les pléonasmes. Tandis que mon esprit essaie de résister aux oxymores, l'attristante réjouissance du départ approche.

vendredi 7 juin 2013

Une autre page se tourne

Le déménagement approche, et une autre page, professionnelle, se tourne. J'ai quitté avec regret mon poste d'orthophoniste en neurologie adulte pour me consacrer à la vie étudiante jusqu'en 2015. Je serai donc étudiante en orthophonie aux Etats-Unis, pour obtenir mon équivalence de diplôme. J'ai l'impression de laisser derrrière moi une chaleureuse équipe et un job en or (ou presque). Je ne réalise pas encore que bientôt, je serai de nouveau sur les bancs de la fac pour apprendre et réapprendre mon cher métier. Deux ans de master au programme, pour la suite des cours commencés en 2012. Entre l'impatience, les frémissements anxieux de la nouveauté et le plaisir d'être à même d'apprendre de nouvelles choses, mon coeur balance. C'est la fin d'une époque et le début d'une nouvelle.  Les périodes de transition ne sont jamais faciles à passer, mais je garde le cap. Dans l'ambivalence du retour, je prépare nos valises. Again. Cruel challenge que de faire tenir une vie dans deux fois vingt-trois kilos, il ne faut surtout pas s'attacher aux choses matérielles. Bientôt, nous serons de retour en Pennsylvanie et je ne sais pas si j'y suis totalement prête...

mardi 2 avril 2013

Tout ce qui...

Susquehanna river sur l'Isle of Que 
...me manque du continent américain peut attendre (ou presque) mon retour aux Etats-Unis. Je m'enfilerais bien un paquet de butterfly crackers ou un de dark pretzels de chez Utz. Ou alors une tarte peanut butter de chez Vic's pub (mais si, c'est très bon, et très riche du même coup). Ou alors, un de ces soft pretzels amish, bien chaud et bien dégoulinant de beurre. Ou alors, une assiette de frites de la Elk Creek Brewery, celles qui ont encore la peau et qui sont saupoudrées de fleur de sel. Ou bien, un de ces foudroyants Volcano rolls du petit restaurant de sushi (d'allure minable mais de qualité fantastique) de Selinsgrove. J'irais dîner à 17 heures chez Elizabeth's. Et je ferais bien un petit tour de kayak sur la Susquehanna river, en imaginant quelques indiens en pirogue au détour d'un méandre du fleuve. Je me ferai un bon road trip vers le sud, une bonne playlist -à fond les ballons-, en ne dépassant pas les 60 miles par heure, en slalomant entre les énormes camions dont le poids équivaut à celui de la tour Eiffel (ou presque). Je ferais un tour sur le campus de Bucknell, à la basse saison quand les étudiants ont fui la Pennsylvanie et que le centre-ville a perdu de son tumulte et de son agitation. J'irais au marché du mercredi de Lewisburg, m'approvisionner en produits amish locaux (tiens, des bananes amish "locales", mon oeil.) Je me prévoirais un petit weekend du côté des finger lakes et de ses vignobles, goûterais au vin (modeste) local et irais randonner sur les bords des petits cours d'eau. En passant par la côte, je ferais une petite descente à New York, flânerais dans le village, acheterais des trucs improbables dans Chinatown, pousserais jusqu'au Brooklyn bridge histoire de photographier Manhattan au coucher du soleil. J'irais prendre un train à Penn Station pour Baltimore, pour admirer sa cathédrale (jumelée avec notre belle Notre-Dame de Fourvière de Lyon, si, si...) et faire un tour dans le Harbor.
Puis je m'envolerais pour la Louisiane, pour aller admirer les chênes centenaires de la Nouvelle-Orléans, sa si agitée Bourbon Street et sa cuisine cajun inimitable. Je ferais un détour obligatoire par le campus de LSU de Baton Rouge, sans toutefois en chatouiller leur tigre mascotte et repartirais pour Miami et les keys, en m'arrêtant pique-niquer au Bahia Honda State Park avec de m'envoler pour Boston en plein été, au coeur du quartier italien, afin d'en tester chaque pâtisserie et chaque pizzeria. Voilà finalement le peu que je connais et qui peut me manquer des Etats-Unis. Il y a tant à découvrir et à redécouvrir que je branche mon cerveau sur ce qui m'attire. En attendant, je suis censée être une parisienne. Une (presque) parisienne qui va bientôt retrouver la cambrousse du pays de l'Oncle Sam...

Bucknell University


lundi 18 mars 2013

Le compte à rebours est lancé...

Trois mois. Précisément trois mois avant notre retour en Pennslyvanie. Cette année à Paris se révèle pleines de bonnes surprises, d'accomplissement professionnel, de belles rencontres, de visites inoubliables, de régal du palais et de sorties culturelles en tout genre. Point de temps pour l'inaction, le planning est rempli -surchargé- et les heures et jours parisiens commencent à être comptés. Départ le 19 Juin 2013, et retour au pays de l'oncle Sam. Voilà pour les certitudes. En ce qui concerne les incertitudes, ou les éléments en cours de négociation, point d'information sur mon retour à l'université -yet-, mais une probable réponse prochaine sur les possibles assistantship positions. Logan va retrouver lui-aussi les bancs de la fac, ou plutôt les estrades et l'enseignement, et tous ses (chers) étudiants et tout le toutim. Difficile de dresser la liste de ce qui va me manquer, certaines choses c'est sûr, certaines personnes assurément. La famille et les amis forcément, mais aussi toutes les nouvelles connaissances que cette (courte) année m'aura permis de rencontrer. 
Il y a un an, nous emménagions dans notre petite four-square house sur la 4ème rue. Une parenthèse parisienne plus tard, il va bientôt être temps de refaire nos valises... J'ai presque envie de retenir ces mois à venir, d'en profiter au maximum, de ne pas laisser filer les minutes et les secondes qu'il me reste entre le doigts mais d'en faire quelque chose de positif. Je n'ai pas envie d'être nostalgique par rapport à ce départ, mais il me reste toujours dans la gorge une petite boule d'amertume d'être constamment partagée entre deux vies et deux continents...
Et pourtant. Quelle belle aventure nous partageons depuis 2008 ! Pas le moindre regret, juste de beaux souvenirs en tête et des tas de nouvelles têtes rencontrées. Si je dois retenir quelque chose de cette expérience, c'est bien l'ouverture de soi-même sur un nouveau monde et une nouvelle culture, culture beaucoup plus complexe et mystérieuse que les clichés que l'on a sur le continent américain. Les américains sont sociaux, aimables et extrêmement chaleureux. Quand j'y pense, il me tarderait presque de retrouver notre bon vieux Lewisburg et ses habitants au sourire indéfectible...
Entre la Pennsylvanie et la France mon coeur balance, et je vais m'attacher à faire que ces derniers mois soient tout simplement inoubliables. Starting right now.

dimanche 3 mars 2013

Trois jours à Vienne

Es war echt wunderschön. Vienne est une ville magnifique, où un palais succède à un autre, où l'histoire riche se découvre dans ses mille musées, où l'influence d'Europe centrale est visible partout. Carrefour entre l'est et l'ouest, petit pays aux paysages diversifiés, l'Autriche est une must-see destination  et sa capitale en est un bon exemple. Que faire en trois jours à Vienne ? 
la Bibliothèque Nationale
Il faut visiter certains des nombreux musées (Mumok, Palais du Belvédère et ses tableaux de Klimt, le musée Sissi, la Bibliothèque Nationale, le musée Leopold, le musée d'art baroque), le centre-ville en lui même avec la cathédrale Saint-Etienne, l'Albertinaplatz, et le centre piéton. On n'oublie pas les palais grandioses, le château de Schönbrunn aux beaux jours, les appartements impériaux...
Il faut aussi se plonger dans la gastronomie viennoise, avec ses bons et ses moins bons cotés : ne surtout pas rater les cafés et chocolats viennois, l'apfelstrudel, la linzertorte, la sachertorte, les escalopes viennoises (pour les amateurs de nourriture -qui nourrit bien-), les spécialités des pays limitrophes, et notamment un bon goulasch hongrois, les spécialités croates...
Nos adresses préférées : pour un petit budget, le restaurant "Le Bol" (Neuer Markt 14). Pour un peu plus de spécialités autrichiennes, le restaurant du MAK (Stubenring 5) nous a épatés. Pour un peu plus d'exotisme, le Kornat (Marc-Aurel Strasse 8) est un restaurant de poissons et fruits de mers croate qui nous a beaucoup plu. Pour ce qui est des cafés, l'incontournable cafe Sacher est bien, mais un peu trop cher et très fancy. Vous pouvez goûter la sachertorte qui est un gâteau au chocolat fourré à la confiture d'abricots...infiniment célèbre mais pas si extraordinaire que l'on le voudrait. La pâtisserie Demel (Kohlmarkt 14) est beaucoup plus impressionnante avec ses tartes, mousses et strudels.
Le strudel aux pommes

Le museum quarter
Le palais du Belvédère
La sachertorte
Et puis il a été tout simplement agréable d'être entourés de la langue allemande, avec ses petites spécificités autrichiennes (GrüB Gott pour dire bonjour, Pfiat Gott pour dire au revoir) et son petit accent avec parfois ses "r" roulés et sa prosodie entraînante... Vienne est une capitale européenne à l'histoire riche, son nom évoque la dynastie des Habsbourg et la princesse Sissi et c'est aussi une ville où les transports en communs sont efficaces et abordables. En bref, une très bonne destination pour un long weekend ou une semaine !