dimanche 24 avril 2016

Une nouvelle vie bien chargée

Quelque part dans ma nouvelle vie de Maman, il me faut déjà commencer à préparer le retour aux Etats-Unis. Dur dur, lorsqu'on dort peu, qu'Amaury occupe tout notre temps et notre énergie, de commencer nos mille démarches administratives et de chercher un travail. Je n'ai vraiment pas la tête aux CVs, lettres de motivation et autres réjouissances qui vont de pair avec la recherche d'un nouvel emploi. Surtout car je pense reprendre mon activité au mois de Septembre, voire au mois d'Octobre, et que cela me semble encore à mille lieues de mon présent immédiat, où les changes de couches se succèdent aux tétées, où les régurgitations et les gazouillements rythment ma journée, et où l'espoir (immense !) de dormir plus de deux heures d'affilée remplit mon quotidien. Il me reste encore un an à faire, une année de clinical fellowship, pour pouvoir -finalement- prétendre à ma licence professionnelle d'orthophoniste sur le sol américain. Ce Saint-Graal, longtemps attendu, n'est plus qu'à une année de labeur, et il va me falloir redoubler de courage pour finir ce projet débuté en 2011. Côté administratif, nous avons entamé les démarches pour qu'Amaury ait une carte d'identité et un passeport français au plus vite. De plus, nous nous rendons au consulat à Paris mercredi histoire de déclarer sa naissance et de demander son passeport américain. Car oui, notre petit lardon peut prétendre aux deux nationalités, et c'est (presque) avec joie que nous avons réuni tous les documents nécessaires. Je ferai l'impasse sur les galères pour se procurer des photos d'identité aux normes françaises et américaines, respectivement, compte-tenu du fait que notre nourrisson ne tient pas sa tête, que ses parents ne doivent pas apparaître en fond d'image, que ses yeux doivent être ouverts, sa bouche fermée et l'expression de son visage neutre. Mais nous y sommes arrivés, grâce à un photographe patient et un bébé finalement complaisant. Tous les papiers nécessaires ont été réunis et le passeport devrait nous parvenir d'ici quatre semaines environ. Il nous reste encore un mois à profiter de la Touraine, avant de rejoindre mon cher Jura pour un autre mois encore. Le 25 Juin, nous nous envolerons tous les trois pour les Etats-Unis pour démarrer un tout nouveau chapitre de notre vie. 

mardi 5 avril 2016

He's born!


Et il est finalement arrivé, un peu plus tôt que prévu, juste à temps pour les premiers jours du printemps et pour le plus grand bonheur de ses parents. Amaury nous comble déjà de joie, et malgré des nuits largement écourtées, c'est un visage cerné et heureux qui lui sourit tous les matins au réveil. Il nous a fallu deux semaines d'ajustement, le temps que l'allaitement se mette en place, que le petit Loulou reprenne son poids de naissance et qu'il soit un peu moins fragile, histoire de planifier quelques visites pour cette semaine. Sa Mamine lui rendra visite d'ici une dizaine de jours, tandis que les amis locaux peuvent dès à présent venir le rencontrer. Alors que je finis rapidement cet article, il est près de moi, dans son berceau, les yeux grands ouverts et souriant aux anges, et je savoure chaque minute de cette nouvelle vie de Maman. D'autres grands changements de vie sont à venir, mais je laisse le suspense durer un peu plus. La suite au prochain numéro...

mercredi 2 mars 2016

Petit tour du monde du congé maternité


Quel bonheur de vivre une grossesse en France, et de bénéficier des avantages du congé maternité français ! Il serait facile d'oublier la chance que l'on a, françaises, à pouvoir prendre seize semaines payées pour pouponner et se remettre d'un accouchement. Aux Etats-Unis, il n'existe pas de congé maternité universel. Il existe bien un Medical Leave of Absence de trois mois, non payé, et non spécifique à la maternité (souvent pris dans le cas d'une maladie grave), mais les congés maternité à proprement parler se négocient au cas par cas avec l'employeur, bien souvent sans être payés. Je connais de nombreuses mamans américaines qui ont travaillé jusqu'au jour de l'accouchement, et qui sont retournées travailler au plus vite après la naissance (peut-être pas cinq jours après, comme Rachida Dati, mais néanmoins assez vite). Certaines structures offrent douze semaines de congé maternité payé : les écoles, certaines institutions publiques, et certaines boites privées. En faisant un petit tour du monde des différents congés maternité, on se rend compte finalement que la France est correctement lotie, mais que d'autres pays la dépassent de loin. En tête du podium, la Suède (voir l'article du Huffingtonpost ici), avec ses 56 semaines de congé maternité payé. Suivie de la Croatie, avec 24 semaines de congé payé. Loin derrière, la France, avec ses 16 semaines payées, et enfin, en bas de tableau, les Etats-Unis. C'est donc un véritable combat qui reste à mener sur le sol américain : un congé maternité fédéral, qui garantirait à la jeune maman un véritable revenu pendant un temps limité sans risquer de perdre son emploi. Beaucoup de choses restent à faire, et je ne suis pas sûre que les élections qui approchent au pays de l'Oncle Sam puissent y changer grand chose, quel que soit l'issue du scrutin en Novembre. Alors, sans m'intéresser de trop près aux primaires américaines, je profite de quelques semaines de calme avant les grands bouleversements. Notre petit bonhomme va débarquer dans nos vies dans quelques semaines, et l'impatience grandit de jour en jour...

vendredi 19 février 2016

Un anniversaire particulier

Cinq ans jour pour jour se sont écoulés depuis mon expatriation aux Etats-Unis (lire le récit ici). Le 19 Février 2011, je m'envolais pour New York, où Logan est venu me chercher après des mois et des mois de séparation. Chaque année, le 19 Février, j'ai une petite pensée pour ce jour que j'avais tant attendu. Aujourd'hui, cinq and plus tard, les procédures de visa d'immigration n'ont pas changé. Je reçois toujours, via ce blog, des tas de messages de français, qui, comme moi, doivent attendre des mois pour pouvoir se rendre aux Etats-Unis. Des tas de couples séparés par l'Atlantique, comme nous l'avons été, pendant un temps qui semble infini. Une demie décennie plus tard, même en en parlant peu, je sais que je n'ai pas oublié et que je n'oublierai jamais à quel point il a été difficile d'attendre ce visa. Si je réussis à ne pas être trop amère quand j'évoque cette époque, c'est en pensant à toutes ces belles aventures vécues depuis. Des retrouvailles, des études, une maison, des rencontres et des amis formidables... Et surtout, depuis un an, je suis finalement devenue franco-américaine. Mes deux passeports me permettent de voyager d'un continent à l'autre sans me soucier de visa, de laisser-passer, ou de formalités administratives. J'ai donc deux histoires, deux pays, deux cultures. Je suis d'ici, mais je suis un peu aussi de là-bas. Car après tout, mon identité est forgée par ce que je vis, par ce que je fais, et par qui je rencontre. J'ai n'ai jamais plus d'un seul pied sur le même continent, toujours prête à refaire mes valises, et mon petit doigt me dit que ce n'est pas forcément près de changer...

vendredi 22 janvier 2016

2016, l'année des changements



Il serait presque bien tard pour souhaiter la bonne année à tous les lecteurs de ce blog, famille, amis, anonymes et internautes égarés y compris. Et pourtant, l'on dit des voeux de nouvelle année qu'ils sont acceptables jusqu'à la fin du mois de Janvier. Alors, je vous souhaite à tous une très belle année 2016, pleine de bonheur, de réussite, de projets aboutis, de voyages, de réjouissances, et surtout de bonne santé. Les voeux de 2015 me semblent loin, très loin, l'an passé quand nous étions en Pennsylvanie. Ici, pas de neige ou presque, exit le froid polaire, et bonjour le climat tourangeau. Au programme de l'année à venir, des changements pour le moins conséquents. 2016 marque un tournant dans notre vie franco-américaine, avec notamment -et surtout- l'arrivée d'un petit bonhomme qui doit pointer le bout de son nez en Avril. Le bébé est déjà très fan de baseball in utero, son père l'informant régulièrement des championnats en cours et des équipes valant le détour. J'ai cru comprendre qu'il n'était pas question pour lui de soutenir les Red Sox. Sa voie est déjà tracée : il sera fan des Yankees, pour suivre la vocation paternelle. Parfois, à observer ses coups de pied violents capables d'ébranler tout mon abdomen (mon tout nouveau centre de gravité étant très, très alourdi vers l'avant), j'imaginerais volontiers que ce petit lardon est aussi un fan -et joueur- de football qui s'entraine quotidiennement à tirer des penaltys. Ou à participer à un entraînement de kick-boxing de haut niveau. Quoi qu'il en soit, c'est une naissance très attendue qui va probablement être source de beaucoup de changements. Reste à trouver un prénom qui marche dans les deux langues, à préparer le berceau, et à couver encore quelques mois. Un bébé né à Tours cette année, voilà qui a perturbé mes projets de manger des kilos de fromage français. Fromage dont je rêvais quotidiennement en Pennsylvanie. Mais les produits au lait cru sont connus comme véritable ennemi de la femme enceinte. Alors je me rabats donc, plus ou moins à contrecoeur, (mais avec joie quand même !) sur le chocolat. Et sur le chocolat au lait s'il vous plait, car le bébé ne semble pas trop apprécier le chocolat noir. Alors, pour lui faire plaisir, je m'adapte. A raison d'une tablette par jour... Mais qu'est-ce-qu'une mère dévouée ne ferait pas pour son enfant ?!




vendredi 27 novembre 2015

A very French Thanksgiving


Chaque dernier jeudi de Novembre, je prends de plus en plus de plaisir à célébrer Thanksgiving. Pas de dinde ni de volaille au menu de cette année : les réjouissances ont eu lieu au restaurant avec le groupe d'étudiants de Bucknell en France. Gougères de chèvre, duo de saumon et son risotto, biscuits à la crème de marron et crème brûlée aux poires, voilà de quoi il en retournait. Je crois bien que c'est la première fois que ça m'arrivait, mais j'ai ressenti à ce moment-là une envie irrépressible d'être sur le sol américain pour cette fête, car sans dinde, sans stuffing et sans pumpkin pie, Thanksgiving n'est pas vraiment Thanksgiving. Même entourés d'américains, le fait que le repas soit au restaurant a grandement changé la donne. Pas de popote sur le feu pendant des heures -depuis la veille ou l'avant-veille-, pas de fumet délicat qui vous vient aux narines dès le réveil, pas de bataille entre les pro-sauce aux cranberries fraîches et ceux qui la préfèrent en conserve... Thanksgiving s'est fait fugace, divertissant mais empreint d'inachevé. Il va falloir rattraper ça l'an prochain avec un vrai repas traditionnel. Pendant ce temps, la vie continue son cours à Tours. Les jours ont raccourci et les températures chuté.  Le marché de Noël vient d'ouvrir, ce qui lance officiellement la saison des chocolats chauds au coin du feu, des soirées vin-chaud-tartiflette et des après-midis à faire des biscuits de Noël. D'ailleurs, Noël prendra une toute autre couleur cette année car nous serons en France dans mon cher Jura, en famille. Et les Colissimos de Noël ne partiront pas depuis les Etats-Unis comme l'an passé : les paquets sont presque prêts et seront postés, dès que possible, depuis Tours pour être livrés en Pennsylvanie et en Australie. Et rien ne remplacera jamais le plaisir de se retrouver ensemble, et de profiter de ceux qui peuvent être là en cette période de fêtes.  I am thankful for what I have and I wouldn't change a thing. 


jeudi 15 octobre 2015

Un retour au travail tout en douceur

Atelier de préparation de liquides épaissis
Jus de pomme gélifié

Voici plus d'un mois que j'ai repris mes gallons d'orthophoniste en France. J'exerce maintenant à l'hôpital public à plein temps et j'en suis ravie. Je suis enchantée de retrouver le système français (les RTT et les heures supplémentaires payées ont du bon !) et d'avoir rejoint une équipe vraiment super. Je partage mon temps entre le SSR gériatrique et le SRR neurologique et locomoteur, et j'interviens aussi (en fonction des demandes) en neurologie, pneumologie et dans d'autres services. J'ai chaussé mes chaussures d'orthophonistes comme de petits chaussons très confortables, sans questionnement aucun, sans appréhension aucune, d'une façon si naturelle que j'ai l'impression d'avoir fait ça toute ma vie. J'imagine que mon expérience acquise au cours des dernières années finit par payer, et que mes angoisses de débutante se sont envolées. Il faut dire aussi que le monde du travail à la française (où il ne se passe pas une semaine sans pot de départ, anniversaire et petits gâteaux à se partager entre collègues...) a du bon. Mes journées sont rythmées par les rééducations, les réunions, et les rendez-vous avec les familles des patients. Pas plus tard que cette semaine, j'ai formé une famille sur la préparation de l'eau gélifiée. L'atelier dans mon bureau s'est révélé fructueux et indispensable pour cette famille dont le patriarche va rentrer à la maison bientôt en hospitalisation à domicile. Et cette après-midi, j'ai participé à une table ronde à l'école de formation des infirmiers sur la collaboration entre professionnels. Tout particulièrement intéressant. Non vraiment, les vacances, c'est bien, mais le boulot, c'est presque mieux ?

dimanche 30 août 2015

La vie tourangelle

Château de Langeais
L'été est passé à une vitesse folle, beaucoup plus vite que prévu. J'ai l'impression que nous avons débarqué avec nos valises il y a seulement quelques jours ; et pourtant, cela fait presque deux mois. La vie tourangelle est particulièrement agréable. Partout, bars et restaurants offrent ripaille à qui mieux mieux. Si le temps restant avant la rentrée s'étiole d'heure en heure, l'impatience de reprendre le travail grandit en conséquence. Mardi, je commence à l'hôpital de Blois. J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer certains membres de l'équipe, et je suis plus qu'enthousiaste à l'idée de retrouver mes gallons d'orthophoniste française. Les locaux sont tout neufs et très agréables, avec une superbe piscine de balnéothérapie qui donne sur un jardin intérieur et sur les salles de rééducation. Je serai partagée entre le service de Soins de Suites de Réadaptation polyvalent, et le service de Soins de Suites de Réadaptation neurologique et locomoteur. Il est aussi possible que je pourvois aux besoins  d'autres services de l'hôpital, ponctuellement et en fonction des patients hospitalisés. Dans le cadre du parcours de soins, il est très probable que je puisse suivre un même patient du début à la fin de son séjour, de l'hospitalisation complète à l'hôpital de jour. De son côté, Logan a un semestre chargé, avec une belle brochette d'étudiants de Bucknell qui sont arrivés la semaine dernière. On s'est habitués rapidement à notre vie tourangelle : la région offre beaucoup d'opportunités de visites et de sorties culturelles. Partout, châteaux du moyen-âge côtoient bâtiments troglodytes et autres curiosités locales. Inutile de dire que cela nous change pas mal - for sure - de notre vie en Pennsylvanie centrale. 

Nougat de Tours

vendredi 17 juillet 2015

Home, sweet home



Nous sommes arrivés à Tours la semaine dernière, la tête encore endormie du décalage horaire, le dos et le cou fourbus du voyage en avion, et nos gigantesques valises. C'est une première pour moi : je découvre Tours, ville magnifique sur la Loire, aux splendides maisons à colombages du moyen-âge, où bien évidement tout le monde parle français, et où il y a des boulangeries-pâtisseries à chaque coin de rue. Je réalise que la bonne odeur de pain chaud à l'approche d'une de ces boutiques m'avait tout particulièrement manqué. Le marathon des entretiens d'embauche s'est montré fructueux, mais ce sera l'objet d'un futur article sur ce blog. A la suite de deux journées chargées, nous nous sommes envolés pour la Crète pour une semaine de pur paradis sur terre. Sans valise, certes, puisque la compagnie aérienne l'avait perdue lors du transit à Istanbul, mais en Crète tout de même. Pour l'heure, il est venu le moment de partir pour un petit tour de France pour faire le tour de la famille. Il me tarde de revoir mon cher Jura !


samedi 4 juillet 2015

Good bye, Pennsylvania.


Les valises sont prêtes, et c'est le jour du grand départ ! Sous une pluie battante (sinon ça n'aurait pas été fun), ce quatre Juillet (jour de la fête nationale américaine) est décidément placé sous le signe de la France. Si des défilés et des feux d'artifices sont prévus au programme, ce n'est qu'un hasard du calendrier. La fête nationale américaine va se transformer en un vol transatlantique de nuit. Pas de ribs on the grill et pas de smores, mais un diner sur United et un petit déjeuner à Paris. A nous les baguettes, croissants, pains aux raisins et autres viennoiseries ! Alors en prévision de l'appauvrissement des stocks chez les boulangers-pâtissiers -concomitant à notre arrivée-, tenez-vous prêts, on débarque demain.

lundi 29 juin 2015

Merci à tous mes lecteurs !


Le cap des 100 000 visites a été dépassé sur mon blog ! Merci à tous mes lecteurs, anonymes, connaissances, amis et famille ! Ca me donne vraiment envie de continuer à publier des articles régulièrement. A très vite pour d'autres billets sur ma vie franco-américaine !

samedi 27 juin 2015

Baby shower


J'ai été de nouveau invitée à une baby shower aujourd'hui. Ce concept, que j'avais déjà détaillé lors d'un précédent article (à lire ici), peut sembler très éloigné de nos habitudes françaises où, la plupart du temps, l'on attend la venue au monde du petit lardon pour lui offrir des cadeaux. Aux Etats-Unis, le pragmatisme est de mise. Au lieu d'attendre sagement la naissance du moutard, les futurs parents dressent en avance une liste de choses dont ils ont besoin, et les amies (filles - en général) se réunissent autour d'une part de cake et de boissons sucrées pour ouvrir des montagnes de cadeaux. Ainsi, les parents peuvent disposer d'objets (très utiles) avant le jour J, comme un tire-lait électronique, ou de la crème anti-vergétures (très glamour) et des couches à tout-va. C'est aussi l'occasion de se faire offrir des objets un peu plus onéreux, comme un siège auto ou une table à langer, et cela permet aux amis et à la famille de faire une cagnotte pour acheter les gros meubles un peu plus coûteux. Personnellement, j'aime assez l'idée, très pragmatique, de pouvoir acheter ce dont les parents ont réellement besoin, plutôt que le mioche se retrouve avec trois cents pyjamas taille six mois et pas de siège auto. Mais plus qu'une tradition, c'est aussi un rite de passage obligé pour toute future maman, une belle occasion de réunir ses amies et de se retrouver ensemble à parler layettes et potty training. J'ai beaucoup apprécié l'expérience, où chaque invitée repart avec un petit cadeau, et où toutes les générations de femmes sont conviées : mère, grand-mère, cousines, tantes et amies de la future maman. Et l'énorme gâteau, pink velvet, c'est-à-dire rose bonbon à l'intérieur mais sans goût particulier, a été dévoré en moins de trois secondes



mercredi 24 juin 2015

Derniers préparatifs


Vendredi, soit dans exactement quarante-huit heures, nous quitterons notre maison. Il nous reste encore quelques cartons à faire, ainsi que deux trois petites choses à finaliser avant de fermer les bagages, mais le plus gros est déjà pesé, emballé, et prêt au départ. Temporairement, tout du moins, et ce jusqu'au 4 Juillet,  jour J du retour tant attendu ! Nous ne serons bien-sûr pas à la rue, car nous habiterons chez les parents de Logan histoire de laisser le temps à notre locataire d'emménager tranquillement. Inutile de dire que l'impatience, qui non contente de grandir un peu plus chaque jour, me donne des tremblements dans les guiboles, et me donnerais presque des trémolos dans la voix. Quid de cette année à venir ? Une belle année à Tours, en plein coeur du centre-ville, rythmée par la vie de Bucknell en France, par les excursions et les visites, et aussi, je l'espère, par un retour à ma vie d'orthophoniste française. Quelques entretiens d'embauche sont programmés, rien de sûr à ce jour, mais je ne doute pas je puisse trouver quelque chose rapidement à mon arrivée. Peut-être pas à Tours-même, mais probablement à Blois. En attendant, le mois de Juillet et son planning chargé de visites me semblent la meilleure façon de commencer les vacances. Une petite semaine en Crète, suivie de quelques jours dans mon cher Jura, puis à Lyon, et enfin en Ardèche où je vais rencontrer ma petite nièce née au printemps. Vers la fin du mois, j'irai probablement à Paris pour voir famille et amis. Le tout en espérant que je commence un nouveau poste en Août. Mais pour l'heure, tandis que je me réjouis de ne pas avoir à demander un re-entry permit pour quitter le territoire américain pendant plus de six mois, et que, du coup, que je contemple -ravie- mes deux passeports, je songe à dire au-revoir à notre maison, à la quatrième rue, et à tout ce que nous laissons derrière nous. Profitons-en bien, le temps va sans doute passer beaucoup trop vite...



dimanche 7 juin 2015

Le compte à rebours a commencé

Plus que quelques semaines, et nous serons finalement de retour en France ! Il m'est encore difficile de réaliser que cette date s'approche dangereusement. Et pourtant, notre locataire emménage bientôt dans notre maison, j'ai quelques entretiens d'embauche planifiés pour début Juillet, les billets d'avion sont réservés, la demande de visa pour Logan a été déposée à l'ambassade de France à Washington, et il ne  nous reste plus qu'à penser à faire tenir à nouveau notre vie dans deux valises. Tours, nous voilà. Nous allons emménager dans un appartement au centre-ville, à deux pas de la place Plum, à deux pas du bureau de Logan et à distance indéterminée de mon potentiel emploi. A peine arrivés, nous repartons aussi sec en Crète (j'ai hâte !) pour une petite semaine, avant d'entamer un mini tours de France pour voir la famille. Il est possible que je commence à travailler le 1er Août. Ou pas. A vrai dire mon planning de l'été est encore un peu flou, et il n'est pas facile d'y caser tout le monde. Je sens déjà que va recommencer le casse-tête frustrant de la vie en France, où l'on sait que le temps nous y est compté, et où chacun veut nous rendre visite, veut que nous lui rendions visite, le tout en harmonie avec le planning de l'Université et les excursions du weekend, les demandes et besoins des étudiants, et (je l'espère !) mon tout nouveau job. Alors stay tuned, il est possible que j'en sache bientôt un peu plus à ce sujet, en fonction du résultat des entretiens d'embauche. En attendant, je commence déjà à saliver à qui mieux mieux, m'imaginant les petits déjeuners typiquement français et autres réjouissances gustatives que je vais m'enfiler. A moi les croissants, les pains aux raisins, la baguette croustillante, le beurre à la fleur de sel, les macarons, les mille-feuilles, les plats aux lardons, les spécialités de Franche-Comté, les spécialités fromagères (raclette, tartiflette, morbiflette, fondue), la crème de marron, les rillettes, le pâté, le saucisson... La liste complète me prendrait sans doute la journée ! Je me rends compte que la gastronomie française me manque presque autant que la vie en France. Alors je salive, je salive, et j'attends (presque) patiemment. 


mardi 12 mai 2015

Diplômée ! (again)


Et le grand jour a finalement eu lieu ! Dans une salle comble, après une cérémonie de près de deux heures, j'ai finalement reçu mon diplôme de master en orthophonie, deuxième diplôme d'orthophonie tant attendu pour pouvoir exercer aux Etats-Unis. Pour ce qui est de la suite des évènements, il va me falloir encore patienter un peu avant d'utiliser ce nouveau diplôme, puisque nous serons à Tours l'an prochain. J'ai déjà commencé à chercher un emploi dans la région tourangelle, pour l'instant avec quelques pistes qui restent encore à explorer. La simple idée d'en avoir fini avec les examens, la recherche, les conférences et la paperasse administrative me ravit. Et je me sens plus prête que jamais à reprendre ma carrière française. Idéalement, en soins de suites de réadaptation, neurologie adulte ou gériatrie, mes domaines de prédilection. Côté Pennsylvanie, l'été est arrivé en quelques jours. Les derniers flocons de neige sont tombés mi-avril, et depuis, les températures frôlent les trente degrés quotidiennement. On passe véritablement du gros manteau d'hiver aux sandalettes en quelques jours. Alors même si j'ai toujours un rythme de sommeil propice au travail et que je suis incapable de faire la grasse matinée, je traîne, je prends mon temps, je ralentis et je profite de ces quelques semaines de vacances à venir. Pour la suite, on verra ça en temps voulu...

mercredi 4 mars 2015

Le printemps se fait attendre

Il neige, ça fond, il neige encore, ça tient, il reneige plus tard, et bis repetita jusqu'à en avoir marre de chaque flocon. Vivre en Pennsylvanie centrale vers la fin de l'hiver a le don de créer une lassitude quand on pense au climat. Depuis quinze jours, je rêve d'arbres en fleurs, d'herbe verte, et de températures agréables. Ce matin, la neige tombée hier avait gelé et les routes étaient relativement dangereuses. Et pourtant, j'ai réussi à me rendre au travail en conduisant à vingt kilomètres/heure derrière une énorme déneigeuse. Je dois avouer que j'ai acquis pas mal d'expérience de conduite dans la neige, le verglas, la pluie intense, la grêle et la glace au cours de ces derniers mois. Il me tarde maintenant de retrouver un peu de douceur printanière, et de retrouver des températures au-dessus de zéro. Et je sais que le printemps sera de courte durée. Ma première année à Lewisburg, nous sommes passés de la doudoune pour températures polaires aux sandalettes en l'espace d'une semaine ou deux, c'est dire si le printemps est presque inexistant par ici. Alors tandis que je prends mon mal en patience en attendant que le temps s'améliore, je savoure les derniers reliquats de l'hiver en pensant que je vais peut-être regretter cette fraicheur persistante lorsque l'été pointera le bout de son nez.



jeudi 26 février 2015

Le praxis


Histoire de m'approcher encore un peu plus près du statut officiel d'orthophoniste aux Etats-Unis, j'ai passé les examens standardisés du praxis. Le praxis existe sous différentes versions en fonction du métier visé. Il s'agit d'un test informatisé, de deux à quatre heures selon la branche concernée, avec un score minimal nécessaire pour valider l'examen. En Janvier, j'ai d'abord passé haut la main l'examen qui me permettra un jour (si l'envie m'en prend) d'exercer dans une école en Pennsylvanie. Au programme, diverses questions à choix multiple traitant d'histoire, sciences, mathématiques et littérature. Presque un examen à passer les doigts dans le nez lorsqu'on a été scolarisé sur le sol américain, mais un peu plus difficile à valider si l'on a usé - comme moi - les bancs de l'école française. Et pourtant, j'ai passé ce praxis haut la main, notamment grâce aux mathématiques et aux sciences. Deux trois petites équations du premier degré, quelques pourcentages, deux trois questions relevant de la physique-chimie niveau cinquième, une bonne dose de logique, et hop ! le tour était joué. Pour autant, je ne faisais pas trop la fière car je savais que la prochaine étape - le praxis pour les orthophonistes - ne serait pas tout autant une si mince affaire. Et en Février, j'ai passé cet examen tant redouté. Cet examen comprenait des questions dans tous les domaines de l'orthophonie (neurologie et prise en charge des AVCs/traumatismes crâniens, troubles de langage et de la parole chez l'enfant, utilisation de la communication augmentative et alternative, prise en charge des malformations faciales et fentes labio-palatines, dysphagie et videofluoroscopie, dysarthrie et déficits associés, démences, ainsi que voix et laryngoscopie). Et j'ai réussi l'examen ! Donc si l'on veut résumer ce qui me reste encore à faire pour être certifiée orthophoniste ici, je dois encore : prévoir ma soutenance de mémoire (la version presque finale est actuellement en relecture), terminer ce stage-ci en hospitalisation complète (neurologie adulte), terminer le prochain stage en soins intensifs, obtenir mon diplôme de master en Mai, puis poursuive dans mon année de CFY (clinical fellowship) avec un ou une orthophoniste mentor, avant de finalement être certifiée par l'ASHA. Ce ne sera donc pas pour demain, mais je m'en rapproche un peu plus chaque jour. Alors tandis que j'attends ma remise de diplôme avec impatience, j'imagine que cette certification viendra sans doute à l'horizon 2017 puisque nous rentrons cet été en France et passerons l'année scolaire à venir à Tours. Alors patience, tout vient à point à qui sait l'attendre. 

samedi 17 janvier 2015

L'orthophonie aux Etats-Unis - Soins de Suites de Réadaptation

J'ai commencé mon dernier semestre en tant qu'étudiante en orthophonie. Plus de cours, mais des stages à plein temps sont au programme. Je viens de terminer ma deuxième semaine en hospitalisation complète en SSR. J'ai une maître de stage beaucoup plus jeune que moi, et tout se passe pour le mieux. Les pathologies rencontrées sont assez similaires à celles que je prenais en charge en France : beaucoup d'AVCs, de dysphagie, quelques démences, et pas mal de traumatismes crâniens. Les bilans et rééducations sont très proches de mon expérience en France : même techniques de rééducation, même types d'approches de réhabilitation. Cependant, quelques petits détails m'ont surprise. Le premier concerne la durée de séjour. Après un AVC en France, il est fréquent de suivre un patient 3-4, voire six mois en hospitalisation complète. Ici, la plupart des séjours sont de deux-trois semaines, et 100 jours au maximum. Les assurances ne couvrent pas la rééducation si le patient ne progresse pas et jamais au delà de 100 jours. Une fois passé ce délai, le patient est envoyé en hospitalisation de jour, chez lui, ou en maison de repos. La thérapie peut se poursuivre, mais de façon beaucoup moins intensive, et les thérapeutes manquent pour des services à domicile. Compte-tenu des séjours très courts, les bilans sont très courts, une heure au maximum. J'avais l'habitude de proposer des bilans d'au moins une heure trente, voire plus si le patient avait des déficits qu'il convenait d'explorer plus en détails. Ici, une heure, pas plus, pour un bilan (soi-disant) complet de langage, cognition, et déglutition. Tous les domaines sont survolés, il n'y a pas de temps pour creuser le sujet en profondeur. Les tests mnésiques se résument au rappel immédiat et différé de trois mots, plus des empans endroits. Rien à voir avec les bilans que l'on fait en France.... Le temps de thérapie journalier est scrupuleusement respecté. Si un patient a la grippe et ne peut pas beaucoup sortir de son lit, qu'à cela ne tienne ! Il aura sa séance coûte que coûte, alité ou vaillant. Le droit du patient prime sur les règles de transmission de certains virus ou maladies. Le patient a le droit de sortir de sa chambre, quelles que soient les circonstances. Un patient BMR en France sera confiné à sa chambre. Aux Etats-Unis, le patient est couvert d'une surblouse et d'un masque, et hop ! Il peut se balader dans tout le service, au risque de contaminer tout le monde. J'ai passé la totalité de ma deuxième semaine à rééduquer en portant un masque. Pas pratique pour les patients déments ou sourds de l'oreille. Pas pratique non plus pour évaluer les praxies bucco-faciales. Pas pratique non plus pour montrer comment évacuer des résidus buccaux avec la langue si le patient a une aphasie réceptive et un trouble de la déglutition. Bref, pas pratique du tout. Et pas forcément efficace. Je me retrouve ce weekend à avoir attrapé l'un de ces microbes. Espérons que je puisse assurer mes fonctions lundi matin.... car j'ai encore besoin de 150 heures de bilan et rééducation pour pouvoir terminer mon semestre. 


D'autres détails m'ont au contraire très agréablement surprise. Pour la plupart des patients, il existe une "cérémonie de sortie". Le patient marche, avec ou sans aide, le long de tous les thérapeutes alignés, jusqu'à une grosse cloche qu'il ou elle fait sonner, avant que toute l'équipe n'applaudisse. Un symbole très fort, très émouvant, qui se répète plusieurs fois par semaine. Cet acte prend tout au plus deux minutes, mais le patient est conforté dans l'idée qu'il ou elle a fait de gros progrès, et que tout est de nouveau possible. Une véritable reconnaissance du travail effectué par tous. Et la différence principale entre la France et les Etats-Unis concerne le temps de travail. En France, en hospitalisation complète, il n'y a pas d'obligation de rendement. Il n'existe pas de minimum quant au nombre de patients à voir chaque jour. La paperasse est conséquente mais tolérable. Ici, j'ai observé que tous les thérapeutes sacrifient leur demi-heure de pause déjeuner pour pouvoir terminer leur journée de travail à peu près dans les temps. Les quarante heures hebdomadaires payées correspondent souvent à bien plus que quarante heures. Les orthophonistes, ergothérapeutes et kinésithérapeutes ne déclarent jamais leurs heures supplémentaires, bien qu'il aient au moins 6-7 heures chaque semaine en plus de leurs heures normales de travail. Leur "productivité" est scrupuleusement mesurée. Si la journée payée est trop courte pour voir tous les patients et remplir toute la paperasse quotidienne (la quantité de paperasse est tout simplement infernale !), les thérapeutes restent le soir pour terminer ce qu'ils ont à faire. Mais cela ne se traduit pas par des heures supplémentaires payées, ou par des vacances. Car le mot vacances devra être presque totalement rayé de mon vocabulaire quand viendra le temps d'un poste d'orthophoniste aux Etat-Unis. A l'horizon 2016, au plus tôt. Alors tandis que je continue à approfondir mes connaissances orthophoniques un peu plus chaque jour, mon impatience grandit en pensant à mon retour en France cet été. Car j'ai bien l'intention de profiter de l'année 2015-2016 pour exercer en France. Une année à Tours, attendue chaque jour un peu plus. En attendant, ma remise de diplôme est prévue dans 111 jours. I just can't wait!!!!

Nb: BMR: bactérie multi-résistante, SSR: soins de suites de réadaptation.

jeudi 1 janvier 2015

L'heure d'un bilan

Nos dernières vacances : Puerto Rico
2014 s'achève finalement. Cette année est passée à une vitesse folle, les mois et les semestres s'enchaînant à un rythme fulgurant. Le tourbillon de la vie universitaire a tendance à biaiser notre notion du temps qui s'écoule, toujours plus vite, au fil des semaines marquées par un emploi du temps bien chargé. Une année entière sur les bancs de l'université, à apprendre et à réapprendre mon cher métier. La dernière année de ma vingtaine, puisque la trentaine se rapproche dangereusement. Dans quelques courts mois, fini la décennie étudiante, je vais (peut-être) pouvoir finalement travailler. Je ne suis pas sûre que j'aimerais revivre cette année écoulée. Le bilan en est certes très positif, mais il faut laisser derrière soi cette année de challenge et de travail intensif, et regarder vers l'avenir avec optimisme. J'ai tellement appris en retournant à la fac que parfois, je me demande ce que je savais avant. Probablement pas grand chose. Et il y a tant à apprendre encore qu'il faudra bien la durée de ce semestre à venir pour finaliser le processus d'apprentissage. Pour 2015, difficile de savoir ce que la vie nous réserve, mais je prévois de façon certaine une remise de diplôme en Mai et un retour en France cet été, à Tours, et ce pour toute la durée de l'année scolaire à venir. Il va encore falloir faire tenir nos affaires dans deux fois vingt-trois kilos de bagages. Un détail pour une professionnelle des déménagements trans-atlantiques comme moi, étant donné que ça (ne) sera (jamais que) la quatrième fois. Et ça va être une expérience sans doute fantastique que de retrouver mes galons d'orthophoniste diplômée et autorisée à exercer en France. Pour l'heure, je profite des derniers jours de vacances et essaie de retenir chaque minute un peu plus, histoire de prolonger la douce quiétude des congés de fin d'année. Bonne année 2015 à tous !

El Yunque, Forêt tropicale de Puerto Rico

mercredi 17 décembre 2014

Toutes ces petites différences qui font qu'on est aux States - Episode 2


Depuis mon article de 2011 (à relire ici), j'avais très envie de vous faire partager à nouveau mon expérience relative aux différences franco-américaines, drôle ou cocasses, voire irritantes ou tout simplement réjouissantes. On a beau dire : malgré une culture relativement "proche" de la culture française (en tout cas par rapport à d'autres cultures du fin fond de l'Amazonie ou du désert du Sahara), les Etats-Unis sont très différents de la France. A commencer par les toilettes publiques. Car oui, il est possible de trouver des toilettes équipées en papier et en savon, relativement propres et entretenues. Ceci complètement en désaccord avec mon expérience de française où chaque passage aux toilettes publiques se résume à éviter soigneusement de toucher la poignée de porte, les murs, le bouton de la chasse d'eau, et où l'on apporte ses propres kleenex en guise de papier hygiénique et son gel hydro-alcoolique histoire de ne pas attraper le choléra ou la peste (je n'exagère même pas un tout petit peu). Mais (car il y a un mais), pourquoi donc les toilettes américaines sont-elles quasi-systématiquement construites de façon à ce que la porte laisse apparaitre une fente latérale d'au moins deux centimètres ? On voit tout, sur les côtés, voire en dessous de la porte. Alors forcément vous me direz "mais non, je t'assure, personne ne regarde". Je confirme que personne ne regarde. Mais quand même, en tant que petite frenchy prude et timide, l'idée d'exposer une vision publique (même hypothétique) de moi-même sur le trône ne m'enchante pas particulièrement. Alors pourquoi construire des portes plus ou moins ajourées ? Mystère. J'en cherche encore la réponse. Il y a une autre situation qui me fait plutôt sourire : pourquoi mes camarades de classe (la plupart, mais heureusement pas toutes) s'obstinent-elles à venir en cours en pyjama ? Pas forcément des pyjamas à nounours et à grosses fleurs, plutôt des survêtements, mais des pyjamas quand même. Le plus marrant c'est de croiser une collègue toute la journée sur son trente-et-un, avec talons et jupe crayon fendue, et de la recroiser dix minutes avant le cours du soir, fraîchement changée en pyjama. Les profs ne s'en offusquent pas, je crois qu'ils en ont largement l'habitude. Mais en tant que frenchy, je ne peux m'empêcher de rigoler sous cape en imaginant ce que ma vie universitaire française aurait été en portant un pyjama à la fac chaque jour. Bien sûr, c'est très confortable. Mais culturellement très loin de mes habitudes du vieux continent. 


Et puisque Noël approche, je vous ai sélectionné un best-of des ornements de sapin de Noël américains parmi les plus ridicules. A commencer par un mini-sèche-cheveux violet. Ou par un pot de beurre de cacahuètes. Ou par un doughnut. Tous, sans exception, des décorations de Noël à accrocher au sapin. Alors pour ceux qui ne s'en douteraient pas, non, notre sapin est beaucoup plus traditionnel. Boules et guirlandes, quelques étoiles dorées et quelques sucres d'orge, point barre. Et si j'achetais un hamburger en plastique hideux histoire de me mettre "culturellement" à la page ?


jeudi 4 décembre 2014

On y est presque !

Ca y est, j'ai terminé mon placement à la Clinique de Bloomsburg, ainsi qu'à l'école. Les cours sont également terminés, et il ne me reste plus qu'à passer mes examens finaux la semaine prochaine. Ma soutenance de mémoire ayant été reportée au semestre prochain, je ne suis plus qu'à quelques jours de   vacances bien méritées. Inutile de dire que j'ai trop hâte ! Même en faisant mon travail avec passion, même en apprenant chaque jour un peu plus, je dois admettre que ces derniers dix-huit mois ont été plutôt difficiles. Et ce n'est pas encore fini, puisque je commence mon externat en Janvier dans deux hôpitaux de la région. Mais la fin de ce semestre marque la fin de mes cours, ces chers cours du soirs qui ont prolongé les jours de la semaine jusqu'à 21 ou 22 heures, ces chers cours du soirs épuisants qui ont été tout particulièrement challenging, avec des matins débutant aux aurores. C'est donc la fin, ainsi que la fin de mes weekends passés à potasser, à réviser, à préparer des papers, à m'arracher les cheveux sur mon mémoire et sur mes lesson plans. Quelques jours, et ce sera fini. Ensuite, il ne me restera plus qu'à profiter des vacances, entre deux flocons de neige, tandis que les chants de Noël envahissent les magasins et que Christmas se rapproche un peu plus chaque jour...

jeudi 27 novembre 2014

Thanksgiving !


13 pounds de dinde s'apprêtent à être rôties pendant des heures. Soit presque 6 kilos de volaille à partager. Et encore, "c'est la plus petite dinde que l'on puisse trouver", selon mes beaux-parents.  Voilà un autre Thanksgiving qui s'annonce bien. Les estomacs vont pouvoir s'emplir de pitance à outrance tandis que le vin va couler à flots. Il n'y a rien que j'aime plus qu'une célébration païenne qui invite à manger (et à boire). Manger est bien sûr au centre des célébrations, pour créer l'une des plus célèbres holidays américaines. Alors je compte bien en profiter : avec l'arrivée de la neige hier, cuisiner s'est révélé l'activité la plus distrayante. Un écureuil aux framboises est en cours de préparation, ainsi que des tas de petits side dishes pour accompagner la dinde. Et Thanksgiving sera franco-américain ou ne sera pas. Car le foie gras dévoré hier et le Saint-Emilion de 1999 d'aujourd'hui apportent cette touche typiquement française qui me ravi tout particulièrement. Et finalement, Thanksgiving n'est que la répétition générale des festivités de fin d'année à venir. Noël est dans moins d'un mois, et il me tarde de croiser Santa et son traîneau....

lundi 24 novembre 2014

The ASHA Convention 2014


La semaine dernière avait lieu la grande conférence nationale américaine de l'orthophonie. Elle se tenait à Orlando, en Floride, et s'étalait sur 4 jours. C'était la plus grande conférence à laquelle j'assistais, avec près de 10000 orthophonistes (et audiologistes) venus des quatre coins du pays et du Canada (mais aussi, d'autres pays comme le Brésil, l'Inde et la Chine). Beaucoup de présentations intéressantes, voire absolument passionnantes, étaient au rendez-vous. C'était aussi l'occasion de présenter notre projet de recherche qui avait presque touché à sa fin (trois études de cas avec rééducation de groupe pour patients aphasiques). La salle était immense, mais loin d'être comble. Le stress lié à la présentation est très vite retombé lorsqu'est arrivé le moment fatidique des questions, très pertinentes et très positives. Un vrai succès, en tout cas aux yeux des quelques personnes du public ayant fait le déplacement. Et puis le reste de la conférence s'est déroulé sans encombres, j'ai beaucoup appris en très peu de temps. J'ai eu l'occasion de voir des "stars" de l'orthophonie (Stemple pour la voix, Coyle pour la dysphagie...) et j'ai également parlé à de nombreux recruteurs. Pour l'instant, je ne cherche pas encore de poste aux Etats-Unis pour mon année de Clinical Fellowship car nous serons à Tours l'an prochain... Inutile de dire que je suis super impatiente !

vendredi 7 novembre 2014

Etats-Unis : l'accueil des enfants handicapés à l'école

Un exemple de classe spécialisée : autistic support classroom
J'avais envie depuis longtemps de témoigner du terrible décalage qui existe entre la France et les Etats-Unis en ce qui concerne l'accueil des enfants porteurs de handicaps à l'école publique. Je pense personnellement qu'il est crucial que chaque enfant ait une chance d'être socialisé et de faire ses apprentissages dans une école fréquentée par des enfants tout-venants. Encore faut-il y mettre les moyens nécessaires pour que ça ne devienne pas un enfer pour ces enfants ou leurs enseignants. Je travaille  actuellement dans une très grosse école primaire où sont accueillis plus de 450 enfants. Il existe plusieurs classes spéciales (un peu l'équivalent de nos CLIS), accueillants des enfants autistes, porteurs de handicaps moteurs, et/ou intellectuels. L'un de mes petits patients, autiste profond, est scolarisé à temps plein dans l'une de ces classes spécialisées. Avec deux autres enfants. Faites le calcul, il s'agit bien d'une classe de trois élèves. Il y a une institutrice spécialisée, et trois aids (l'équivalent de nos AVS), et ce à plein temps. Impensable en France... Et pourtant, le school district où je travaille est assez défavorisé. Beaucoup d'enfants viennent de milieux très modestes. Donc cette école n'est pas une exception. Alors pourquoi un tel décalage entre la France et les Etats-Unis ? Probablement une histoire de financement et de budget disponible. Et aussi une histoire de mentalité. Le handicap est beaucoup mieux vu, ou tout du moins beaucoup moins stigmatisé au pays de l'oncle Sam. Toutes les infrastructures publiques sont aux normes pour accueillir les personnes en fauteuil roulant, ainsi que les personnes atteintes de déficiences visuelles. Les transports sont également adaptés, et les toilettes sont toujours accessibles. J'ai vraiment l'impression que nous, français, avons facilement vingt ans de retard à ce sujet. Car les histoires que j'ai entendues concernant l'accueil des enfants handicapés au sein de l'école de la République sont très, très loin de ce que je vis ici. Une classe de trois élèves avec quatre adultes présents à plein temps est impensable en France. Et pourtant, ici, ça marche. Les résultats sont là, et le système américain en Pennsylvanie permet à chaque enfant handicapé d'avoir une chance d'apprendre comme tous les autres enfants. Alors, si tout n'est pas toujours parfait de l'autre côté de l'Atlantique (et loin s'en faut...), nous ferions peut-être bien de regarder ce qui s'y passe de bien, et notamment afin de nous en inspirer pour améliorer notre intégration du handicap à l'école en France...

vendredi 31 octobre 2014

Halloween


Toute la semaine, les gamins de la clinique et de l'école primaire où je travaille n'avaient que ce mot à la bouche. Halloween, costumes, trick-or-treat... Probablement un an qu'ils l'attendaient : la journée des vampires, montres, fantômes, et autres sorcières est arrivé. Pas de pluie prévue cette année, les petits mômes en scary costume devraient sonner à notre porte toute la soirée. Après avoir (lamentablement) mangé un demi sac de bonbons que j'avais réservé pour l'occasion (l'autre moitié ayant été dévorée par mes camarades de classe, qui ont conservé leur âme d'enfant et leur appétence pour le sucré !), j'ai fait un saut au centre commercial pour racheter plus de munitions. Et je suis maintenant complètement armée : un gros sac de Reese's peanut butter cups, des Bounties (qui s'appellent Almond Joy aux Etats-Unis), des Milky Ways, ainsi que des mini Snickers et des Twix devraient faire l'affaire. Et si personne ne se montre, tant pis. Je réussirai bien à manger toute cette junk food moi-même, même si cette hypothèse de bonbons me restant sur les bras est bien improbable ! J'ai déjà mon costume pour la party des adultes, prévue pour plus tard dans la soirée. Et j'ai confectionné des cupcakes franco-américains pour l'occasion. Au sirop d'érable, cream cheese, et noix de pécans, typiques du pays de l'oncle Sam, ont été ajoutés de vrais carambars rapportés de France. Le résultat n'est pas mal du tout, et il va être difficile d'y résister ! Alors, si vous sortez, faites attention aux bêtes féroces et aux être surnaturels qui rôdent dans le coin... et si vous les apercevez, donner leur des confiseries pour calmer leur appétit. C'est une technique qui marche très bien pour les adultes aussi.

samedi 11 octobre 2014

Franco-américaine !


Et c'est finalement arrivé. Après des années de torture administrative, de déceptions et frustrations, de fausses-joies, véritables réjouissances, et accessoirement quelques milliers de dollars plus tard, j'ai finalement acquis la nationalité américaine. Plus de cauchemars en pensant à USCIS, plus de nébuleuses bureaucratiques, plus d'angoisses liées à mon immigration sur le sol américain : je peux maintenant voyager, voter, et être complètement libre de mes mouvements aux Etats-Unis. C'est une grande fierté, qui n'a de sens que parce que je suis avec Logan. J'ai toujours en mémoire cette année de galère lors de la demande de mon premier visa d'immigration, où le système nous avait punit drôlement et où nous avions passé de longs mois séparés par l'Atlantique. Cela étant, cette naturalisation effacerait (presque) ces mauvais souvenirs et il est désormais temps de passer aux réjouissances qui s'y rattachent. Et ça a commencé par un happy hour (au champagne s'il-vous-plait), et ça va se poursuivre ce weekend. Certains se demanderont peut-être ce qu'il advient de ma citoyenneté française. Rien de particulier, je suis et je resterai française à tout jamais, car à défaut de résider en France, ma culture, ma langue, ma nationalité et mes origines seront toujours française. J'ai tout simplement gagné une nouvelle partie de moi, je n'ai rien perdu et je ne perdrai jamais rien. Mais pour l'heure, it's time to celebrate!!!

Lors de la cérémonie de naturalisation, il m'a été remis une copie de la constitution américaine, et un guide pour les nouveaux américains. Il est temps de s'inscrire pour voter !

jeudi 2 octobre 2014

La foire de Bloomsburg



Après trois ans en Pennsylvanie, j'ai finalement eu l'occasion de me rendre à la foire annuelle de Bloomsburg, événement marquant pour cette petite bourgade de campagne, qui accueille pas moins de 400 000 visiteurs chaque année. C'est une énorme machinerie bien rodée, où d'immenses parkings succèdent à d'immenses stands d'expositions, à l'extérieur ou dans des pavillons couverts. Des milliers d'animaux y sont présentés chaque année, des bovidés aux gallinacés. La foire est connue pour ses spécialités alimentaires, riches en gras et en sucre, fortement déconseillées aux personnes au régime, et hautement additives pour une petite frenchie comme moi. Il est possible d'acheter et de consommer absolument tout et n'importe quoi frit dans l'huile. J'ai bien dit absolument tout. Des légumes, aux cornichons, et aux gâteaux, tout peut être trempé dans un genre de pâte à beignet et frit dans de l'huile bouillante. J'ai eu l'occasion de déguster, parmi d'autres, des Oreo Cookies frits (une tuerie !), des Twix frits (avec un caramel coulant et tiède à l'intérieur....), des macaronis au fromage frits, des bretzels chauds d'inspiration allemande (faits à la main et cuits sous mes yeux), des pancakes à la pomme de terre (un litre d'huile dans chaque pancake environ), et d'autres spécialités plus traditionnelles mais tout aussi intéressantes (les pierogies, genre de raviolis d'origine polonaise fourrés à la purée de pomme de terre, et toutes les spécialités grillées/fumées au barbecue). Inutile de préciser que mon estomac a eu bien du mal à assimiler tous ces délices, mais que le jeu en a valu la chandelle. Rien de tel qu'un cookie frit pour saturer son foie, le tout accompagné d'un petit tour à pied du côté de la fête foraine, auprès du stand des légumes géants, des concours de tables dressées, des concours de bouquets, de plantes, et d'autres bizarreries en tous genres. Plus qu'un bon moment, cette foire a été une véritable découverte culturelle, où j'ai pu poser un regard mi-amusé, mi-circonspect sur la Pennsylvanie centrale. Mon orgie hépatique, qui était plutôt exceptionnelle pour moi, s'est révélé une habitude quotidienne pour bon nombre de mes collègues locaux. Certains mangent ces trucs tous les jours et à chaque repas. Il va falloir m'y faire : rien n'égalera jamais la bonne bouffe à la française, pas même ces infâmes/délicieux Twix frits qui laisse un petit gout sucré dans la bouche et les doigts gras et collants. Mais faute de mieux, je m'en contente, car gourmande un jour, gourmande toujours....

Les fameux Pierogies

Oreo frit

Macaronis au fromage frits

Une banane congelée trempée dans le chocolat

Les Twix frits !

Les Bretzels faits à la main

Les pancakes à la pomme de terre

La plus grosse citrouille de la foire, 1036 pounds soit près de 921 kilos !