lundi 19 juin 2017

Home, sweet home

Lac de Chalain, plage de Doucier
Une semaine de pur bonheur dans mon cher Jura, rien de tel pour nous remettre du décalage horaire. Si le voyage s'est plutôt bien passé (Amaury ayant dormi une bonne partie du vol entre Miami et Madrid), il a quand même fallu une paire de jours pour se remettre de ce long trajet, le tout, bien sûr, aidés par la gastronomie locale et le soleil quotidien. Rien n'a changé ici, ou presque. Le comté est toujours aussi bon, le Macvin toujours aussi appréciable, et les corniottes toujours aussi croustillantes. Nous sommes arrivés à temps pour la cueillette des fraises. Amaury s'est retrouvé assis, dans les fraisiers, à picorer les fruits mûrs à point, le menton dégoulinant de jus et les joues roses de plaisir. Chez Mamie, il a aussi mangé une bonne livre de framboises, et a dit bonjour au chien. Il est obsédé par les animaux, et a pu admirer de près des poneys, des vaches, et bien sûr, le chat de mes parents qui lui, s'est bien gardé de s'approcher d'un petit Loulou curieux mais chenapan sur les bords. A Miami, notre maison n'a qu'une seule marche, aussi Amaury a également découvert ici les escaliers, et la balançoire. La montée est facile, à quatre pattes, mais la descente est "en cours d'apprentissage". Du reste il réussit à ouvrir toutes les portes, et l'on ferme le portail du jardin pour s'assurer qu'il reste loin des voitures. Bref, une belle petite semaine vient de s'écouler, et ce n'est que le début. Bientôt, j'irai faire un tour du côté de Besançon, puis à Paris pour quelques jours. Je savoure chaque journée, sous un soleil radieux et un ciel bleu sans l'ombre d'un nuage...

vendredi 9 juin 2017

Prêts à décoller !


Les valises sont (presque) prêtes, la maison est (à peu près) rangée, les passeports sont à portée de main,  le sac à langer déborde, les billets d'avion sont imprimés, et tant mieux, car demain, nous nous envolons pour la France ! Un an, 364 jours exactement se sont écoulés depuis notre départ l'an dernier. Je me revois, le cosy à la main, les bagages lourds et pleins à craquer, partant pour la Pennsylvanie... Cette année les bagages sont plus petits, mais malgré tout conséquents. La faute à un petit loulou qui a besoin de beaucoup de bordel d'affaires, et je préfère, de toute façon, être bien équipée. Je compte les heures. Je compte les minutes.  Je compte les secondes. Je sautille comme une puce. Et il est probablement inutile de préciser que je vais m'endormir, ce soir, la tête pleine d'impatience et de rêves français...

lundi 5 juin 2017

Une année à l'école


Nous y sommes. Cette année scolaire touche à sa fin à Miami et je suis contente de ranger mes cahiers et jeux d'orthophonistes pour l'été. Les petites frimousses souriantes de mes étudiants vont me manquer (un peu), même si je suis ravie de pouvoir souffler et de profiter de ce temps pour me reposer (si toutefois Amaury se remet à dormir passé cinq heures du matin) et pour voyager (le départ pour la France a lieu dans quelques jours !). Cette année est passée à une vitesse folle. Elle clôt la fin de mon clinical fellowship, sorte d'"internat" en orthophonie qui me conduit -finalement- à ma certification définitive. Je vais envoyer cette semaine les documents officiels pour obtenir mon Certificate of Clinical Competence, Saint Graal tant attendu. Sept ans se sont écoulés depuis mon premier diplôme en 2010. Sept années à se projeter dans cette vie qui me permet d'exercer dans deux pays et deux continents. Sept années de sacrifices, d'allées et venues entre le pays de l'Oncle Sam et notre bonne vieille France. Sept années chargées, intenses, stimulantes, riches, et inoubliables où j'ai parfois perdu pied (les années de mastère n'ont pas spécialement été reposantes), où j'ai beaucoup appris, et où j'ai changé drastiquement ma pratique et mon approche professionnelle. Et pourtant. J'imagine que je vais poursuivre ces apprentissages tout au long de ma carrière. On ne cesse pas d'apprendre parce qu'on obtient un diplôme ou une autorisation officielle d'exercer. On ne cesse pas d'apprendre au risque de s'ennuyer et de laisser la profession devenir banale et lassante. On ne cesse pas d'apprendre, car chaque terrain d'exercice est différent. Déjà, le monde de l'hôpital, de ses patients, me semble loin. Je n'ai pas tout oublié (loin s'en faut), mais pourtant, je me sens déjà presque rouillée. Il va falloir que je fasse un choix à un moment donné. Vais-je poursuivre mon activité dans des écoles ? Vais-je reprendre ma blouse d'hôpital ou porter mes vieux scrubs ? Je l'ignore encore. Pour l'année à venir, j'ai renouvelé mon contrat. J'ai choisi de poursuivre ma profession à l'école, au risque -peut-être- de me lasser. Amaury est encore petit, et je ne me vois pas renoncer aux horaires scolaires avantageuses, ni aux congés d'été. Pour l'instant et pour l'année qui vient en tout cas. Et puis, ces petites bouilles vont quand même me manquer un peu au cours des prochaines semaines...


lundi 29 mai 2017

Une excursion Floridienne : Naples

La vue depuis notre hôtel 
Naples est une petite ville sur la côte ouest de la Floride, à moins de deux heures de Miami. Nous avons profité de ce long week-end de Memorial Day pour nous y rendre, histoire de visiter les environs et  de se détendre après ce semestre chargé. En bord de mer, et de l'autre côte du parc naturel des Everglades, nous avons passé un très bon séjour. Naples est une ville privilégiée, où les villas de milliardaires face à l'océan jouxtent de magnifiques parcs publiques. Nous avons pu apprécier l'accueil (peu) chaleureux de certains autres touristes (prêts à se battre pour une place de parking) et les magnifiques rues, longées par des rangées d'arbres en fleurs. Les petits restaurants ne manquent pas au centre-ville, très joli et valant largement le détour. Les coffee shops côtoient les vitrines de vêtements chics pour dames (d'un certain âge) et messieurs (plutôt fortunés). Au retour, à mi-chemin, nous nous sommes arrêtés en plein coeur des Everglades (le temps de se faire attaquer par une horde de moustiques sanguinaires et affamés), afin de visiter une jolie gallerie d'art (Clyde Butcher's gallery) appartenant à un artiste de Floride. Ses photos en noir et blanc sont vraiment impressionnantes. Bref, cette petite excursion nous a permis de décompresser un peu avant d'attaquer la toute dernière ligne droite de ce semestre. Dans une grosse semaine, je termine mon année scolaire, et je commencerai mes bagages pour la France. Qu'il me tarde de retrouver mon cher Jura !!!



jeudi 25 mai 2017

La cantine aux Etats-Unis

Le plateau-repas de ce jeudi midi, école publique du Nord de Miami
Qui n'a pas de bons souvenirs de la cantine scolaire en France, où l'on regardait le numéro inscrit au-dessous des verres incassables pour déterminer notre âge ? Qui ne s'est pas un jour amusé à partager une cuisse de poulet après avoir fait une bataille de petits pois ? J'ai des souvenirs extraordinaires de mes midis à la cantine scolaire, où la gastronomie était parfois au rendez-vous (mais pas toujours), et où les repas du lycée était -accessoirement- plutôt proche de la ration de combat que d'un restaurant étoilé. A l'école primaire, j'ai adoré la cantine. Tous les jeudis, j'y restais pour déjeuner et j'avais l'occasion de jouer inlassablement après avec mes camarades. La nourriture était correcte, je me souviens ne jamais m'en être plainte. Au collège, la nourriture était du même acabit. Je finissais les assiettes de mes compatriotes, qui eux n'aimaient rien. Au lycée, le choix alimentaire s'est considérablement dégradé et j'ai de mauvais souvenirs de poulet semi-cuit et croquant, de légumes partiellement décongelés, et de files d'attentes interminables. Mais dans toute cette expérience, je n'ai jamais eu l'occasion de manger un seul repas déséquilibré. Des crudités, des légumes (pas toujours frais), des desserts (pas toujours gastronomiques), et des laitages (pas souvent périmés). Les menus de la semaine étaient variés et contrôlés par une diététicienne. Mon expérience diffère probablement des autres enfants élevés en France. Mais elle est à mille lieues de ce que mes petits élèves mangent à la cantine d'une école publique aux Etats-Unis. J'imagine que les menus sont considérablement différents d'une école à l'autre, et d'une ville à l'autre. Pourtant, j'ai la vague impression que la notion d'équilibre alimentaire ne fait pas partie de la discussion. Ainsi, ce midi, les enfants ont mangé des galettes de maïs fourrées au fromage, du porc frit, du maïs en épi, des chips au fromage, et des quartiers de pomme fraiche (toute épluchée et tranchée industriellement). La boisson ? Du lait nature ou du lait aromatisé au chocolat. Pourquoi pas de l'eau, tout simplement ? Où sont les légumes ? Où sont les couleurs ? Comment peut-on servir ce genre de nourriture dans une école publique ? Dans d'autres écoles où je vais, la cantine n'a pas l'air spécialement plus équilibrée, loin s'en faut. La seule différence en est que les élèves, plus privilégiés, apportent presque tous leur propre repas. Au moment d'aller manger (une demie-heure, top chrono !), les étudiants se saisissent de leur lunch box et se rendent à la cafétéria. Les disparités sociales touchent donc les enfants et leur accès à une alimentation équilibrée. En gros, si l'enfant est privilégié, ses parents lui fournissent un repas maison. Sinon, la nourriture gratuite de l'école est servie, le matin au petit déjeuner, et le midi, au déjeuner. Il a y a tant à faire pour changer ça ! Michelle Obama a beaucoup oeuvré pour changer les habitues alimentaires des enfants américains. Et pourtant, quand je vois toute cette nourriture, je me dis qu'Amaury aura lui aussi, toute sa vie américaine, une lunch box préparée par ses parents....


lundi 22 mai 2017

Les petites bébêtes de Floride

La bien célèbre tortue de Floride, dans son état naturel
La Floride regorge de petits animaux en tout genre, plus ou moins sympathiques. Si certains sont fascinants, d'autres déroutants, la plupart sont bien gentils, mais uniquement de loin. Les oiseaux sont partout. Les aigrettes, les vautours, les toucans, les pélicans, les orioles... une multitude de couleurs criardes qui ne passent pas inaperçues. Les reptiles sont également très présents. Les lézards, bien plus gros que ceux que nous pouvons voir en France, ont un cou rouge qui se gonfle et se dégonfle à volonté, un peu comme un ballon de baudruche. Ils sont accompagnés des iguanes, sortes de mini-dinosaures qui auraient survécu à l'enchainement des millénaires et qui seraient -dit-on- à l'épreuve du temps. Plus gros encore, les alligators. Ils ne sont pas très présents à Miami (fort heureusement !) mais côtoient de très près les petits lacs artificiels et autres mares du coin. Aussi, il est vivement déconseillé de se baigner en dehors des zones autorisées. Chaque année, des histoires sordides de gamins happés par des mâchoires féroces d'alligators sont publiées dans les journaux locaux. Dans le doute, Amaury ne connaitra jamais que les baignades en mer ou en piscine, loin s'en faut. Et en mer, justement, les animaux sont très présents également. Poissons multicolores, lamantins, dauphins... tous sont visibles, à différentes saisons, et côtoient parfois des baigneurs de très très près. J'ai le souvenir de mon cousin et de sa chère et tendre, en Septembre dernier, surpris par un lamantin en bord de plage, qui de loin ressemblait plus à un requin qu'à un gros animal rondouillard et inoffensif. L'ombre sombre du lamantin était entre eux et la plage, ce qui m'a donné froid dans le dos pendant quelques secondes, le temps de réaliser que l'animal n'était pas un requin. Les bêtes les plus petites, en revanche, peuvent être les plus ennuyantes. Les moustiques pullulent dans certains endroits de Floride, et notamment dans les Everglades. Impossible de s'y rendre sans s'enduire d'une bonne couche d'anti-moustique, en tout cas en plein été. A notre grand bonheur, notre poussette est équipée d'une moustiquaire, ce qui évite de tartiner notre mioche d'un tas de cochonneries chimiques mais ô combien efficaces pour repousser ces insectes envahissants. Dans Miami-même, les moustiques ne sont pas si gênants que ça, à condition d'être bien préparés et d'éviter certaines sorties à certaines heures propices à cette bébête dérangeante. Et, en toute honnêteté, je les trouve même moins pénibles que les moustiques de Pennsylvanie en plein été. Si là-bas, si une piqûre mettait plusieurs semaines à cicatriser après avoir triplé de volume, les moustiques d'ici sont moins néfastes et ne piquent "qu'en douceur". Alors puisque l'alerte Zika et désormais levée, il ne reste plus qu'à se protéger du soleil, qui lui, en plein été, peut être particulièrement nocif...

Un alligator des Everglades

lundi 8 mai 2017

Le printemps, c'est l'automne

La Floride a un climat très différent de celui de notre bonne vieille France, loin s'en faut. Deux saisons principales se succèdent : un été chaud et humide, poisseux, transpirant, et un hiver sec, à peine moins chaud, très agréable après avoir vécu en Pennsylvanie centrale. Et le "printemps" est arrivé ici. Les arbres se sont couverts de fleurs, les mangues commencent à pousser, et les feuilles hivernales se retrouvent au sol, remplacées rapidement de jeunes pousses verdoyantes. Le bas-côté des routes est recouvert de ce tapis de feuilles, exactement comme en Automne, à cela près que nous filons tout droit vers l'été. A dire vrai, je ne me lasse pas de ce climat. Je n'ai presque jamais froid, ce qui est un vrai changement par rapport à avant. Les gros manteaux sont inutiles, et une petite brise perpétuelle venue du large nous rafraîchie en journée. A l'ombre, les températures à l'ombre sont très appréciables. N'en reste pas moins vraie que la climatisation est toujours indispensable, notamment la nuit. Petit à petit, les journées se font encore plus chaudes. Le compte à rebours est progressivement lancé : dans un bon mois, nous serons de retour en France, afin de faire rendre visite à la famille. J'ai presque oublié ce que c'est que d'entendre du français à chaque coin de rue. Partout, l'anglais et l'espagnol sonnent à nos oreilles, comme une petite musique familière mais ô combien différente de la langue de Molière. J'ai presque la nostalgie de cette prosodie et de ce vocabulaire. Amaury n'entend pas beaucoup de français, sauf de ses parents, mais il semble que ça ne l'empêche pas de commencer à s'essayer à quelques mots. Je suis épatée de ses progrès rapides. Chaque jour, les mots parlés remplacent les gestes, et il comprend très bien ce qu'on lui dit. Je crois que c'est une chance pour lui que de grandir baigné dans trois langues. Et bientôt, il fera un "stage intensif" de français aux cotés de toute ma famille...

samedi 25 mars 2017

Miam miam



Il n'est pas possible, pour ceux qui me connaissent personnellement, d'imaginer de rester une seule journée sans parler de nourriture. Je suis gourmande, avec une certaine appétence pour le sucré, les desserts, et, de façon générale, de tout ce que le dentiste déconseillerait pour vos dents. Mais j'aime aussi les bons petits plats à la crème, la viande (saignante), les bons fromages et tout ce qui tourne autour de la gastronomie. Alors impossible d'être à Miami et de ne pas vous faire une petite liste des choses qui me sont devenues indispensables. Chose indispensable numéro 1 : la pâte de goyave. C'est bon, c'est hyper sucré, c'est absolument déconseillé en cas de diabète...bref. Un véritable numéro gagnant. Je n'ai encore pas eu l'occasion de déguster des goyaves fraiches qui en valent la peine. Mon souvenir des goyaves des Caraïbes est mémorable mais date des années quatre-vingt-dix, avec un petit gout exactement à mi-chemin entre une poire et une fraise, avec de petits grains croquants pas désagréables au palais. En revanche, à défaut de trouver de vraies goyaves, les desserts à la goyave sont monnaie courante ici. Pas plus tard que cette semaine, j'ai pu déguster un très bon tres leches à la goyave de chez Havana Harry's. Un régal. Et les pastels de guayaba de la patisserie colombienne près de chez nous sont une véritable tuerie. Numéro deux : les plats de poisson frais et les ceviche péruviens. On connait tous le principe du carpaccio. De façon similaire, les ceviche mêlent le jus de citron vert aux épices pour cuire chimiquement et doucement le poisson, servi extrêmement frais et absolument délicieux. Numéro trois : les cocktails locaux. Je suis très très, très fan des mojitos locaux, aromatisés aux fruits. Mon préféré : le mojito à la mûre. Une tuerie incommensurable. Numéro quatre : les sushis fusion. Fusion car pas purement japonais à proprement parler. J'ai le souvenir de sushis à la mangue et noix de coco que nous avions mangé en 2011 à Miami beach... Et enfin numéro cinq : les véritables burgers américains (pas ceux du MacDo, on est bien d'accord). Avec de la bonne viande, si possible des tas de toppings et de bonnes frites maison pour accompagner le tout. Mais ce qui m'a fait le plus envie récemment, c'est de manger un burger tartiflette, avec la recette trouvée sur le site de "Cuisine moi un mouton" (à lire ici). Mais ici, malheureusement, ici le reblochon et les lardons ne courent pas les rues...



samedi 4 mars 2017

Etre orthophoniste aux Etats-Unis : les différences


Il me faudrait des pages et des pages de ce blog pour détailler ma vie d'orthophoniste ici. Il n'y a pas une mais un bon millier de façon d'exercer la profession d'orthophoniste sur le sol américain. De même qu'en France, la speech and language pathologist (ou SLP dans le jargon local) prend en charge les troubles de communication (au sens large) et d'alimentation des nouveaux-nés aux vieillards du quatrième âge. Si mon expérience passée a concerné majoritairement les troubles neurologiques adultes, mon expérience présente est bien différente. Ici, l'orthophoniste exerce en milieu scolaire, et c'est tout à fait normal. Plus de la moitié des thérapeutes américaines passent au moins une partie de leur temps dans les écoles. L'autre partie exerce en salariat (hôpitaux, institutions, centres de recherche...). Seule une infime partie des orthophonistes exercent en libéral. La faute au système de remboursement des soins, beaucoup plus compliqué que notre bonne vieille sécurité sociale, qui requiert l'emploi d'une personne qualifiée à plein temps pour gérer la paperasse et les relations avec les assurances de santé. En milieu scolaire, l'orthophoniste ne prend pas du tout en charge les troubles des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, et dyspraxie par exemple). Les instituteurs spécialisés s'en occupent, et pourtant, il reste pas mal de travail aux orthophonistes. J'aide par exemple les enfants à acquérir un vocabulaire adapté, à savoir suivre des consignes verbales, à améliorer leur morpho-syntaxe et à gérer les troubles pragmatiques. Mes petits élèves (ici, ils ne sont pas considérés comme des "patients") sont bègues, autistes, infirmes moteurs cérébraux, dysphasiques, et ils cumulent (souvent) les troubles DYS. Chaque enfant bénéficie d'un IEP (individualized education plan), qui détaille les accommodations fournies par l'école pour que l'enfant soit accueilli dans une scolarité "normale". Par exemple, les enfants dyslexiques reçoivent les services de l'instituteur spécialisé lors des temps de lecture dans une salle à part, tout en restant avec les autres enfants le reste du temps. Ils ont des aménagements de temps pour les examens, la lecture des énoncés verbalement, et d'autres petits moyens de compensations qui leur permet de progresser. De mon côté, j'interviens majoritairement dans une salle de classe où je vois les enfants individuellement ou en groupe. Les groupes sont assez aléatoires, en fonction de l'emploi du temps (je ne peux pas les voir pendant les heures de matières fondamentales, comme l'anglais et les mathématiques). Les groupes de travail apportent des avantages, mais aussi de nombreux inconvénients. Je reçois régulièrement des emails d'orthophonistes françaises qui aimeraient s'installer ici, et qui me demandent quelles sont les procédures à suivre. Je n'ai malheureusement pas  toujours le temps de leur répondre, mais je les invite à lire ma page spéciale qui apporte quelques informations (à lire ici). Et qui dit planning scolaire, dit vacances scolaires (bon c'est vrai, carrément moins qu'en France !). Du coup, j'attends le Spring Break avec impatience...

dimanche 26 février 2017

Working mom, épisode 2


J'avais déjà abordé le sujet de la maternité en travaillant à plein temps dans un précédent article (à lire ici). Rien n'a véritablement changé depuis, si ce n'est que Logan a de plus en plus de travail et de responsabilités, et que je continue mon activité d'orthophoniste "scolaire" cinq jours sur sept. La crèche continue de nous sauver la vie, avec ses horaires plutôt étendues (de sept heures à dix-huit heures), même si Amaury n'y va pas aussi longtemps (heureusement !). Les journées me paraissent souvent infernales, avec un emploi du temps totalement millimétré, où tout doit être parfaitement organisé pour que rien ne dérape. Il est arrivé que notre petit Loulou parte à la crèche sans nourriture, ou sans biberon, et que l'on doive lui rapporter ce dont il a besoin dans la matinée. Heureusement, nous sommes une véritable équipe, et j'ai la chance de pouvoir compter sur mon homme pour des tas de petites choses à la maison. Les weekends sont rythmés par les besoins du bébé, qui, non content d'explorer chaque recoin de la maison, s'est mis à ouvrir les poignées de porte seul (à tout juste onze mois !) et à comprendre l'ouverture des ficelles de sécurité mis aux placards de cuisine. Tout est soigneusement mâchouillé, trifouillé, trituré et léché en long, en large et en travers. Tout doit être caché, et il faut veiller à ce qu'il ne se blesse pas en tombant. Il a trouvé l'astuce pour ouvrir le panier de linge sale, et il faut constamment l'empêcher d'étaler les chaussettes sales et autres saletés un peu partout dans la maison. Les weekends sont donc plutôt sportifs, chargés, et la semaine serait parfois presque plus reposante que le reste du temps. Je ne sais pas comment font les mamans qui restent à la maison avec leur(s) jeune(s) enfant(s). Je les admire. Je les vénère. Je les respecte énormément. Car je ne me vois pas rester à la maison et avoir uniquement ce rôle de maman. Mon activité, bien que très prenante, est primordiale (pas uniquement financièrement). Alors même si j'attends mon spring break avec impatience, j'apprécie d'avoir un boulot qui me sort de la maison, car rester à la maison, finalement, ce serait presque plus fatigant que de travailler...

mardi 21 février 2017

Petites nouvelles incroyables de Février


Le temps passe, il file même, et je me rends compte que je n'ai pas pris le temps de poster un seul article depuis longtemps ! Il faut dire que j'ai été un peu (beaucoup) échaudée par l'élection de Donald Trump. J'avais prévu de détailler ses horribles et atroces faits et gestes dans un long paragraphe, mais, en toute honnêteté, le coeur n'y est vraiment pas. Chacune de ses actions me fait voir rouge ou me déprime, donc je vous demande humblement un joker pour ce sujet-là. A côté de ça, nous sommes très occupés avec le boulot et la routine de la semaine, où chaque minute compte et où nous retenons notre souffle jusqu'au moment du coucher. Les journées marathon se suivent et se ressemblent, et les weekends sont là (heureusement) pour nous  apporter une petite bouffée d'oxygène. J'ai eu la surprise de ma vie ce weekend, lorsqu'en rentrant du travail vendredi, j'ai trouvé ma petite soeur et mon beau-frère à la maison ! Je n'avais aucune idée de leur venue surprise, et j'ai été tout simplement estomaquée. J'ai dû m'asseoir sous le coup de l'émotion, un beau moment inoubliable ! En fait, c'est Logan et Julie qui avaient fomenté cette belle surprise depuis des mois. Les jeunes mariés avaient pour projet de partir au Sénégal en voyage de Noces, mais lorsque leurs plans ont changé, ils se sont bien gardé de me le dire et ils se sont arrêtés vendredi sur leur chemin vers la Jamaïque. Une fois remise de mes émotions (il m'a fallu la nuit pour réaliser que c'était bien réel !), nous avons pu profiter d'un superbe weekend en famille. Ceux qui ont des membres de leur fratrie à l'autre bout du monde savent très bien à quel point ces moments en famille sont irremplaçables, et la surprise n'ôte rien à ce plaisir, bien au contraire. Parfois, la France, ma famille, et mes amis me manquent terriblement ici. Mais notre vie est en Floride, et même si être expatriée n'est pas toujours évident, le climat agréable de Miami met facilement un peu de baume au coeur quand on est homesick....

mercredi 18 janvier 2017

Se faire soigner aux Etats-Unis : épisode 3 (les dents !)

Je suis allée, en ce début d'année 2017, chez le dentiste. Rien de très intéressant à raconter à priori, sauf que l'expérience a été radicalement différente du dentiste en France. Première petite chose importante à savoir : les prix des dentistes ne sont pas contrôlés ici, et les tarifs varient d'un praticien à l'autre. La plupart des gens n'ont pas d'assurance dentaire ; ils payent le dentiste en cas de besoin uniquement. Nous avons une assurance dentaire, qui nous coûte un bras chaque mois. En théorie, nous avons droit à deux détartrages par an, et la plupart des soins de prévention et traitement sont remboursés, au moins en partie. Arrivée chez le dentiste, donc, j'ai d'abord signé un formulaire qui stipulait que mon assurance allait couvrir l'examen du dentiste et l'élaboration de son devis. Puis on a commencé à me faire des tas de radios de chaque dent, lesquelles sont apparues sur un écran géant devant moi. Puis la dentiste est venue m'expliquer que j'avais drastiquement besoin d'une couronne, et  qu'elle allait me mettre des tas de composites un peu partout dans la bouche, et que j'avais également besoin d'un détartrage "en profondeur", bien sûr non couvert par l'assurance. Le tout pour 1700 dollars. Ma première réaction a été d'écarquiller les yeux sur le devis (qui avoisine les 5000 dollars si l'on compte ce que l'assurance rembourse de son coté) et de leur signaler que je n'avais ni le budget ni l'envie de faire ces soins, à l'exception du soin d'une toute petite carie qu'ils m'avaient trouvée. Ils m'ont laissée mariner 45 minutes sur mon siège, le devis en main, avant de venir me chercher pour le "détartrage en profondeur". J'ai bien dit que mon assurance couvrait les frais de détartrage (normalement) mais ils m'ont assuré que ce type de détartrage, plus compliqué, n'était pas couvert. J'ai donc eu droit à mon super détartrage (très équivalent aux précédents détartrages que j'avais déjà eu sur le sol américain), et de belles dents. Puis ils m'ont un peu violemment demandé de planifier des rendez vous avec un spécialiste des dents dévitalisées, sous prétexte que ma grosse molaire du fond n'était peut-être pas bien remplie de son composite. Je suis sortie de là, énervée, et apeurée de penser que mes dents avaient besoin de tant de frais. Et puis, quelques jours plus tard, j'ai reçu une publicité dans ma boite aux lettres pour un autre dentiste, qui proposait des consultations presque sans frais. J'ai donc décidé de demander une seconde opinion, laquelle a été que (roulement de tambour) premièrement, je n'ai absolument aucune carie, et que deuxièmement, cette histoire de couronne peut attendre encore dix ans si besoin (et que ça me couterait moitié moins que chez le dentiste précédent avec ce nouveau dentiste). Moralité de l'histoire (pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'ici), la santé est un véritable business aux Etats-Unis, et il n'est pas rare qu'on essaye de vous vendre des actes dont vous n'avez pas besoin. Les arnaques dentaires fleurissent un peu partout. Je vais changer de dentiste dès à présent, et essayer à l'avenir de voir mon dentiste français chaque année, lors de mon retour dans mon cher Jura...

vendredi 6 janvier 2017

Se faire soigner aux Etats-Unis, épisode 2


J'avais déjà publié, il y a quelques années déjà, un billet concernant les soins de santé aux Etats-Unis (à lire ici). Qui dit nouvelle ville, dit nouveau médecin, et dit aussi nouvelle couverture maladie. Mardi, j'avais rendez-vous avec mon general practitioner (mon généraliste), pour faire un petit bilan annuel de routine. Je sentais déjà que j'allais pas mal poireauter, avant même d'arriver, quand l'une des nombreuses secrétaires m'a demandé d'arriver au moins une demie heure avant l'heure prévue de mon rendez-vous. Sur place, je me suis garée, moteur encore allumé, juste devant la porte de l'hôpital. Car oui, de plus en plus de généralistes consultent dans de ce que je qualifierais de "mini-hôpitaux", avec toute une ribambelle d'employés, de secrétaires, d'infirmières, et de bureaucrates plus ou moins inutiles. Là, devant l'hôpital donc, un valet m'a ouvert la porte de la voiture, m'a tendu un ticket, et est allé garer ma voiture lui-même sur l'immense parking à disposition des patients et des visiteurs. Puis, je suis arrivée au cabinet médical, où une étrange machine m'attendait, pour faire le check-in. 


Il m'a bien fallu une dizaine de minutes pour répondre aux questions posées par la machine, sourire pour la photo de mon dossier médical, signer les innombrables formulaires de confidentialité, et payer les frais de la visite. Ou tout du moins la franchise restant à ma charge, soit 25 dollars, non pris en charge par mon assurance. La machine a alors émis un joli petit bracelet médical, que j'ai dû placer à mon bras, et qui mentionnait mon nom, prénom, date de naissance, et le nom du médecin concerné par ma visite. Comme si, juste pour se faire ausculter deux minutes par un généraliste, j'avais besoin de toute cette batterie de formalités. Le médecin s'est pointé, et elle a été très bien. Elle m'a ensuite directement dirigée vers le laboratoire, deux couloirs plus loin, pour une prise de sang. A la suite de quoi, j'ai eu accès à mes résultats de prise de sang sur internet, moins de deux heures après, et j'ai même pu envoyer directement un email au médecin avec des questions, laquelle m'a répondu dans la même journée. Il est désormais bien loin le temps pour moi où mon médecin traitant me répondait lui-même au téléphone et se passait de secrétaire. Ici, je reçois un email et deux textos pour me rappeler mon rendez-vous et je parle à trois standards différents pour planifier une visite médicale. Le standard de l'hôpital me rappelle le lendemain de la visite pour m'assister (ou vérifier) que j'ai pu prendre rendez-vous avec un dermatologue du même hôpital. La chose, très performante je dois bien l'avouer, m'a aussi parue très orientée "business". La santé est un véritable business ici, où les hôpitaux peuvent se faire de l'argent sur le dos des malades. Et je retiens pour finir que beaucoup d'américains, malgré l'Obamacare, n'ont toujours pas accès facilement à des soins qu'ils peuvent se payer. A l'heure où Trump parle même de supprimer ce semblant de sécurité sociale (qui est loin de notre sécurité sociale française), je frissonne en pensant que j'ai de la chance d'être parmi les personnes bien soignées...

vendredi 30 décembre 2016

Fin de l'année : l'heure d'un bilan

2016 s'achève, et 2017 is just around the corner. Que dire de cette année ? Ce fut une année pleine de changements, de surprises, de réjouissances, et de challenges. Les plus belles réussites : la naissance (bien sûr) d'Amaury en Mars, la veille de mon anniversaire, et le premier jour du printemps. Mais le mot d'ordre de ces douze derniers mois a sans doute été le changement. J'ai quitté mon poste à l'hôpital de Blois avec grands regrets. Je n'y suis pas retournée à l'issue de mon congé maternité, et ça a été sans doute l'une des pages les plus difficiles à tourner. Nous avons aussi quitté Tours, fin Mai, puis la France, en Juin, pour faire ensuite -et également avec regrets- nos au-revoir à la Pennsylvanie. Il a fallu emballer nos affaires, organiser des cartons, et quitter nos amis et famille de Lewisburg. Et puis, la vie à Miami a commencé. Sous un soleil de plomb d'abord, le climat est progressivement devenu plus agréable, pour être aujourd'hui absolument magnifique. Il fait beau, il fait chaud (mais pas trop), et le soleil brille tous les jours. Les palmiers, les cocotiers et la plage font maintenant partie de notre quotidien. Amaury est devenu un véritable va-nu-pieds (encore qu'il porte des chaussettes de façon occasionnelle). Nous avons abandonné les températures polaires de l'hiver du nord pour la douce brise marine qui souffle sur la côte est de la Floride. Chaque jour, des troupeaux d'égrettes et de pélicans volent au-dessus de notre maison. J'ai repris mes gallons d'orthophoniste, à plein temps, et dans trois écoles, ce qui bouleverse (significativement) ma carrière professionnelle. Je suis passée des adultes aux enfants, de la gériatrie aux petits loulous de maternelle, des troubles de la déglutition aux retards de langage et de parole. Un véritable challenge ! Si les premières semaines ont été difficiles, j'ai progressivement trouvé mon rythme, et les vacances de Décembre sont arrivées pour une belle pause pour respirer. Bref, la vie a drastiquement changée, et nous en sommes ravis. J'ai hâte de savoir ce que 2017 nous réserve, et, qui sait, peut-être n'y aura-t-il pas trop de changements cette fois-ci ?

lundi 26 décembre 2016

Noël sous les palmiers


Le père Noël est venu, les bras chargés de cadeaux de trois continents différents. Le plus gâté a bien sûr été Amaury, en tant que premier petit-enfant et premier neveu du coté de son père. Les estomacs se sont bien remplis, même si la météo ne laissait pas penser que nous étions au mois de Décembre. Même en adaptant les menus aux produits locaux (mangues, ananas et noix de coco), l'esprit de Noël était un peu entaché par les 27° affichés au thermomètre et le grand soleil de la journée. Noël sous les cocotiers, c'est un concept déroutant mais qui a ses avantages. Avantage numéro 1 : pas besoin de se demander si on va porter un collant (ou pas) sous sa robe de réveillon. Ce sera sans. Avantage numéro 2 : le père Noël passe directement par la porte d'entrée, car il n'y a pas de cheminée dans les maisons de Floride. Les cubains accrochent d'ailleurs une énorme fausse clé à leur porte d'entrée pour que le gros bonhomme puisse entrer sans problème, malgré la serrure. Avantage numéro 3 : il est possible de réveillonner dehors, à onze heures du soir, sans gilet et sans manches. Avantage numéro 4 : du coup impossible d'hésiter entre les boissons avec et les boissons sans glaçons. Les glaçons sont indispensables. Avantage numéro 5 : le sapin de Noël est, par obligation, un faux sapin en plastique, qu'il ne faut pas arroser et qui ne perd pas ses épines. Avantage numéro 6 : il est possible d'utiliser les citrons verts qui poussent dans le jardin, sans avoir besoin de les importer de très très loin (pratique, pour les mojitos !). Avantage numéro 7 : les gosses peuvent se balader à moitié les fesses à l'air, sans que les parents se débattent pour leur mettre des gants/écharpe/manteau/chaussures/chaussettes pour aller dehors. Avantage numéro 8 (sans doute le meilleur !) : on peut aller à la plage, le jour de Noël, et ça, ça n'a pas de prix...

lundi 12 décembre 2016

La grippe

Les vacances de Noël n'arriveront jamais assez tôt. Une dizaine de jours à s'occuper d'un bébé malade, couplés au drastique manque de sommeil, ont suffit pour que toute la maisonnée attrape ce vilain  méchant virus. Même sous les tropiques, la grippe est bien présente, qui l'eût crû ? Qui n'a jamais connu une journée de maladie (pas le petit rhume, hein, plutôt une bonne grosse maladie qui te cloue au lit et t'oblige à la position allongée plusieurs jours de suite) ne sait pas ce que c'est, quand tu as un rejeton remuant et lui-aussi malade à gérer. Une véritable torture, physique et mentale. Quand tu ne sais plus si c'est lui qui a de la fièvre, ou si c'est toi, s'il a eu son paracétamol à dix-sept heures, ou si c'est toi, ou si c'est le tour de Papa ou de Maman d'essayer de roupiller quelques minutes entre deux cris de bébé. Quand les réserves de mouchoirs en papier s'épuisent, quand tu ne sors même plus faire les courses, et quand tu te bats pour que ton mioche reste hydraté  malgré tout, où chaque gorgée d'un biberon est perçue comme un pas en direction de la guérison. Alors dans ce contexte de microbes en folie, où ton cerveau a plusieurs fois manqué de perdre pieds, et que tu as frôlé l'hôpital psychiatrique au moins deux ou trois fois, tu bénis le retour du lundi matin, où la crèche va prendre en charge le petit Loulou, lui-très vite remis sur pieds-, tandis que toi, misérable et grelottante de fièvre, tu peux finalement pioncer quelques heures. Demain, quoi qu'il en soit, il te faudra prendre le chemin du retour au travail, les patrons américains n'étant pas particulièrement généreux avec les arrêts maladie. Mais d'ici demain, ça devrait aller mieux ? 

mercredi 7 décembre 2016

How many days 'til Christmas?


S'il y a bien une question récurrente à l'école ces temps-ci, c'est celle qui concerne le nombre de jours restants avant les vacances de Noël. Le compte à rebours est lancé, et tous les matins, inlassablement, mes petits écoliers égrainent les jours qui passent, et leur impatience grandit de plus en plus. Les portes des classes se sont recouvertes de jolies décorations à peine Thanksgiving terminé. Tout le monde parle de Santa... le père Noël par-ci, le père Noël par là... J'ai probablement autant hâte qu'eux que les congés arrivent ! C'est une atmosphère étrange pour moi, où les faux bonhommes de neige côtoient les palmiers. J'avais naïvement pensé que les décorations de Noël un peu clinquantes et de mauvais goût seraient l'apanage du nord-est des Etats-Unis, mais en Floride, tout est identique ! De belles maisons illuminées se frottent à des jardins remplis de rennes en plastique et autres pères Noël gonflables... A la maison, nous avons pu décorer notre sapin de Noël, malheureusement lui-aussi en plastique, et commencer les préparatifs pour "la grande invasion" familiale. Finalement, dans dix-huit petits jours, c'est Noël...

mercredi 30 novembre 2016

Thanksgiving, mort de Fidel, méchants microbes, et petit aperçu de la semaine écoulée

J'avais bien l'intention de poster un petit article sur ce blog pour Thanksgiving, et puis, for some reason, je n'en n'ai pas trouvé le temps. Jeudi dernier, donc, nous avons réunis des amis autour d'une énorme dinde de 14 livres (environ 6.5 kilos), et de ses nombreux accompagnements tous aussi délicieux que bourratifs. Logan avait acheté la plus petite bête qu'il puisse trouver, histoire de ne pas monopoliser le four pendant une dizaine d'heures, et de pouvoir cuire les (nombreux) desserts à temps. Nous avons eu recours à un cooking bag, un genre de gros sac en silicone qui permet de réduire le temps de cuisson et de laisser la viande tendre et pas totalement desséchée. Enfourné à dix heures du matin (pour un diner prévu, après l'apéro, vers dix-sept heures), ledit bestiau apparaissait cuit vers midi et demi. Sauf que, ce n'est pas mon oeil (parfois avisé) de cuisinière qui en précisait l'état, mais le thermomètre à viande, outil de nouvel génération que je n'aime pas spécialement utiliser. Du coup, catastrophe, la dinde est ressortie du four fissa, tandis que je mets la table et que les derniers préparatifs sont enclenchés. Une heure avant de diner, on remet la bébête au four, histoire de la faire dorer, et là... nous nous rendons compte que la satané bestiole n'est pas assez cuite. S'en suit un diner délicieux, bourratif, mais tardif... bref, un véritable Thanksgiving. Samedi matin, nous avons appris via les médias la mort du vieux Fidel Castro. Ici, les scènes de liesse ont eu lieu dès le vendredi soir. Les voitures des cubains de Miami (34% de la population locale d'après google) se sont parées de drapeaux de Cuba, et les médias n'ont fait que parler de ça. Devant Versailles, le restaurant cubain le plus célèbre de Calle Ocho, les camions des équipes de télévisions devaient jouer des coudes pour se frayer un chemin. Pendant ce temps, Amaury se remettait doucement de son premier vrai virus, bien méchant (la fièvre est quand même montée jusqu'à 41° celcius...), le temps de commencer à se mettre debout tout seul, en toutes circonstances, et à essayer de chuter le plus dangereusement possible. Alors, tandis que le rythme de boulot infernal a repris après quelques jours de break, je garde un oeil sur lui en espérant qu'il ne s'éborgne pas en faisant ses acrobaties quotidiennes...

mercredi 9 novembre 2016

Une triste journée dans l'histoire des Etats-Unis


Donald Trump vient d'être élu 45ème président des Etats-Unis. Ici, c'est le choc, la stupéfaction. Qui aurait crû que cet énergumène, sexiste, raciste, et relativement peu enclin à la diplomatie, fût choisi comme président ? A la colère se mêle l'incompréhension. Comment des sondages peuvent-ils se tromper à ce point ? Comment la moitié d'une nation peut-elle juger qu'un amateur soit capable de gérer l'une des plus grandes puissances mondiales ? Je n'ai pas de mots pour exprimer ma déception. Je parle rarement de politique sur mon blog, mais je me dois de partager mon dégoût aujourd'hui. J'ai peur pour la paix mondiale. J'ai peur que cet horrible individu ne soit en charge de l'arme nucléaire. J'ai peur pour les avancés sociales érigées sous l'ère d'Obama. J'ai peur que ce pays qui avait fait tellement de progrès pour la prise en compte des minorités ne régresse significativement. J'ai peur en pensant que Trump puisse négocier des traités de paix avec des pays en guerre. J'ai peur de ce qui pourrait arriver à mes concitoyens moins fortunés. J'ai peur, et je pense que cette peur ne disparaitra pas au cours des quatre années à venir. Il va falloir garder nos yeux ouverts pour préserver la démocratie. Car avec un congrès et une chambre des représentants qui viennent de basculer tous deux dans le camp républicain, Donald a plus ou moins les pouvoirs absolus. 

dimanche 30 octobre 2016

Mon premier vote officiel en tant qu'américaine


Depuis plusieurs mois, le débat politique fait rage ici, en vue des élections prochaines. Beaucoup de résidents de Floride, comme à l'époque en Pennsylvanie, plantent des panneaux devant leur maison pour signaler leurs intentions de vote. Les américains n'ont pas peur de leurs opinions politiques et ils les partagent volontiers avec le reste de la communauté (même quand ces opinions sont tristement teintées de racisme, à des degrés divers). Certains réussissent néanmoins à garder leur humour et à transformer ces panneaux en franche rigolade. Ainsi, pour le slogan "Trump, make america great again", le panneau indique "Rum, make america great again" (les alcooliques n'auront aucun mal à traduire). Les élections présidentielles américaines auront lieu le Mardi 8 Novembre prochain. Mais pour éviter les lignes d'attentes interminables de Miami, il était possible de voter (early vote) depuis quelques jours, à la bibliothèque publique de Coral Gables, un quartier juste à coté de chez nous. C'est donc ce matin que nous nous sommes rendus au bureau de vote, afin d'accomplir notre devoir de citoyen. Ces élections célèbrent mon baptême de citoyenne américaine. J'avais déjà voté aux primaires démocrates, mais je n'avais encore jamais mis mon bulletin dans l'urne ici. C'est donc très réjouie que j'ai pu participer à cette élection ! Et ce vote compte beaucoup, car la Floride est l'un des états-clé de la victoire du (ou de la) futur(e) président(e). Le système est beaucoup plus compliqué que le suffrage universel direct que nous avons en France. Chacun des cinquante états possède un certain nombre de points qui sont remportés par les candidats. Le nombre de points est basé sur le nombre de sénateurs (deux par état) et aussi sur le nombre de congressmen (qui lui dépend du nombre d'habitants de l'état). Donc certains états très peu peuplés, comme le Wyoming, ont trois points seulement, alors que d'autres, comme la Floride, en ont beaucoup plus (29 points notamment). Certains états ont donc la faculté de pouvoir faire basculer une élection d'un côté ou d'un autre, en fonction des votes enregistrés. Et comme l'élection a lieu un Mardi, beaucoup de citoyens n'ont pas la possibilité d'aller voter le jour J. Du coup, il est tout à fait normal de pouvoir voter plus tôt dans les régions très peuplées, comme la ville de Miami. Et je croise les doigts, car après un président noir, l'Amérique est-elle prête à élire une femme comme président ?


lundi 24 octobre 2016

Halloween à l'école

Dans l'une des écoles où j'exerce, les enseignants ont mis le paquet pour décorer les portes, les couloirs, et les classes. Aux effrayants squelettes se succèdent les toiles d'araignées, chauves-souris et autres bébêtes plus ou moins repoussantes. Nous sommes désormais à une semaine de l'évènement, et les enfants en parlent tout le temps. Halloween est vraiment une véritable tradition américaine que suivent la plupart des communautés de Miami. Chez nous, nous avons décoré le pas de notre porte avec le strict minimum (climat tropical oblige !) : deux petites citrouilles minuscules en marquent l'entrée, signalant aux enfants du quartier que les bonbons seront au rendez-vous lundi prochain. Pas de costume ridicule de citrouille ou d'autre animal pour Amaury, il est trop petit pour s'en soucier et apprécier la tradition. De mon côté, je vais me déguiser en sorcière (le déguisement tient à un chapeau uniquement !) dès vendredi pour célébrer Halloween dans mes autres écoles. Des parades sont prévues, avec les enfants costumés, dans l'après-midi, ce qui risque de rendre mes petits étudiants peu disposés à travailler. Peu importe, j'ai prévu le coup : chaque jeu et chaque activité tourne autour du thème d'Halloween et de l'horreur, et je sens que l'on va bien s'amuser...




samedi 15 octobre 2016

Vivre loin de sa famille


Je crois que je n'avais encore jamais abordé ce sujet sur ce blog ; parfois, (et même souvent !) j'ai parlé de façon nostalgique de la France et de mon cher Jura, mais je crois que je n'ai jamais partagé mon ressenti sur l'éloignement que la vie d'expatrié implique. Il n'y a rien à dire, nous sommes très très heureux en Floride, et je ne regrette pas du tout qu'on y ait emménagé. Et pourtant. Amaury ne connait que peu ses grands-parents, ses oncles et tantes, et ses cousins. Bien sûr, il a encore toute la vie pour passer du temps avec le reste de notre famille (notamment l'été prochain), mais je dois dire que l'isolement que notre nouvelle vie implique n'est pas toujours facile à gérer. La différence de fuseau horaire, notamment, rend compliquées les discussions avec la France et l'Australie. Pour la France, on s'en sort encore quand même, grâce aux weekends et au temps des trajets en voiture (vive le kit main-libre !). Pour l'Australie en revanche, il nous faut toujours choisir le bon moment et les occasions de parler avec Quinn sont rares. Beaucoup de nos amis qui ont des enfants vivent à deux pas de chez leurs parents, et je dois dire que je les envie parfois d'avoir accès à cette facilité et à cette proximité. Heureusement, nos parents vont nous rendre visite bientôt. Dès cette semaine, Mimi et Grandpa débarquent à Miami pour une dizaine de jour, et nous sommes très impatients de les voir. Pour les fêtes de fin d'année, nous accueillons toute ma belle-famille (y compris les australiens !) pour des réjouissances (à-tout-va). Et puis, cerise sur le gâteau, mes parents viennent en Janvier nous faire un petit coucou pour trois semaines. J'envoie aussi régulièrement des nouvelles, par courrier, par email, par texto, par les réseaux sociaux, à tous ceux qui sont (plus ou moins) connectés. Depuis qu'Amaury est né, nombreux ont été les emails de "la photo du jour" ou de "la vidéo hilarante" du moment. Et Amaury connait bien les voix de ceux qui sont loin. Grâce à Skype, il les reconnait et c'est un bonheur que de le voir sourire à un écran. Car, faute de mieux, et grâce à une technologie de pointe, le visage de ma famille n'est qu'à un clic ou deux de distance...

vendredi 7 octobre 2016

Tout va bien !



Notre salle de séjour est en véritable bazar. Outre le mobilier de jardin, le vélo de Logan, et autres bricoles, la tondeuse trône fièrement au milieu de la pièce. Au cas où, tout avait été rentré hier matin. L'ouragan Matthew est passé très près, mais il ne nous a pas touché du tout. Beaucoup de pluie, un peu de vent, quelques feuilles et branches au sol, mais aucun dégât majeur autour de chez nous. C'est un grand soulagement. A aucun moment nous n'avons eu de coupure de courant, même si des baisses de tension ont été fréquentes. Je nous estime chanceux, car c'est vraiment passé près, et ça s'est joué à pas grand chose. La vie reprend son cours : les voitures se remettent à circuler, les gens sortent de chez eux et retournent travailler. Je garde quand même un oeil sur les prévisions météo : après un weekend qui s'annonce ensoleillé, l'ouragan pourrait (selon quelques spécialistes, minoritaires) effectuer une boucle sur lui-même en mer, et revenir sur la région en milieu de semaine prochaine...

jeudi 6 octobre 2016

Le calme avant la tempête


Hier, il était difficile de croire que l'ouragan allait arriver bientôt. Il faisait très beau, chaud (comme d'habitude), et il n'y avait pas un nuage à l'horizon. Pourtant, le traffic était affreux et j'ai dû quitter l'école plus tôt pour récupérer Amaury à la crèche, qui fermait plus tôt. Aujourd'hui, il ne pleut pas encore, et le vent n'est pas encore très fort. L'université de Miami est fermée, ainsi que toutes les écoles du comté de Miami-Dade. Près de chez nous, aucune zone n'a été évacuée, sauf les personnes vivant dans des mobile-homes et dans des zones inondables. Pourtant, des centaines de milliers de résidents de Caroline du Sud ont déjà été évacués, car les autorités craignent des dégâts très importants. Ici, autour de chez nous, l'impact est encore incertain. Plus au nord, vers Fort Lauderdale et Orlando, l'ouragan est annoncé comme très dangereux, et les habitants se sont cloitrés chez eux. Nous aussi d'ailleurs. Les stations services, hier après-midi, étaient à sec. Des agents de police étaient chargés de contrôler les quantités de vivres et d'eau achetées par les particuliers, pour éviter les pénuries. Deux packs d'eau minérale par personne et par visite. Nous avons probablement une soixantaine de litres d'eau en bouteille, car nous nous étions approvisionnés assez tôt. De son côté, Amaury ne tient pas en place. Il fait ses dents, s'est réveillé très très très tôt ce matin, et il commence vraiment à crapahuter un peu partout. On ne peut plus le laisser sans surveillance même une demie seconde sur le lit, il en tomberait en roulant et en gigotant. Au sol, il ne marche encore pas à quatre pattes mais il roule et rampe jusqu'à réussir à attraper ce qu'il veut. Il est plein d'énergie, et d'insouciance, et c'est tant mieux car nous avons besoin d'ondes positives aujourd'hui ! La suite au prochain numéro, d'ici un ou deux jours et si internet fonctionne...

mardi 4 octobre 2016

Les préparatifs pour le passage de l'ouragan Matthew


Jeudi, il est possible que la Floride reçoive la déplaisante visite de l'ouragan Matthew, qui a déjà causé de nombreux dégâts, inondations et pluies torrentielles à Haïti. Ma collègue (professeure de créole à l'école où je travaille) m'a montré des photos et vidéos tournées dans le sud de l'île, avec des gens en train d'essayer de sortir de l'eau, avec de l'eau jusqu'au cou. Sa famille à elle vit dans le nord de d'Haïti donc elle n'a pas été impactée, mais c'est les larmes aux yeux que j'ai vu ces clichés absolument saisissants. Ici, à Miami, tout le monde se prépare. Les autorités ont prévu des centres d'accueil en cas d'évacuation. Les écoles pourront le cas échéant fermer, et chacun s'est procuré de quoi manger pour trois ou quatre jours. De notre côté, et en fonction de l'évolution de la météo (l'ouragan pourrait très bien changer de cap et aller se faire voir ailleurs), nous avons prévu de rentrer tout ce qui traine dehors (mobilier de jardin, vélo et autres bricoles), de remplir la baignoire d'eau (si coupure d'eau il y a, ainsi, on peut se débarbouiller et utiliser l'eau pour siphonner les wc), de rester bien au chaud à la maison, et d'économiser la batterie de notre portable. Nous avons une radio qui se recharge à la main et qui permet de recharger nos portables. Nous avons aussi tout un tas de lampes de poche. A cela s'ajoutent des réserves d'eau potable en bouteille, des boites de conserves, de la nourriture peu périssable, et qui peut être mangée sans avoir besoin d'être réchauffée. Nous nous attendons à de possibles coupures de courant, et je suis ravie que notre congélateur soit presque vide. Ce soir, je vais faire tourner autant de machines à laver que possible, histoire d'avoir assez de vêtements de rechange pour Amaury (qui aime se changer plusieurs fois par jour !) car je ne sais pas si nous aurons des difficultés pour avoir de l'électricité ou de l'eau, et pour combien de temps. Tout ça ne peut très bien être qu'une mauvaise blague, et Matthew pourrait très bien ne pas (ou pas beaucoup) nous impacter. Mais il peut aussi redoubler de violence, et dans ce cas, nous sommes (presque) prêts. Logan a vécu l'ouragan Katrina en Louisiane il y a de ça quelques années, et il sait quoi faire, ce qui me rassure beaucoup. Et, si besoin, on peut aussi partir plus au Nord : les voitures ont le plein de fait, il ne reste plus qu'à espérer que Matthew reste au large. Bienvenue en Floride, à la saison des ouragans...

dimanche 18 septembre 2016

Vizcaya Museum and Gardens


Lors du weekend prolongé de Labor Day, nous avons eu l'occasion de visiter une belle maison et ses jardins : la villa Vizcaya. Elle vaut vraiment le détour, à peine à dix minutes de chez nous. Des jardins immenses avec des orchidées, des plantes des quatre coins du monde, et une vue sur la baie à en couper le souffle. Une visite à ne pas manquer !





mardi 30 août 2016

Working mom


La vie de jeune maman est plutôt chargée et chaotique. Mais elle le devient plus encore lorsqu'on reprend le travail. J'ai de la chance : Amaury a commencé la crèche à l'âge de cinq mois, date à laquelle j'ai repris mes gallons d'orthophoniste. Beaucoup de jeunes mamans doivent retourner au travail lorsque leur bébé est beaucoup plus jeune que ça. Et pourtant, pour moi, la transition n'est pas si facile. Pour deux raisons. La première, c'est que j'ai plus ou moins changé de trajectoire professionnelle, en tout cas pour l'année à venir. Je n'exerce plus en neurologie adulte, mais dans trois écoles différentes, auprès d'enfants. Du coup, j'ai l'impression de patauger et de ne pas être encore trop à l'aise avec ce nouvel emploi. Ce n'est pas si simple de passer des AVCs aux autistes non verbaux, des couloirs de gériatrie à des petits patients de trois ou quatre ans. La deuxième raison, c'est que nous habitons une ville où la circulation est dense, et les bouchons nombreux. Notre nouveau planning est soigneusement minuté et organisé. Impossible de récupérer notre petit lardon en retard à la crèche, il faut pourtant jouer avec les lois locales de la circulation. Et le soir, en rentrant du travail, commence ma deuxième journée, celle où je lave et stérilise les biberons, où je donne son bain à Amaury, où je prépare le dîner (spartiate pour le coup !), où j'ai parfois des préparations de séances à terminer, et où il faut gérer la maison, le linge, le ménage, et tout le toutim. Impossible de traîner, au risque de se coucher très tard et d'avoir les yeux cernés le lendemain. Et au matin, tout recommence, la même cadence infernale... Inutile de dire que les weekends sont précieux. C'est pendant ce temps libre qu'il est possible d'explorer les environs et de profiter de Miami. La plage est à dix minutes, et les sorties ne manquent pas. Et le weekend prolongé de Labor day qui arrive va faire du bien. Profitons-en, le semestre ne fait que commencer...

dimanche 21 août 2016

Miami beach



Ce matin, nous avons eu la chance d'aller faire un tour à la plage, dans le quartier de Miami beach, à peine à vingt minutes de chez nous (quand il n'y a pas de bouchons). Afin d'éviter le soleil brûlant avec bébé, nous y sommes allés tôt, y avons déjeuné, et sommes rentrés à la maison en début d'après-midi. C'est un quartier intéressant, avec de petits immeubles en bord de plage, de grands buildings en retrait sur la côte, avec de nombreux restaurants, cafés et boutiques, dont certains ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Même si le quartier est souvent mentionné dans les médias à cause de la recrudescence du virus Zika, le détour en vaut la chandelle. C'est un quartier en presque-île/île, reliée au continent par quelques ponts, en bord de l'océan Atlantique. Outre une immense plage de sable très blanc, une eau à la même température que l'air, et une vue magnifique sur l'océan, il comprend un quartier art déco avec de nombreux hotels et bâtiments construits entre les années vingt et les années quarante. On s'y serait crû en vacances. Nous y avions déjà séjourné en 2011 lors de nos vacances dans les îles Keys et à Miami, et nous y sommes revenus avec grand plaisir. Miami beach a été une petite parenthèse d'une demie journée qui nous a permis de nous ressourcer avant la dure rentrée qui nous attend cette semaine. J'attends encore que la paperasse soit à jour pour pouvoir débuter mon contrat dans les écoles publiques du comté de Miami-Dade. Pour l'instant, je sais que je vais pouvoir exercer trois jours par semaine dans une école du nord de Miami, en plein quartier haïtien. Je ne sais pas encore où les autres jours me mèneront, car l'agence qui m'a recruté n'a encore pas finalisé les contrats dans toutes les autres écoles. Je suis un peu déçue de ne pas pouvoir poursuivre ma carrière avec des adultes à ce stade ; j'avoue que je suis vraiment moins à l'aise avec des enfants, et j'ai un peu "perdu la main". Néanmoins, après plusieurs mois à la maison à m'occuper d'Amaury, il me tarde de retrouver mon activité professionnelle et d'avoir une autre vie que celle de maman. Et puis, d'ici un an, j'aurai (si tout va bien !) ma licence professionnelle d'exercice qui me permettra peut-être de retrouver la neurologie adulte, à moins que cette parenthèse en milieu scolaire ne me fasse prendre une autre direction ?