samedi 2 décembre 2017

Aller à l'école au pays de l'Oncle Sam


Ca commence dès l'arrivée (souvent très matinale) du très célèbre bus scolaire jaune. Les élèves sont conduits à l'école, selon un circuit très minuté. Arrivés sur place, les réjouissances se poursuivent souvent à la cafétéria, pour avaler en vitesse des pancakes, des oeufs, des céréales, et du lait aromatisée à la fraise ou au chocolat. La cloche sonne, à peine le petit déjeuner englouti. Avant la classe, les élèves prêtent allégeance au drapeau américain, debouts, la main sur le coeur, et cette pledge of allegiance se poursuit par les annoncements du matin. Des prix, des récompenses, des résultats de concours variés... Chaque élève et chaque classe méritante se voient cités en exemple au micro de l'école. La journée est composée de différentes matières, appelées periods si l'enfant est au collège ou au lycée. Au collège, certaines écoles adoptent un emploi du temps en alternance relativement compliqué. Les journées A et B se succèdent, ce qui peut (éventuellement) contribuer à la confusion des enfants et de leurs parents. Le lundi, si la journée est une journée A, l'emploi du temps sera celui d'une journée A. Le mardi, l'emploi du temps d'une journée B sera donc appliqué. Puis le mercredi, la journée A revient à nouveau. La semaine qui suit, les choses seront inversées. La lundi sera une journée B, le mardi une journée A, etc. De quoi faire tourner en bourrique les parents, qui doivent programmer à la lettre le sac à dos de leur chérubin. Ainsi, oublier ses baskets ou son matériel d'art faute d'appliquer le bon emploi du temps pénalisera grandement le petit écolier. Pas de géographie, un peu d'histoire, beaucoup d'anglais et de mathématiques sont au programme. Beaucoup de sport également, ainsi que des cours d'arts plastiques et de musique font partie de la formation. Les écoliers chanceux qui fréquentent une école de renom ont parfois des cours de science avancée, ou de théâtre, voire de langues étrangères. Ici en Floride, comme il fait beau et chaud toute l'année, les bâtiments de l'école sont reliés par un passage couvert, et il faut sortir à l'extérieur pour passer d'une classe à l'autre. Pas de cour de récréation centrale, mais divers équipements sportifs et autres aires de jeux sont répartis dans le périmètre scolaire. Le déjeuner du midi, parfois servi très tôt (9h30 le matin pour certains !) est avalé en moins d'une demie-heure (ce temps comprend le trajet aller et retour à la cafétéria, parfois loin de la classe, le temps de faire la queue pour attraper son plateau, et le temps de manger). Les écoliers favorisés apportent leur propre déjeuner, gardé bien au frais dans leur lunch box, tandis que les autres enfants moins fortunés subissent la nourriture (déséquilibrée) de la cantine (J'avais déjà écrit un article à ce sujet, à lire ici). La récréation n'a une durée que de 15 minutes, une seule fois par jour. Mais les journées sont plus courtes. Les plus jeunes sortent à 13h50, et les plus âgés ont cours jusqu'à 15h05. Les classes sont (un peu) moins chargées qu'en France, et il existent beaucoup d'activités quotidiennes en petit groupe. Les ordinateurs font partie intégrante de la formation des élèves, et ce dès le plus jeune âge. En Floride, il leur faut passer chaque année (ou presque) des examens de niveau, dispensés par voie informatique. De fait, les petits de moyenne section manient déjà à merveille le clavier et la souris. Dans une grande partie des Etats-Unis, l'école commence en grande section de maternelle. Tout ce qui se passe avant est privé, et de fait, payant. L'état de Floride comprend fort heureusement une année gratuite supplémentaire, pour les petits de quatre ans et plus. De fait, l'école américaine est très différente de notre bonne vieille école républicaine. Elle tend à inclure un peu mieux les enfants porteurs de handicaps, mais reste terriblement inégalitaire en fonction de la région géographique où l'enfant est domicilié. Beaucoup d'enfants sont scolarisés dans des écoles privées, ce qui prive - de fait- les écoles publiques des bons élèves issus de milieux favorisés, et tend à aggraver les inégalités déjà existantes. Et partout, l'uniforme est de mise. Un polo de couleur, parfois une insigne de l'école, un pantalon ou une jupe d'une autre couleur, l'uniforme varie d'une école à l'autre. Et le crayon de papier reste l'outil le plus utilisé pour écrire, en tout cas dans les petites classes. Pas de stylo à plume, peu de stylos à bille. Et chaque classe est équipée d'un -fantastique- taille-crayon électrique, qui, une fois branché, produit régulièrement de petits bruits mécaniques qui rythment ma journée...




dimanche 26 novembre 2017

Thanksgiving, et autres réjouissances du weekend


Ce jeudi nous avons célébré Thanksgiving à la maison, accompagnés d'une (petite) quinzaine de personnes (tout particulièrement) affamées. J'ai eu l'occasion de tester la sauce aux canneberges maison, que j'ai agrémentée de cognac, de noix de pécan et de zestes d'orange (on ne se laisse pas aller !). La dinde traditionnelle était préparée par des amis, ce qui a permis de libérer le four pour d'autre réjouissances gustatives. La farce a cuit séparément de la volaille, ce qui ferait hurler les grands chefs français mais a considérablement simplifié les préparatifs culinaires. A peine Thanksgiving terminé, les magasins ont immédiatement commencé à disposer les articles de Noël dans les rayons. Les citrouilles ont été rangées au placard jusqu'à l'an prochain, tandis que les sapins et autres ornements ont été très rapidement sortis. Certains grands magasins, tels que Macy's, avaient déjà sorti les chants de Noël depuis le mois d'Octobre, ce qui, en ce qui me concerne, était légèrement perturbant avec des températures encore caniculaires et humides, bien loin des températures de Noël. De notre côté, j'ai finalement sorti notre sapin en plastique du placard, mais j'ai tardé encore quelques heures avant de le décorer. C'est désormais chose faite, les préparatifs de Noël sont officiellement lancés. Ce weekend a aussi été l'occasion d'assister à mon premier match de basket sur le sol américain. Amaury s'est aussi bien amusé, entre l'équipe des pompom girls et autres cheerleaders, les publicités sur grand écran, les interruptions de match et autres animations, très similaires à celle d'un match de baseball, mais bien sûr, sur une durée beaucoup plus courte. Le weekend s'achève ce soir, pour une dernière ligne droite avant les fêtes de fin d'année. Il va être difficile de mettre nos estomacs au repos après les orgies gastriques de Thanksgiving, car je dois dès à présent tester des recettes pour Noël. Alors, en attendant le grand repas test de ce soir, je profite de la sieste d'Amaury pour parcourir les catalogues de Noël, car Christmas is just around the corner...

La traditionelle Pumpkin pie, revisitée à la française
L'équipe de UM a complètement détruit l'équipe adverse

mercredi 8 novembre 2017

"The good immigrant"


"You are a good immigrant". Il y a de ça quelques années, j'ai entendue cette phrase ô combien polémique de la bouche d'une maitre de stage peu précautionneuse. Si l'expression se voulait un compliment, je l'ai reçu comme une véritable insulte en pleine figure. Au-delà des mots, cette notion de "bon immigrant" dressait l'emphase sur ma peau peu propice au bronzage, sur mes origines françaises (pays développé), et sur mon expérience universitaire (un peu trop) remplie. Implicitement, cette petite remarque m'a beaucoup perturbée. Etre née dans un pays riche (la France) et avoir eu l'occasion de faire des études n'est pas quelque chose que j'ai spécialement mérité. Certaines classes économiques américaines ont la fâcheuse tendance de penser que les classes défavorisées "méritent" leur sort, et qu'elles ne peuvent s'aider qu'elles mêmes. En gros, si tu es pauvre, tu le dois certainement avoir quelque chose à te reprocher. Donc, face à cette maitre de stage, qui avait (à l'époque) tout pouvoir sur mon futur académique, je n'ai rien su répondre. Et pourtant, des années plus tard, je rejoue souvent le scénario dans ma tête, et je tente de formuler une réponse à cette incroyable histoire implicitement teintée de racisme et de préjugés. Pour faire simple, selon certains américains, il existe deux types d'immigrant. L'immigrant riche, blanc, éduqué, et plurilingue (de fait, désirable), et l'immigrant bronzé, pauvre, si possible d'une religion différente, et bien sûr, non éduqué (totalement indésirable). Depuis l'arrivée de notre puppet president Trump, les immigrants, légaux et illégaux, ont commencé à se faire du souci. J'ai eu la chance de venir ici sous l'ère Obama, et d'obtenir ma citoyenneté américaine il y a plus de trois ans. Les Etats-Unis sont un pays d'immigration. Mais le monde commence à changer de face depuis que Donald a accédé à la maison blanche. Les inégalités et les pensées discriminantes sont devenues quotidiennes. Ici, il n'est pas interdit de dire haut et fort que l'on est raciste, et que l'on méprise d'autres individus au prétexte de leur origine, religion ou couleur de peau. Il suffit de ne pas inciter à la haine raciale et de ne pas troubler l'ordre public. La constitution américaine protège la liberté d'expression. Les négationnistes, par exemple, se font la part belle sur le sol américain. Alors, si je cessais d'être simplement observatrice et que je commençais à dénoncer ces propos répréhensibles ? Après tout, j'ai le droit d'exprimer mes opinions politiques, n'en déplaise aux affreux conservateurs américains...

mardi 31 octobre 2017

Halloween aux Etats-Unis


J'ai déjà eu l'occasion d'écrire un certain nombre de billets sur Halloween aux Etats-Unis au cours des années précédentes. Sous les palmiers, l'ambiance est bien différente. A l'école, j'ai été surprise de voir que peu d'enfants avaient un costume. Peu de profs avaient joué le jeu, bien que les allées et les préaux soient totalement décorés de fausses pierres tombales, de toiles d'araignées, de squelettes et d'autres réjouissances dans le genre. L'année dernière, dans mon autre école (nettement plus privilégiée, il faut bien l'avouer), tous les membres de l'équipe pédagogique étaient déguisés, de la standardiste à l'employé de la cantine, des profs aux administrateurs. Tous les enfants étaient costumés. Cette année, changement de décor. Seules deux autres institutrices étaient réellement habillées pour l'occasion. Et j'ai dû voir quatre ou cinq costumes d'enfants sur une école qui compte près de 200 élèves. Heureusement, j'avais préparé (des monceaux) de friandises et d'activités en lien avec Halloween, histoire d'égayer un peu la journée de ces enfants (très) défavorisés. Les fausses araignées en plastique ont eu un succès fou, de même que les dents de vampire qui brillent dans le noir (elles sont parties comme des petits pains) et les autocollants en forme de tête de mort. J'ai vu beaucoup de sourires, les enfants étaient tous très motivés, et la journée a été une véritable réussite. A la crèche, Amaury était aussi déguisé, de façon un peu plus élaborée que sa mère (j'avais juste un serre-tête en forme d'oreilles de tigre, assorties à une jolie queue mouchetée). Son costume d'officier de police lui allait comme un gant (bien qu'un poil trop grand). Pas d'arme à feu pour ce déguisement, il nous réclamera sans doute bien assez tôt de ces cochonneries sans qu'on lui en fournisse prématurément. Je suis sûre qu'il va nous rapporter un gros sac de friandises ce soir, et j'avoue que si je n'avais pas moi-même dévoré un sac entier de mini twix, j'en aurais bien aussi goûté...


lundi 30 octobre 2017

Une première vague de "froid"


Tout est relatif. La notion de "fraicheur" s'accorde peu avec la climat de la Floride du Sud. Les palmiers ne poussent que dans les régions chaudes et humides, et la mer approche facilement les 28°C. Cela étant, les températures ont malgré tout beaucoup baissé ce weekend. Il fallu ressortir les petites manches (mais pas le manteau tout de même !), la climatisation s'est arrêtée, et les promenades en extérieur sont devenues d'autant plus agréables. J'en aurais presque oublié la sensation  étrange et légèrement désagréable d'être engoncée dans un pantalon et des chaussettes. La fraicheur arrive d'ailleurs à point nommé pour Halloween, prévu demain. Les chocolats glanés aux alentours ne risquent plus autant de fondre en quelques secondes, ce qui permettra (peut-être) d'en garder quelques-uns plus longtemps. A moins que mon appétit exacerbé par des températures (pseudo-polaires) n'engendre une orgie gustative intempestive. Je peaufine les derniers détails de mon costume d'Halloween, à porter demain, tandis que je prépare les goodies et autres treats pour mes petits élèves. D'ici-là, sortez vos moumoutes, l'hiver à 19° vient de commencer. 

vendredi 20 octobre 2017

Les pharmacies aux Etats-Unis


Il serait aisé de croire que les photos illustratrices de cet article ont été prises dans un banal supermarché, dans une grande surface quelconque, ou autre centre commercial alimentaire. Mais non.  Ces photos ont été prises dans une pharmacie américaine. Une pharmacie typique, comme toutes les autres. Besoin d'un pack de bière en urgence car des amis arrivent à l'improviste ? Pas de problème, un petit saut à la pharmacie et le tour est joué ! Besoin de piles pour le jouet bruyant et pénible de ton gamin ? Aucun souci, la pharmacie en vend ! Des céréales pour le petit déjeuner, aux chargeurs de téléphones portables, en passant par des paquets de chips aux oignons, les pharmacies américaines vendent à peu près tout ce qu'on peut imaginer. Et bien sûr, ces établissements vendent aussi -accessoirement- des médicaments. Si une grosse partie de ces médicaments est en accès libre (les anti inflammatoires, la crème aux corticoïdes, les antihistaminiques, les vitamines... ), une autre partie est invisible aux yeux des clients. Il faut se rendre à un guichet, où l'on peut demander en toute discrétion qui une crème pour des hémorroïdes gênantes, qui des médicaments prescrits par leur médecin. Ici, plus besoin d'ordonnance papier. Dans la plupart des cas, le bureau du médecin (plus proche d'un mini-hôpital que d'un cabinet libéral français) se sera chargé d'envoyer directement ladite ordonnance électronique à la pharmacie. Pour se réapprovisionner en pilules-miracle, il suffira alors d'appeler la pharmacie et de renseigner auprès du serveur automatique votre nom et date de naissance (impossible de parler à un véritable interlocuteur, sauf si vous êtes mourants). Les médicaments prescrits seront alors préparés dans un joli sachet opaque (afin d'en dissimuler le contenu), prêts à ce que vous passiez les chercher. Nous sommes donc bien loin des pharmacies françaises, où le pharmacien vous conseille et où les produits de parapharmacie recouvrent la majorité de la surface du magasin. Les médicaments américains sont d'ailleurs empaquetés dans des bouteilles recouvertes de votre nom. Le médecin ne prescrit pas un nombre de jours de traitement, mais un nombre défini de cachets. Aussi, si le coeur vous en dit, vous pouvez recevoir un petit flacon de 19 pilules exactement. Des techniciens de pharmacie se chargent de préparer ces flacons, issus de commandes en gros desdits médicaments. Je suis encore un peu perturbée de ce système, qui, s'il a l'avantage d'autoriser à peine plus de discrétion, ressemble de façon surprenante à faire ses courses au supermarché. Nos pharmaciens français, parfois surnommés "épiciers", seraient probablement atterrés de devoir vendre du lait et de la litière pour chat en plus des traditionnelles boites d'aspirine. Je dois d'ailleurs terminer cet article un peu brutalement. J'ai urgemment besoin d'oeufs, d'ampoules 11 watts, et de sopalin. Et si je faisais un petit saut à la pharmacie pour me réapprovisionner ?



dimanche 1 octobre 2017

Un jour à l'aéroport

Tandis que j'attendais ma soeur à l'aéroport de Miami aujourd'hui, je regardais inlassablement les centaines de visages défiler et les voyageurs étreindre les membres de leur famille à leur arrivée. Certains souriaient ou criaient de joie, tandis que d'autres couraient ou laissaient chanceler leurs valises pour courir plus vite... Un jeune homme à côté de moi, qui me semblait à peine sorti de l'adolescence, attendait nerveusement un bouquet de fleurs à la main. Il guettait sa montre, à peu près toutes les minutes, et scrutait minutieusement chaque personne qui franchissait les portes d'arrivée dans l'aéroport. Et puis, une très jeune fille est arrivée. Le jeune couple s'est retrouvé, s'est enlacé, et c'était comme si le monde s'était subitement arrêté de tourner. Les dizaines de voyageurs alentours, se sont, presque à l'unisson, soudain arrêté de respirer pendant quelques secondes. Elle venait d'un pays d'Amérique du sud, il vivait visiblement aux Etats-Unis. Et pendant que ces deux-là célébraient leurs retrouvailles, soudain, je me suis vue. J'ai eu subitement comme une impression de déjà-vu. Comme une sorte d'expérience extra-corporelle, un peu étrange, de percevoir ma propre vie de l'extérieur, tout en étant consciente d'être simplement observatrice d'une scène quotidienne dans un aéroport. Une méta-vision presque déroutante, mais presque normale au regard des dernières années qui se sont écoulées. Il y a presque dix ans, j'ai rencontré Logan par hasard. Et dix ans plus tard, on peut vraiment dire que nous en avons connu des absences et des retrouvailles. On peut vraiment dire que nous avons, l'un et l'autre, attendu dans des aéroports, parfois sous la pluie, parfois sous la neige, parfois pendant des heures, parfois moins. Nous avons, nous aussi, scruté notre montre presque chaque minute, et attendu que la terre s'arrête de tourner, le temps de se retrouver. Et il a fallu nous battre pour avoir le droit d'être ensemble. Alors ce soir, j'ai souri en regardant ce jeune couple qui a encore plein de choses à vivre, tandis que de notre côté, notre belle route est loin d'être terminée... 

lundi 18 septembre 2017

Ouragan Irma : dernier épisode



Nous sommes rentrés de Géorgie mercredi denier, après une longue et pénible route où les stations services n'étaient pas toujours approvisionnées. En arrivant à Miami, le courant n'étant toujours pas revenu, nous avons entrepris de vider le frigo et le congélateur (fort heureusement presque vides). Mais la chaleur et des problèmes de plomberie ont forcé notre décision de séjourner chez des amis, le temps que l'électricité ne soit rétablie et que la situation se normalise. Notre maison n'a pas subit de dégât majeur, si ce n'est en extérieur dans le jardin. La palissade est tombée, et notre manguier s'est couché à 45°. Les écoles sont restées fermées toute la semaine dernière. Près de six millions de Floridiens sont revenus chez eux, avec parfois de mauvaises surprises. Arbres arrachés et déplumés, toitures abîmées, les dégâts n'ont fort heureusement pas été catastrophiques. Mais ce qui devait durer deux ou trois jours s'est transformé en un bazar généralisé. Les supermarchés, ouverts quelques heures par jours, branchés sur des générateurs, ont vite été vidés de leurs produits frais. Partout, des tas de branchages et d'arbres morts débités en tronçons se sont entassés le long des routes et des maisons. Certains arbres centenaires ont purement et simplement été scalpés. Les stations services ont progressivement rouvert, lorsque l'électricité est revenue. Des coupures de courant généralisées ont engendré des pannes des feux de signalisation, créant un amas désordonné de voitures, et obligeant les policiers à gérer la circulation aux carrefours majeurs. Et puis, après des jours de galère, notre courant est lui aussi revenu cet après-midi. Nous avons pu regagner notre maison, non contents d'être finalement rentrés et de défaire nos valises. Mais la saison des ouragans n'est pas terminée, et il nous faut garder un oeil sur les Antilles aujourd'hui. L'ouragan Maria est de passage, et j'espère que les dégâts n'y seront pas trop importants...

Les rayons de supermarché, il y a deux jours encore

lundi 11 septembre 2017

Ouragan Irma : épisode 4 (une pénible incertitude)

Front de mer hier, Dimanche 10 Septembre 2017 (photo récupérée sur Google Images)
Après avoir balayé la Floride, l'ouragan Irma s'est finalement décalé vers le Nord-Ouest, se transformant au passage en une tempête tropicale, jusqu'à parvenir jusqu'à nous en Géorgie et au-delà, en Caroline du Sud. Nous savons peu de choses de l'étendue des dégâts dans Miami. Certains amis ont la certitude que leur maison est intacte. A l'heure actuelle, et faute d'information contradictoire, nous espérons que les dégâts sont absents, voire minimes. Le courant a été coupé par les rafales de vent hier matin aux aurores, et à l'heure actuelle plus de 11 millions de Floridiens sont encore dans l'attente qu'il revienne. Il semble, d'après les informations, que les inondations aient touché plutôt les zones côtières, et que notre quartier ait été épargné. De nombreux arbres sont tombés, et les rues sont jonchées de débris. Ici, en Géorgie, nous n'avons pas été affecté par la tempête. Nombreux habitants ont aussi perdu leur accès à l'électricité dans la journée, mais nous avons été épargnés. Nous sommes toujours très bien logés chez nos amis, mais nous commençons a penser au retour. Quid de la suite ? A l'heure actuelle, les autorités déconseillent aux 6 millions de déplacés de revenir immédiatement. Outre les pénuries de carburants, apparemment fréquentes sur le chemin du retour, le courant n'est toujours pas revenu et il pourrait être fort désagréable de rester dans un climat tropical sans réfrigérateur, climatisation ou lumière. D'autre part, si six millions de personnes ont quitté la région de Miami sur quatre ou cinq jours, et dans d'atroces bouchons, il serait peu probable que la situation soit plus agréable si un retour s'échelonnait sur 48 heures. Nous sommes donc en stand by. Il serait bien de rentrer, pour vider et jeter le contenu du frigo, reprendre le travail dès que les écoles vont rouvrir, et aider à débarrasser les débris. Mais l'idée de conduire près de six cents miles avec un petit loulou dans la voiture, sans possibilité de trouver un hôtel non complet sur le chemin, n'est pas forcément réjouissante. Ce soir, notre voisin qui doit travailler à l'hôpital, revient sur Miami, et nous aurons peut-être quelques informations officielles sur l'état extérieur de notre maison, et sur l'état des routes. En attendant, nous essayons de profiter de ces heures d'incertitude pour voir nos amis et éviter de se faire un sang d'encre inutile...

Miami beach ce matin, Lundi 11 Septembre 2017 (photo récupérée sur Google Images)

samedi 9 septembre 2017

Ouragan Irma : épisode 3 (Un regain d'espoir)

Prévisions de possibles trajectoires de l'ouragan Irma à onze heures ce matin, samedi 9 septembre 2017
Nous sommes toujours suspendus aux prévisions météorologiques. Le centre national des ouragans américains donne de bonnes prévisions et informations, mises à jour quotidiennement à des moments clés. Ce matin à onze heures, les nouvelles étaient à peine meilleures qu'elles ne l'étaient il y a deux jours. Il semble (à confirmer) que la trajectoire d'Irma se dirige de plus en plus vers l'ouest, ce qui épargnerait Miami de vents pouvant atteindre plus de trois cents kilomètres par heure. Le risque de destruction partielle n'a pas disparu pour autant, car des tornades latérales sont toujours à craindre, ainsi que des inondations. Des pluies diluviennes sont annoncées, jusqu'à 45 centimètres par endroits,  ainsi que des vagues importantes, qui potentiellement pourraient s'abattre et déverser leurs eaux jusqu'à vingt kilomètres à l'intérieur des terres. Nous croisons les doigts, et pensons très fortement au habitants de la côte ouest de la Floride. Tampa est en plein sur la trajectoire de l'oeil du cyclone, et c'est une ville très densément peuplée. Quant au risque de l'ouragan d'arriver jusqu'à nous, il est faible. A partir du moment où Irma heurte les terres, son intensité devrait diminuer, et elle devrait se transformer en une tempête tropicale, puis un gros orage. Au pire, ici, au fin fond de la Géorgie, nous risquons des coupures de courant mais notre sécurité n'est pas mise en jeu. Le weekend s'annonce stressant, même si la présence de nos amis adoucie largement les angles de cette situation ardue...

jeudi 7 septembre 2017

Ouragan Irma : épisode 2 (Bienvenue en Géorgie)

L'ouragan Irma vu de la station spatiale internationale
Vingt-quatre heures plus tard, nous sommes approximativement 250 miles au Nord de Gainesville, à Macon, en Géorgie, où des amis nous hébergent. La journée a encore été longue, et il a fallu de nombreuses heures pour faire ces quelques centaines de kilomètres. Ca nous a pris la journée, et nous avons choisi différents itinéraires secondaires, moins prisés, moins surchargés, mais beaucoup plus longs. D'autres voyageurs, moins enclins à utiliser leur GPS, se sont retrouvés piégés sur l'autoroute dans d'atroces bouchons, et il semble que certains y soient encore à l'heure où j'écris cet article. Les prévisions météorologiques du jour sont encore moins bonnes que celles d'hier. L'oeil du cyclone pourrait passer à trois miles à l'est de notre maison, autant dire qu'il risque de la frôler de très près.  Le diamètre de l'ouragan est de plusieurs centaines de kilomètre, et je crois qu'il faut désormais espérer un miracle. Irma a fait des dégâts au Nord des Antilles. L'île de Barbuda a été détruite à près de 95%. Saint-Martin est aussi en piteux état. Les informations de ce matin montraient des images terrifiantes de bâtiments rasés par la tempête, où tout est à reconstruire et où les habitants ont simplement tout perdu. L'angoisse monte de notre côté, et même si je continue à me répéter que la sécurité des personnes compte plus que tout, je suis complètement atterrée en pensant à notre petit chez nous. Une autre nuit sans sommeil s'annonce, ajoutant à nos cernes déjà passablement marquées...

mercredi 6 septembre 2017

Ouragan Irma : épisode 1 (Sauve qui peut !)

Prévisions de trajectoire de l'ouragan Irma à 21 heures, Mercredi 6 Septembre 2017
Et nous sommes donc partis ce matin vers le Nord, pour anticiper l'arrivée de l'ouragan Irma. Un bon trajet de neuf heures, qui aurait dû en prendre cinq, mais qui s'est éternisé. J'aimerais bien dire que c'était à cause d'un bébé de dix-sept mois, qui avait besoin de pauses fréquentes, mais que nenni. Amaury a été un véritable ange, car il a très bien supporté ces heures interminables dans les bouchons. Nous n'étions pas les seuls sur la route, loin de là. La plupart des personnes du sud de la Floride qui en avaient les moyens étaient eux-aussi incités à évacuer. Les autres préparent au mieux leur départ, ou au pire leur présence -risquée- en bordure d'océan. Au risque de vent violent s'ajoute le risque de trombes d'eau, de vagues immenses et d'inondations. Alors nous sommes bien mieux où nous sommes actuellement, tout du moins ce soir, au Nord de la Floride dans la petite bourgade de Gainesville. L'hôtel, ainsi que tous les hôtels entre ici et Atlanta, sont pleins à craquer. Demain, nous reprenons la route pour la Géorgie, où des amis vont nous héberger. La suite ? Impossible à prévoir. La sécurité des personnes vient bien évidement avant celles des biens matériels. Mais c'est le coeur bien lourd ce matin que nous avons bouclé notre maison, regardant hâtivement chaque pièce, se demandant si nous la reverrions entière, en bon état, inondée, ou envolée. C'est un drôle de sentiment que de laisser son foyer derrière soi, sans savoir si l'avenir sera clément ou tourmenté. J'ai vraiment eu mal au coeur en plaçant nos objets sentimentaux mais trop encombrants pour être emportés, au-dessus du frigo et au-dessus des placards de cuisine, afin de pallier une possible inondation. J'ai aussi ce soir une pensée toute particulière pour les habitants des îles de Saint-Martin et de Saint-Bart, qui ont pris cher aujourd'hui. Irma se dirige tout droit vers le Nord de Porto Rico, et de Cuba. Impossible de prévoir sa trajectoire exacte, mais la péninsule Floridienne sera forcément sur son trajet. Demain matin nous reprenons la route pour Macon, en Géorgie. Une autre journée désagréable nous attend, entassés dans la voiture et dans les bouchons, mais nous n'avons pas le choix. Alors, au moment où je finis d'écrire cet article, je pense que la nuit qui vient risque d'être une nuit sans véritable sommeil...

lundi 4 septembre 2017

Not looking so good


Tout peut encore changer. Aucune raison de s'affoler pour l'instant. Mais, l'ouragan Irma, maintenant classé de catégorie 4, a une trajectoire qui risque bien d'arriver jusqu'en Floride. Au cas où, nous avons prévu d'évacuer en voiture bien avant que la tempête n'arrive, et avons réservé une chambre d'hôtel à Macon, en Géorgie (à huit heures de route plus au nord et à l'intérieur des terres, loin des côtes). La chambre d'hôtel peut être annulée jusqu'à mercredi soir minuit, ce qui nous laisse le temps de voir si l'ouragan risque vraiment d'arriver jusque ici. Tout est possible. L'oeil du cyclone peut dévier vers le Golf du Mexique, ou être renvoyé vers l'Atlantique. Les météorologistes suivent sa trace nuit et jour, et nous croisons les doigts pour que ce ne soit qu'une grosse agitation sans conséquences pour la Floride, comme l'an dernier. Notre maison a des fenêtres anti-ouragan, ce qui est bien et augmente la sécurité si l'on restait, mais nous ne voulons pas prendre de risques. Au pire des cas, il nous faudra prendre la route jusqu'à Traverse City, Michigan (à 24 heures de route de Miami en voiture !), où ma belle famille réside. Ce serait vraiment en cas de scénario catastrophe, où la maison s'envole, où Amaury ne pourrait pas rester dans un shelter pendant des semaines entières. Alors, on croise les doigts, on croise les orteils, et on attend de voir ce qui va se passer dans les deux prochains jours...

vendredi 1 septembre 2017

Vivre avec la menace d'un ouragan


Depuis l'an dernier, j'avais un peu rangé dans un coin de ma tête le risque de survenue d'un ouragan en Floride (voir les articles sur l'ouragan Matthew ici, ici et ici). Nous nous étions préparés au pire, et puis l'abominable tempête était finalement passée beaucoup plus au nord. Mais, chaque année, du premier Juin jusqu'au mois de Novembre, le risque est réel. Le Texas en a d'ailleurs fait les frais il y a quelques jours, et ça a été une catastrophe historique. C'est toujours une catastrophe au moment où j'écris cet article d'ailleurs, et il faudra plusieurs mois pour réparer les dégâts. Les autorités ont parlé d'une crue millénaire... Il a plu en trente-six heures plus d'un mètre cinquante de pluie, le tout sur un terrain proche du niveau de la mer et argileux. La combinaison gagnante pour une tragédie matérielle et humaine. Ici, à Miami, nous ne sommes pas à l'abri d'une situation similaire. Bien que le sol soit de nature à absorber la pluie plus facilement, la proximité de la mer n'arrangerait pas les choses, et la région où nous habitons accueille près de six millions d'habitants. En cas d'évacuation forcée, ce serait une belle pagaille. Actuellement, nous suivons de très près la trajectoire d'Irma, tempête tropicale potentiellement ré-estimée ouragan de catégorie 3, qui pourrait arriver jusqu'au sud de la Floride. Pour l'instant, seuls l'archipel des Antilles et Porto Rico sont menacés, mais rien n'empêche que le phénomène météorologique ne se propage jusqu'à nous. Si c'était le cas, il faudrait des jours pour que ce monstre fait de vents et de pluie atteigne nos côtes. Alors, dans le doute, nous avons déjà préparé ce dont nous pourrions avoir besoin. Une grosse boîte en plastique a été remplie de boites de conserve et de nourriture non périssable, de lampes de poche, de piles, d'une radio, de gros jerricanes d'eau, de bougies, et d'allumettes. Tout ça au cas où ne puissions pas évacuer si Irma pointe le bout de son nez. On ne peut pas plaisanter avec ça. Logan a vécu Katrina en Louisiane, et nous sommes tout simplement obligés de vivre avec cette éventualité. C'est un genre d'épée de Damocles, qui disparait en hiver, et qui revient nonchalamment en été. Et si tel était le cas, on tenterait tout pour prendre n'importe quel vol pour nous emmener loin de Floride...


lundi 21 août 2017

Eclipse solaire


Aujourd'hui, une belle éclipse de soleil était visible sur le sol américain. Si elle était totale en Caroline du Sud et dans d'autres états, elle n'était que partielle à Miami et j'avais initialement un peu ignoré sa venue, considérée comme exceptionnelle. Ma première éclipse date de mon enfance, vers l'âge de neuf ou dix ans. Chez des amis, un masque de soudeur m'avait permis d'admirer une belle éclipse partielle pendant quelques minutes. Ma première éclipse totale, en revanche, date du 11 Août 1999, où elle était visible en France. J'étais à Chamonix ce jour-là, et j'ai un souvenir un peu magique de cette sensation de fraicheur en altitude lorsque la lune avait occulté le soleil. C'était une véritable nuit en plein jour, tandis que seul un minuscule fil de lumière perçait tout autour de cette lune noire. J'avais aussi, ce jour-là, des lunettes spéciales qui m'avaient permis d'observer l'événement en toute sécurité. Aujourd'hui, c'est une autre histoire. Pas de lunettes spéciales, pas d'équipement de soudeur, rien à disposition pour éviter de se brûler les mirettes. Alors, j'ai pu apprécier les sensations depuis l'intérieur de la maison (un léger assombrissent des pièces, sans plus), mais faute de pouvoir regarder le soleil directement (on ne rigole pas avec ça), je n'ai rien vraiment remarqué d'inhabituel, et j'ai regardé l'événement en live à la télévision. J'aurais beaucoup aimé avoir à disposition les fameuses lunettes, mais impossible de s'en procurer nulle part... La prochaine éclipse solaire aura lieu en 2024 aux Etats-Unis, mais sa trajectoire sera sans doute trop au Nord pour qu'on puisse admirer l'événement de la Floride. Alors il faudra se rabattre sur les éclipses lunaires, et la prochaine est prévue pour 2018...


dimanche 20 août 2017

La fin des vacances


Les fruits locaux
Ce dimanche marquait officiellement la fin de mes congés d'été, car je reprends demain les bancs de l'école. Et comme orthophoniste. Je vais retrouver mes petits élèves, et nager en eaux connues avec deux des trois écoles fréquentées l'an dernier. Ce dimanche était donc la toute dernière occasion de profiter encore un peu de ce temps libre. Nous avons exploré le marché de producteurs de Pinecrest, qui vend des fruits locaux plus ou moins bizarres, et les jardins de Pinecrest, qui ont un petting zoo et autres activités pour les enfants. Amaury a particulièrement apprécié la sortie. Demain, il rentre en pré-petite section de maternelle (Pre-K 1) et il va devoir porter (à mon grand dam !) un uniforme. Les règles de la crèche/école sont strictes, et il ne peut pas y déroger. C'était une grande surprise pour moi, qui n'ai pas connu l'heure de l'uniforme à l'école française... Je dois aussi avouer que je trouve ça un peu ridicule que de faire porter des uniformes à de petits enfants de un an à peine. Mais je me plie aux habitudes locales, et j'ai de fait acheté des petits polos à l'effigie de l'école. Je trouve qu'habillé avec son uniforme, mon fils fait un peu trop prétentieux. The Learning World Academy. Avec un nom pareil, c'est sûr que la prétention est de mise ! Dans tous les cas, demain, il va falloir reprendre le rythme, car les vacances ont assez duré. Finies les grasses matinées (jusqu'à sept heures trente du matin, je suis quand même une maman !), à nous les journées marathon chargées ! Et ce soir, tout le monde au lit de bonne heure, les sacs prêts, et le coeur emplit d'impatience pour cette nouvelle année...



mardi 1 août 2017

CCC-SLP !!!


En 2011, en posant les pieds sur le sol américain avec mes valises, je n'avais jamais imaginé que j'allais passer les années suivantes à me battre pour pouvoir continuer à exercer ma profession. Après moultes pérégrinations administratives et des mois de procédure, mon diplôme français n'avait pas été reconnu comme équivalent au diplôme américain, et j'avais à l'époque deux choix possibles. Choix numéro un : changer de voie et de carrière, et mettre au rebut mes gallons d'orthophoniste (et me lancer en pâtisserie, ou dans les neurosciences). Choix numéro deux : garder la tête haute et recommencer mes études -en anglais- pour pouvoir continuer à faire ce métier tant aimé. L'histoire a fait que j'ai choisi de m'accrocher. Et nous y voilà finalement, bien des années plus tard, un master de Speech and Language Pathology en poche, un nouveau mémoire écrit, de nombreux stages et une année de clinical fellowhsip validés, j'ai finalement reçu officiellement ma certification de l'American Speech-Language and Hearing Association (ASHA) il y a quelques jours. Qu'est ce que ça change concrètement pour moi ? Depuis un an, j'ai pu exercer en Floride avec une certification provisoire. La certification que je viens d'obtenir est elle, définitive (ou presque). Il me faut poursuivre ma formation continue (10 heures par an requises par l'ASHA et 18 heures par an requises par le Board of Speech and Language Pathology de l'état de Floride). Je peux maintenant exercer sans contraintes, ni limites, et j'ai l'impression qu'un énorme poids s'est tout simplement envolé. Il en aura fallu des heures de travail sans relâche, des heures de paperasse et de formation, pour finalement arriver à ce résultat. Alors je célèbre l'évènement en famille. Ma famille américaine aura, notamment, beaucoup contribué à cette réussite et il est bien normal que j'en savoure le goût avec eux...

dimanche 30 juillet 2017

Michigan


Après une dizaine de jours à Miami, nous nous sommes envolés pour le Michigan où Mimi et Grandpa avaient hâte de voir d'Amaury. Nous sommes tout au nord des Etats-Unis, parfois plus au nord que certaines région du Canada. Le climat est clément et frais, (voir froid en soirée), et la proximité du lac Michigan rend la région particulièrement agréable. Aux plantations de houblon (la bière étant la boisson numéro un locale) se succèdent les petites fermes de campagne et les vignobles. Je n'ai encore pas goûté les vins locaux, mais compte bien en trouver l'occasion dans la semaine qu'il nous reste ici. Les vignes qui résistent au froid semble être l'apanage du coin, et je m'attends à trouver des vins de glace (icewine) et des petits rieslings comme en Alsace. Du reste, les pommiers et les cerisiers font partie du décor et nous arrivons à peine tard ou bien trop tôt pour en déguster les fruits. Amaury a découvert les joies des parcs pour enfants. Le toboggan et la balançoire continuent d'être ses activités favorites. Logan et moi avons fait plus de trente miles en vélo hier (des vélos à assistance électrique, très pratiques pour des non-sportifs comme moi !) pour rejoindre la petite ville de Suttons Bay. Nous sommes basé à Traverse City, où le festival de films d'auteurs bat son plein cette semaine. C'est aussi (pour la petite anecdote) la ville où a été tournée le film pour adolescents American Pie 2. Le lac est splendide, aux couleurs dignes de beaux atolls du Pacifique, mais l'eau est froide. Nous n'avons d'ailleurs pas tenté de baignade ici, qui semble moins tentante que l'eau de Miami à plus de trente degrés. Il nous reste encore plusieurs jours à profiter de ce beau climat, de la famille, et des spécialités locales. Alors profitons, car la rentrée semble arriver à vitesse grand V... 

vendredi 14 juillet 2017

De retour à Miami


La fin du séjour en France est passée à la vitesse de la lumière. Quelques jours à Paris (sans enfant), suivis d'une semaine en famille, sont passés plus vite que prévu. Les derniers jours, nous avons fait le plein de mets introuvables à Miami (ou à prix d'or). Foie gras truffé, mille-feuille, vins de Bourgogne, joue de boeuf, côte de boeuf, et autres délicatesses du palais nous ont rempli l'estomac. Le dernier jour, les bagages ont été fait soigneusement, histoire de rentabiliser la place et le poids des valises. Chocolat français, crème de marron, vin de paille, macvin et autres bricoles sont venus boucher les trous restants. Le voyage s'est passé sans encombres, mais a été tout simplement interminable. Je dirais en toute honnêteté qu'un bébé de quinze mois remuant y est sans doute pour quelque chose... Dix-neuf heures après avoir quitté le Jura, nous avons retrouvé avec grand plaisir notre maison. Le décalage horaire, normalement plus "facile" dans ce sens là, a été assez rude. Amaury s'est réveillé (pour la journée) à trois heures du matin le premier jour (les yeux piquent dans ces cas là), puis cinq heures le deuxième jour (ce qui reste trop matinal à mon goût, en toute franchise). Et comme il dort très peu en journée, son papa et moi-même avons eu peu de temps pour récupérer. Nous sommes encore en train actuellement de travailler à son réveil, qui serait (soyons fou et optimiste !) idéal après six heures du matin. Reste à le tenir éveillé le soir, ce qui n'est pas évident vu l'énergie qu'il dépense dans la journée. Alors nous reprenons notre routine américaine. La semaine prochaine, il retourne à la crèche, tandis que je vais suivre un cours intensif d'espagnol. Puis, fin Juillet, nous nous envolerons pour le Michigan, où Mimi et Grandpa nous attendent avec impatience. L'été se poursuit, sous une chaleur étouffante, et il sera appréciable de sortir du climat floridien pendant quelques jours...

dimanche 25 juin 2017

Une semaine éprouvante


Après une arrivée en  France sans encombres et quelques jours très agréables, les choses se sont gâtées puisqu'Amaury est tombé malade. La semaine s'est terminée aux urgences dans la nuit, le petit loulou ayant 41° de fièvre et n'étant plus capable de s'hydrater. Bilan des courses : trois jours d'hospitalisation en pédiatrie, une sacrée dose d'antibiotiques et une vilaine intra-veineuse plus tard, il est totalement remis sur pieds ! Je suis de mon côté complètement à plat, après des nuits sans sommeil ou presque et très morcelées, qui m'ont vaguement rappelé les premières heures de sa vie, où mes cernes étaient devenues des valises et où une sieste de deux heures avait tout simplement le pouvoir de me sauver la vie. L'équipe de l'hôpital a été super, très compétente, très bienveillante. J'ai eu quelques pensées pour les parents qui fréquentent assidûment les services de pédiatrie et dont les enfants ont une maladie chronique ou difficile à traiter. Leur situation n'a vraiment rien de comparable. Pour Amaury, rien de grave heureusement et les choses se sont bien arrangées, mais inutile de dire que l'heure est maintenant à la récupération physique et mentale...

lundi 19 juin 2017

Home, sweet home

Lac de Chalain, plage de Doucier
Une semaine de pur bonheur dans mon cher Jura, rien de tel pour nous remettre du décalage horaire. Si le voyage s'est plutôt bien passé (Amaury ayant dormi une bonne partie du vol entre Miami et Madrid), il a quand même fallu une paire de jours pour se remettre de ce long trajet, le tout, bien sûr, aidés par la gastronomie locale et le soleil quotidien. Rien n'a changé ici, ou presque. Le comté est toujours aussi bon, le Macvin toujours aussi appréciable, et les corniottes toujours aussi croustillantes. Nous sommes arrivés à temps pour la cueillette des fraises. Amaury s'est retrouvé assis, dans les fraisiers, à picorer les fruits mûrs à point, le menton dégoulinant de jus et les joues roses de plaisir. Chez Mamie, il a aussi mangé une bonne livre de framboises, et a dit bonjour au chien. Il est obsédé par les animaux, et a pu admirer de près des poneys, des vaches, et bien sûr, le chat de mes parents qui lui, s'est bien gardé de s'approcher d'un petit Loulou curieux mais chenapan sur les bords. A Miami, notre maison n'a qu'une seule marche, aussi Amaury a également découvert ici les escaliers, et la balançoire. La montée est facile, à quatre pattes, mais la descente est "en cours d'apprentissage". Du reste il réussit à ouvrir toutes les portes, et l'on ferme le portail du jardin pour s'assurer qu'il reste loin des voitures. Bref, une belle petite semaine vient de s'écouler, et ce n'est que le début. Bientôt, j'irai faire un tour du côté de Besançon, puis à Paris pour quelques jours. Je savoure chaque journée, sous un soleil radieux et un ciel bleu sans l'ombre d'un nuage...

vendredi 9 juin 2017

Prêts à décoller !


Les valises sont (presque) prêtes, la maison est (à peu près) rangée, les passeports sont à portée de main,  le sac à langer déborde, les billets d'avion sont imprimés, et tant mieux, car demain, nous nous envolons pour la France ! Un an, 364 jours exactement se sont écoulés depuis notre départ l'an dernier. Je me revois, le cosy à la main, les bagages lourds et pleins à craquer, partant pour la Pennsylvanie... Cette année les bagages sont plus petits, mais malgré tout conséquents. La faute à un petit loulou qui a besoin de beaucoup de bordel d'affaires, et je préfère, de toute façon, être bien équipée. Je compte les heures. Je compte les minutes.  Je compte les secondes. Je sautille comme une puce. Et il est probablement inutile de préciser que je vais m'endormir, ce soir, la tête pleine d'impatience et de rêves français...

lundi 5 juin 2017

Une année à l'école


Nous y sommes. Cette année scolaire touche à sa fin à Miami et je suis contente de ranger mes cahiers et jeux d'orthophonistes pour l'été. Les petites frimousses souriantes de mes étudiants vont me manquer (un peu), même si je suis ravie de pouvoir souffler et de profiter de ce temps pour me reposer (si toutefois Amaury se remet à dormir passé cinq heures du matin) et pour voyager (le départ pour la France a lieu dans quelques jours !). Cette année est passée à une vitesse folle. Elle clôt la fin de mon clinical fellowship, sorte d'"internat" en orthophonie qui me conduit -finalement- à ma certification définitive. Je vais envoyer cette semaine les documents officiels pour obtenir mon Certificate of Clinical Competence, Saint Graal tant attendu. Sept ans se sont écoulés depuis mon premier diplôme en 2010. Sept années à se projeter dans cette vie qui me permet d'exercer dans deux pays et deux continents. Sept années de sacrifices, d'allées et venues entre le pays de l'Oncle Sam et notre bonne vieille France. Sept années chargées, intenses, stimulantes, riches, et inoubliables où j'ai parfois perdu pied (les années de mastère n'ont pas spécialement été reposantes), où j'ai beaucoup appris, et où j'ai changé drastiquement ma pratique et mon approche professionnelle. Et pourtant. J'imagine que je vais poursuivre ces apprentissages tout au long de ma carrière. On ne cesse pas d'apprendre parce qu'on obtient un diplôme ou une autorisation officielle d'exercer. On ne cesse pas d'apprendre au risque de s'ennuyer et de laisser la profession devenir banale et lassante. On ne cesse pas d'apprendre, car chaque terrain d'exercice est différent. Déjà, le monde de l'hôpital, de ses patients, me semble loin. Je n'ai pas tout oublié (loin s'en faut), mais pourtant, je me sens déjà presque rouillée. Il va falloir que je fasse un choix à un moment donné. Vais-je poursuivre mon activité dans des écoles ? Vais-je reprendre ma blouse d'hôpital ou porter mes vieux scrubs ? Je l'ignore encore. Pour l'année à venir, j'ai renouvelé mon contrat. J'ai choisi de poursuivre ma profession à l'école, au risque -peut-être- de me lasser. Amaury est encore petit, et je ne me vois pas renoncer aux horaires scolaires avantageuses, ni aux congés d'été. Pour l'instant et pour l'année qui vient en tout cas. Et puis, ces petites bouilles vont quand même me manquer un peu au cours des prochaines semaines...


lundi 29 mai 2017

Une excursion Floridienne : Naples

La vue depuis notre hôtel 
Naples est une petite ville sur la côte ouest de la Floride, à moins de deux heures de Miami. Nous avons profité de ce long week-end de Memorial Day pour nous y rendre, histoire de visiter les environs et  de se détendre après ce semestre chargé. En bord de mer, et de l'autre côte du parc naturel des Everglades, nous avons passé un très bon séjour. Naples est une ville privilégiée, où les villas de milliardaires face à l'océan jouxtent de magnifiques parcs publiques. Nous avons pu apprécier l'accueil (peu) chaleureux de certains autres touristes (prêts à se battre pour une place de parking) et les magnifiques rues, longées par des rangées d'arbres en fleurs. Les petits restaurants ne manquent pas au centre-ville, très joli et valant largement le détour. Les coffee shops côtoient les vitrines de vêtements chics pour dames (d'un certain âge) et messieurs (plutôt fortunés). Au retour, à mi-chemin, nous nous sommes arrêtés en plein coeur des Everglades (le temps de se faire attaquer par une horde de moustiques sanguinaires et affamés), afin de visiter une jolie gallerie d'art (Clyde Butcher's gallery) appartenant à un artiste de Floride. Ses photos en noir et blanc sont vraiment impressionnantes. Bref, cette petite excursion nous a permis de décompresser un peu avant d'attaquer la toute dernière ligne droite de ce semestre. Dans une grosse semaine, je termine mon année scolaire, et je commencerai mes bagages pour la France. Qu'il me tarde de retrouver mon cher Jura !!!



jeudi 25 mai 2017

La cantine aux Etats-Unis

Le plateau-repas de ce jeudi midi, école publique du Nord de Miami
Qui n'a pas de bons souvenirs de la cantine scolaire en France, où l'on regardait le numéro inscrit au-dessous des verres incassables pour déterminer notre âge ? Qui ne s'est pas un jour amusé à partager une cuisse de poulet après avoir fait une bataille de petits pois ? J'ai des souvenirs extraordinaires de mes midis à la cantine scolaire, où la gastronomie était parfois au rendez-vous (mais pas toujours), et où les repas du lycée était -accessoirement- plutôt proche de la ration de combat que d'un restaurant étoilé. A l'école primaire, j'ai adoré la cantine. Tous les jeudis, j'y restais pour déjeuner et j'avais l'occasion de jouer inlassablement après avec mes camarades. La nourriture était correcte, je me souviens ne jamais m'en être plainte. Au collège, la nourriture était du même acabit. Je finissais les assiettes de mes compatriotes, qui eux n'aimaient rien. Au lycée, le choix alimentaire s'est considérablement dégradé et j'ai de mauvais souvenirs de poulet semi-cuit et croquant, de légumes partiellement décongelés, et de files d'attentes interminables. Mais dans toute cette expérience, je n'ai jamais eu l'occasion de manger un seul repas déséquilibré. Des crudités, des légumes (pas toujours frais), des desserts (pas toujours gastronomiques), et des laitages (pas souvent périmés). Les menus de la semaine étaient variés et contrôlés par une diététicienne. Mon expérience diffère probablement des autres enfants élevés en France. Mais elle est à mille lieues de ce que mes petits élèves mangent à la cantine d'une école publique aux Etats-Unis. J'imagine que les menus sont considérablement différents d'une école à l'autre, et d'une ville à l'autre. Pourtant, j'ai la vague impression que la notion d'équilibre alimentaire ne fait pas partie de la discussion. Ainsi, ce midi, les enfants ont mangé des galettes de maïs fourrées au fromage, du porc frit, du maïs en épi, des chips au fromage, et des quartiers de pomme fraiche (toute épluchée et tranchée industriellement). La boisson ? Du lait nature ou du lait aromatisé au chocolat. Pourquoi pas de l'eau, tout simplement ? Où sont les légumes ? Où sont les couleurs ? Comment peut-on servir ce genre de nourriture dans une école publique ? Dans d'autres écoles où je vais, la cantine n'a pas l'air spécialement plus équilibrée, loin s'en faut. La seule différence en est que les élèves, plus privilégiés, apportent presque tous leur propre repas. Au moment d'aller manger (une demie-heure, top chrono !), les étudiants se saisissent de leur lunch box et se rendent à la cafétéria. Les disparités sociales touchent donc les enfants et leur accès à une alimentation équilibrée. En gros, si l'enfant est privilégié, ses parents lui fournissent un repas maison. Sinon, la nourriture gratuite de l'école est servie, le matin au petit déjeuner, et le midi, au déjeuner. Il a y a tant à faire pour changer ça ! Michelle Obama a beaucoup oeuvré pour changer les habitues alimentaires des enfants américains. Et pourtant, quand je vois toute cette nourriture, je me dis qu'Amaury aura lui aussi, toute sa vie américaine, une lunch box préparée par ses parents....


lundi 22 mai 2017

Les petites bébêtes de Floride

La bien célèbre tortue de Floride, dans son état naturel
La Floride regorge de petits animaux en tout genre, plus ou moins sympathiques. Si certains sont fascinants, d'autres déroutants, la plupart sont bien gentils, mais uniquement de loin. Les oiseaux sont partout. Les aigrettes, les vautours, les toucans, les pélicans, les orioles... une multitude de couleurs criardes qui ne passent pas inaperçues. Les reptiles sont également très présents. Les lézards, bien plus gros que ceux que nous pouvons voir en France, ont un cou rouge qui se gonfle et se dégonfle à volonté, un peu comme un ballon de baudruche. Ils sont accompagnés des iguanes, sortes de mini-dinosaures qui auraient survécu à l'enchainement des millénaires et qui seraient -dit-on- à l'épreuve du temps. Plus gros encore, les alligators. Ils ne sont pas très présents à Miami (fort heureusement !) mais côtoient de très près les petits lacs artificiels et autres mares du coin. Aussi, il est vivement déconseillé de se baigner en dehors des zones autorisées. Chaque année, des histoires sordides de gamins happés par des mâchoires féroces d'alligators sont publiées dans les journaux locaux. Dans le doute, Amaury ne connaitra jamais que les baignades en mer ou en piscine, loin s'en faut. Et en mer, justement, les animaux sont très présents également. Poissons multicolores, lamantins, dauphins... tous sont visibles, à différentes saisons, et côtoient parfois des baigneurs de très très près. J'ai le souvenir de mon cousin et de sa chère et tendre, en Septembre dernier, surpris par un lamantin en bord de plage, qui de loin ressemblait plus à un requin qu'à un gros animal rondouillard et inoffensif. L'ombre sombre du lamantin était entre eux et la plage, ce qui m'a donné froid dans le dos pendant quelques secondes, le temps de réaliser que l'animal n'était pas un requin. Les bêtes les plus petites, en revanche, peuvent être les plus ennuyantes. Les moustiques pullulent dans certains endroits de Floride, et notamment dans les Everglades. Impossible de s'y rendre sans s'enduire d'une bonne couche d'anti-moustique, en tout cas en plein été. A notre grand bonheur, notre poussette est équipée d'une moustiquaire, ce qui évite de tartiner notre mioche d'un tas de cochonneries chimiques mais ô combien efficaces pour repousser ces insectes envahissants. Dans Miami-même, les moustiques ne sont pas si gênants que ça, à condition d'être bien préparés et d'éviter certaines sorties à certaines heures propices à cette bébête dérangeante. Et, en toute honnêteté, je les trouve même moins pénibles que les moustiques de Pennsylvanie en plein été. Si là-bas, si une piqûre mettait plusieurs semaines à cicatriser après avoir triplé de volume, les moustiques d'ici sont moins néfastes et ne piquent "qu'en douceur". Alors puisque l'alerte Zika et désormais levée, il ne reste plus qu'à se protéger du soleil, qui lui, en plein été, peut être particulièrement nocif...

Un alligator des Everglades

lundi 8 mai 2017

Le printemps, c'est l'automne

La Floride a un climat très différent de celui de notre bonne vieille France, loin s'en faut. Deux saisons principales se succèdent : un été chaud et humide, poisseux, transpirant, et un hiver sec, à peine moins chaud, très agréable après avoir vécu en Pennsylvanie centrale. Et le "printemps" est arrivé ici. Les arbres se sont couverts de fleurs, les mangues commencent à pousser, et les feuilles hivernales se retrouvent au sol, remplacées rapidement de jeunes pousses verdoyantes. Le bas-côté des routes est recouvert de ce tapis de feuilles, exactement comme en Automne, à cela près que nous filons tout droit vers l'été. A dire vrai, je ne me lasse pas de ce climat. Je n'ai presque jamais froid, ce qui est un vrai changement par rapport à avant. Les gros manteaux sont inutiles, et une petite brise perpétuelle venue du large nous rafraîchie en journée. A l'ombre, les températures à l'ombre sont très appréciables. N'en reste pas moins vraie que la climatisation est toujours indispensable, notamment la nuit. Petit à petit, les journées se font encore plus chaudes. Le compte à rebours est progressivement lancé : dans un bon mois, nous serons de retour en France, afin de faire rendre visite à la famille. J'ai presque oublié ce que c'est que d'entendre du français à chaque coin de rue. Partout, l'anglais et l'espagnol sonnent à nos oreilles, comme une petite musique familière mais ô combien différente de la langue de Molière. J'ai presque la nostalgie de cette prosodie et de ce vocabulaire. Amaury n'entend pas beaucoup de français, sauf de ses parents, mais il semble que ça ne l'empêche pas de commencer à s'essayer à quelques mots. Je suis épatée de ses progrès rapides. Chaque jour, les mots parlés remplacent les gestes, et il comprend très bien ce qu'on lui dit. Je crois que c'est une chance pour lui que de grandir baigné dans trois langues. Et bientôt, il fera un "stage intensif" de français aux cotés de toute ma famille...

samedi 25 mars 2017

Miam miam



Il n'est pas possible, pour ceux qui me connaissent personnellement, d'imaginer de rester une seule journée sans parler de nourriture. Je suis gourmande, avec une certaine appétence pour le sucré, les desserts, et, de façon générale, de tout ce que le dentiste déconseillerait pour vos dents. Mais j'aime aussi les bons petits plats à la crème, la viande (saignante), les bons fromages et tout ce qui tourne autour de la gastronomie. Alors impossible d'être à Miami et de ne pas vous faire une petite liste des choses qui me sont devenues indispensables. Chose indispensable numéro 1 : la pâte de goyave. C'est bon, c'est hyper sucré, c'est absolument déconseillé en cas de diabète...bref. Un véritable numéro gagnant. Je n'ai encore pas eu l'occasion de déguster des goyaves fraiches qui en valent la peine. Mon souvenir des goyaves des Caraïbes est mémorable mais date des années quatre-vingt-dix, avec un petit gout exactement à mi-chemin entre une poire et une fraise, avec de petits grains croquants pas désagréables au palais. En revanche, à défaut de trouver de vraies goyaves, les desserts à la goyave sont monnaie courante ici. Pas plus tard que cette semaine, j'ai pu déguster un très bon tres leches à la goyave de chez Havana Harry's. Un régal. Et les pastels de guayaba de la patisserie colombienne près de chez nous sont une véritable tuerie. Numéro deux : les plats de poisson frais et les ceviche péruviens. On connait tous le principe du carpaccio. De façon similaire, les ceviche mêlent le jus de citron vert aux épices pour cuire chimiquement et doucement le poisson, servi extrêmement frais et absolument délicieux. Numéro trois : les cocktails locaux. Je suis très très, très fan des mojitos locaux, aromatisés aux fruits. Mon préféré : le mojito à la mûre. Une tuerie incommensurable. Numéro quatre : les sushis fusion. Fusion car pas purement japonais à proprement parler. J'ai le souvenir de sushis à la mangue et noix de coco que nous avions mangé en 2011 à Miami beach... Et enfin numéro cinq : les véritables burgers américains (pas ceux du MacDo, on est bien d'accord). Avec de la bonne viande, si possible des tas de toppings et de bonnes frites maison pour accompagner le tout. Mais ce qui m'a fait le plus envie récemment, c'est de manger un burger tartiflette, avec la recette trouvée sur le site de "Cuisine moi un mouton" (à lire ici). Mais ici, malheureusement, ici le reblochon et les lardons ne courent pas les rues...



samedi 4 mars 2017

Etre orthophoniste aux Etats-Unis : les différences


Il me faudrait des pages et des pages de ce blog pour détailler ma vie d'orthophoniste ici. Il n'y a pas une mais un bon millier de façon d'exercer la profession d'orthophoniste sur le sol américain. De même qu'en France, la speech and language pathologist (ou SLP dans le jargon local) prend en charge les troubles de communication (au sens large) et d'alimentation des nouveaux-nés aux vieillards du quatrième âge. Si mon expérience passée a concerné majoritairement les troubles neurologiques adultes, mon expérience présente est bien différente. Ici, l'orthophoniste exerce en milieu scolaire, et c'est tout à fait normal. Plus de la moitié des thérapeutes américaines passent au moins une partie de leur temps dans les écoles. L'autre partie exerce en salariat (hôpitaux, institutions, centres de recherche...). Seule une infime partie des orthophonistes exercent en libéral. La faute au système de remboursement des soins, beaucoup plus compliqué que notre bonne vieille sécurité sociale, qui requiert l'emploi d'une personne qualifiée à plein temps pour gérer la paperasse et les relations avec les assurances de santé. En milieu scolaire, l'orthophoniste ne prend pas du tout en charge les troubles des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, et dyspraxie par exemple). Les instituteurs spécialisés s'en occupent, et pourtant, il reste pas mal de travail aux orthophonistes. J'aide par exemple les enfants à acquérir un vocabulaire adapté, à savoir suivre des consignes verbales, à améliorer leur morpho-syntaxe et à gérer les troubles pragmatiques. Mes petits élèves (ici, ils ne sont pas considérés comme des "patients") sont bègues, autistes, infirmes moteurs cérébraux, dysphasiques, et ils cumulent (souvent) les troubles DYS. Chaque enfant bénéficie d'un IEP (individualized education plan), qui détaille les accommodations fournies par l'école pour que l'enfant soit accueilli dans une scolarité "normale". Par exemple, les enfants dyslexiques reçoivent les services de l'instituteur spécialisé lors des temps de lecture dans une salle à part, tout en restant avec les autres enfants le reste du temps. Ils ont des aménagements de temps pour les examens, la lecture des énoncés verbalement, et d'autres petits moyens de compensations qui leur permet de progresser. De mon côté, j'interviens majoritairement dans une salle de classe où je vois les enfants individuellement ou en groupe. Les groupes sont assez aléatoires, en fonction de l'emploi du temps (je ne peux pas les voir pendant les heures de matières fondamentales, comme l'anglais et les mathématiques). Les groupes de travail apportent des avantages, mais aussi de nombreux inconvénients. Je reçois régulièrement des emails d'orthophonistes françaises qui aimeraient s'installer ici, et qui me demandent quelles sont les procédures à suivre. Je n'ai malheureusement pas  toujours le temps de leur répondre, mais je les invite à lire ma page spéciale qui apporte quelques informations (à lire ici). Et qui dit planning scolaire, dit vacances scolaires (bon c'est vrai, carrément moins qu'en France !). Du coup, j'attends le Spring Break avec impatience...

dimanche 26 février 2017

Working mom, épisode 2


J'avais déjà abordé le sujet de la maternité en travaillant à plein temps dans un précédent article (à lire ici). Rien n'a véritablement changé depuis, si ce n'est que Logan a de plus en plus de travail et de responsabilités, et que je continue mon activité d'orthophoniste "scolaire" cinq jours sur sept. La crèche continue de nous sauver la vie, avec ses horaires plutôt étendues (de sept heures à dix-huit heures), même si Amaury n'y va pas aussi longtemps (heureusement !). Les journées me paraissent souvent infernales, avec un emploi du temps totalement millimétré, où tout doit être parfaitement organisé pour que rien ne dérape. Il est arrivé que notre petit Loulou parte à la crèche sans nourriture, ou sans biberon, et que l'on doive lui rapporter ce dont il a besoin dans la matinée. Heureusement, nous sommes une véritable équipe, et j'ai la chance de pouvoir compter sur mon homme pour des tas de petites choses à la maison. Les weekends sont rythmés par les besoins du bébé, qui, non content d'explorer chaque recoin de la maison, s'est mis à ouvrir les poignées de porte seul (à tout juste onze mois !) et à comprendre l'ouverture des ficelles de sécurité mis aux placards de cuisine. Tout est soigneusement mâchouillé, trifouillé, trituré et léché en long, en large et en travers. Tout doit être caché, et il faut veiller à ce qu'il ne se blesse pas en tombant. Il a trouvé l'astuce pour ouvrir le panier de linge sale, et il faut constamment l'empêcher d'étaler les chaussettes sales et autres saletés un peu partout dans la maison. Les weekends sont donc plutôt sportifs, chargés, et la semaine serait parfois presque plus reposante que le reste du temps. Je ne sais pas comment font les mamans qui restent à la maison avec leur(s) jeune(s) enfant(s). Je les admire. Je les vénère. Je les respecte énormément. Car je ne me vois pas rester à la maison et avoir uniquement ce rôle de maman. Mon activité, bien que très prenante, est primordiale (pas uniquement financièrement). Alors même si j'attends mon spring break avec impatience, j'apprécie d'avoir un boulot qui me sort de la maison, car rester à la maison, finalement, ce serait presque plus fatigant que de travailler...