jeudi 27 novembre 2014

Thanksgiving !


13 pounds de dinde s'apprêtent à être rôties pendant des heures. Soit presque 6 kilos de volaille à partager. Et encore, "c'est la plus petite dinde que l'on puisse trouver", selon mes beaux-parents.  Voilà un autre Thanksgiving qui s'annonce bien. Les estomacs vont pouvoir s'emplir de pitance à outrance tandis que le vin va couler à flots. Il n'y a rien que j'aime plus qu'une célébration païenne qui invite à manger (et à boire). Manger est bien sûr au centre des célébrations, pour créer l'une des plus célèbres holidays américaines. Alors je compte bien en profiter : avec l'arrivée de la neige hier, cuisiner s'est révélé l'activité la plus distrayante. Un écureuil aux framboises est en cours de préparation, ainsi que des tas de petits side dishes pour accompagner la dinde. Et Thanksgiving sera franco-américain ou ne sera pas. Car le foie gras dévoré hier et le Saint-Emilion de 1999 d'aujourd'hui apportent cette touche typiquement française qui me ravi tout particulièrement. Et finalement, Thanksgiving n'est que la répétition générale des festivités de fin d'année à venir. Noël est dans moins d'un mois, et il me tarde de croiser Santa et son traîneau....

lundi 24 novembre 2014

The ASHA Convention 2014


La semaine dernière avait lieu la grande conférence nationale américaine de l'orthophonie. Elle se tenait à Orlando, en Floride, et s'étalait sur 4 jours. C'était la plus grande conférence à laquelle j'assistais, avec près de 10000 orthophonistes (et audiologistes) venus des quatre coins du pays et du Canada (mais aussi, d'autres pays comme le Brésil, l'Inde et la Chine). Beaucoup de présentations intéressantes, voire absolument passionnantes, étaient au rendez-vous. C'était aussi l'occasion de présenter notre projet de recherche qui avait presque touché à sa fin (trois études de cas avec rééducation de groupe pour patients aphasiques). La salle était immense, mais loin d'être comble. Le stress lié à la présentation est très vite retombé lorsqu'est arrivé le moment fatidique des questions, très pertinentes et très positives. Un vrai succès, en tout cas aux yeux des quelques personnes du public ayant fait le déplacement. Et puis le reste de la conférence s'est déroulé sans encombres, j'ai beaucoup appris en très peu de temps. J'ai eu l'occasion de voir des "stars" de l'orthophonie (Stemple pour la voix, Coyle pour la dysphagie...) et j'ai également parlé à de nombreux recruteurs. Pour l'instant, je ne cherche pas encore de poste aux Etats-Unis pour mon année de Clinical Fellowship car nous serons à Tours l'an prochain... Inutile de dire que je suis super impatiente !

vendredi 7 novembre 2014

Etats-Unis : l'accueil des enfants handicapés à l'école

Un exemple de classe spécialisée : autistic support classroom
J'avais envie depuis longtemps de témoigner du terrible décalage qui existe entre la France et les Etats-Unis en ce qui concerne l'accueil des enfants porteurs de handicaps à l'école publique. Je pense personnellement qu'il est crucial que chaque enfant ait une chance d'être socialisé et de faire ses apprentissages dans une école fréquentée par des enfants tout-venants. Encore faut-il y mettre les moyens nécessaires pour que ça ne devienne pas un enfer pour ces enfants ou leurs enseignants. Je travaille  actuellement dans une très grosse école primaire où sont accueillis plus de 450 enfants. Il existe plusieurs classes spéciales (un peu l'équivalent de nos CLIS), accueillants des enfants autistes, porteurs de handicaps moteurs, et/ou intellectuels. L'un de mes petits patients, autiste profond, est scolarisé à temps plein dans l'une de ces classes spécialisées. Avec deux autres enfants. Faites le calcul, il s'agit bien d'une classe de trois élèves. Il y a une institutrice spécialisée, et trois aids (l'équivalent de nos AVS), et ce à plein temps. Impensable en France... Et pourtant, le school district où je travaille est assez défavorisé. Beaucoup d'enfants viennent de milieux très modestes. Donc cette école n'est pas une exception. Alors pourquoi un tel décalage entre la France et les Etats-Unis ? Probablement une histoire de financement et de budget disponible. Et aussi une histoire de mentalité. Le handicap est beaucoup mieux vu, ou tout du moins beaucoup moins stigmatisé au pays de l'oncle Sam. Toutes les infrastructures publiques sont aux normes pour accueillir les personnes en fauteuil roulant, ainsi que les personnes atteintes de déficiences visuelles. Les transports sont également adaptés, et les toilettes sont toujours accessibles. J'ai vraiment l'impression que nous, français, avons facilement vingt ans de retard à ce sujet. Car les histoires que j'ai entendues concernant l'accueil des enfants handicapés au sein de l'école de la République sont très, très loin de ce que je vis ici. Une classe de trois élèves avec quatre adultes présents à plein temps est impensable en France. Et pourtant, ici, ça marche. Les résultats sont là, et le système américain en Pennsylvanie permet à chaque enfant handicapé d'avoir une chance d'apprendre comme tous les autres enfants. Alors, si tout n'est pas toujours parfait de l'autre côté de l'Atlantique (et loin s'en faut...), nous ferions peut-être bien de regarder ce qui s'y passe de bien, et notamment afin de nous en inspirer pour améliorer notre intégration du handicap à l'école en France...