samedi 25 mars 2017

Miam miam



Il n'est pas possible, pour ceux qui me connaissent personnellement, d'imaginer de rester une seule journée sans parler de nourriture. Je suis gourmande, avec une certaine appétence pour le sucré, les desserts, et, de façon générale, de tout ce que le dentiste déconseillerait pour vos dents. Mais j'aime aussi les bons petits plats à la crème, la viande (saignante), les bons fromages et tout ce qui tourne autour de la gastronomie. Alors impossible d'être à Miami et de ne pas vous faire une petite liste des choses qui me sont devenues indispensables. Chose indispensable numéro 1 : la pâte de goyave. C'est bon, c'est hyper sucré, c'est absolument déconseillé en cas de diabète...bref. Un véritable numéro gagnant. Je n'ai encore pas eu l'occasion de déguster des goyaves fraiches qui en valent la peine. Mon souvenir des goyaves des Caraïbes est mémorable mais date des années quatre-vingt-dix, avec un petit gout exactement à mi-chemin entre une poire et une fraise, avec de petits grains croquants pas désagréables au palais. En revanche, à défaut de trouver de vraies goyaves, les desserts à la goyave sont monnaie courante ici. Pas plus tard que cette semaine, j'ai pu déguster un très bon tres leches à la goyave de chez Havana Harry's. Un régal. Et les pastels de guayaba de la patisserie colombienne près de chez nous sont une véritable tuerie. Numéro deux : les plats de poisson frais et les ceviche péruviens. On connait tous le principe du carpaccio. De façon similaire, les ceviche mêlent le jus de citron vert aux épices pour cuire chimiquement et doucement le poisson, servi extrêmement frais et absolument délicieux. Numéro trois : les cocktails locaux. Je suis très très, très fan des mojitos locaux, aromatisés aux fruits. Mon préféré : le mojito à la mûre. Une tuerie incommensurable. Numéro quatre : les sushis fusion. Fusion car pas purement japonais à proprement parler. J'ai le souvenir de sushis à la mangue et noix de coco que nous avions mangé en 2011 à Miami beach... Et enfin numéro cinq : les véritables burgers américains (pas ceux du MacDo, on est bien d'accord). Avec de la bonne viande, si possible des tas de toppings et de bonnes frites maison pour accompagner le tout. Mais ce qui m'a fait le plus envie récemment, c'est de manger un burger tartiflette, avec la recette trouvée sur le site de "Cuisine moi un mouton" (à lire ici). Mais ici, malheureusement, ici le reblochon et les lardons ne courent pas les rues...



samedi 4 mars 2017

Etre orthophoniste aux Etats-Unis : les différences


Il me faudrait des pages et des pages de ce blog pour détailler ma vie d'orthophoniste ici. Il n'y a pas une mais un bon millier de façon d'exercer la profession d'orthophoniste sur le sol américain. De même qu'en France, la speech and language pathologist (ou SLP dans le jargon local) prend en charge les troubles de communication (au sens large) et d'alimentation des nouveaux-nés aux vieillards du quatrième âge. Si mon expérience passée a concerné majoritairement les troubles neurologiques adultes, mon expérience présente est bien différente. Ici, l'orthophoniste exerce en milieu scolaire, et c'est tout à fait normal. Plus de la moitié des thérapeutes américaines passent au moins une partie de leur temps dans les écoles. L'autre partie exerce en salariat (hôpitaux, institutions, centres de recherche...). Seule une infime partie des orthophonistes exercent en libéral. La faute au système de remboursement des soins, beaucoup plus compliqué que notre bonne vieille sécurité sociale, qui requiert l'emploi d'une personne qualifiée à plein temps pour gérer la paperasse et les relations avec les assurances de santé. En milieu scolaire, l'orthophoniste ne prend pas du tout en charge les troubles des apprentissages (dyslexie, dyscalculie, et dyspraxie par exemple). Les instituteurs spécialisés s'en occupent, et pourtant, il reste pas mal de travail aux orthophonistes. J'aide par exemple les enfants à acquérir un vocabulaire adapté, à savoir suivre des consignes verbales, à améliorer leur morpho-syntaxe et à gérer les troubles pragmatiques. Mes petits élèves (ici, ils ne sont pas considérés comme des "patients") sont bègues, autistes, infirmes moteurs cérébraux, dysphasiques, et ils cumulent (souvent) les troubles DYS. Chaque enfant bénéficie d'un IEP (individualized education plan), qui détaille les accommodations fournies par l'école pour que l'enfant soit accueilli dans une scolarité "normale". Par exemple, les enfants dyslexiques reçoivent les services de l'instituteur spécialisé lors des temps de lecture dans une salle à part, tout en restant avec les autres enfants le reste du temps. Ils ont des aménagements de temps pour les examens, la lecture des énoncés verbalement, et d'autres petits moyens de compensations qui leur permet de progresser. De mon côté, j'interviens majoritairement dans une salle de classe où je vois les enfants individuellement ou en groupe. Les groupes sont assez aléatoires, en fonction de l'emploi du temps (je ne peux pas les voir pendant les heures de matières fondamentales, comme l'anglais et les mathématiques). Les groupes de travail apportent des avantages, mais aussi de nombreux inconvénients. Je reçois régulièrement des emails d'orthophonistes françaises qui aimeraient s'installer ici, et qui me demandent quelles sont les procédures à suivre. Je n'ai malheureusement pas  toujours le temps de leur répondre, mais je les invite à lire ma page spéciale qui apporte quelques informations (à lire ici). Et qui dit planning scolaire, dit vacances scolaires (bon c'est vrai, carrément moins qu'en France !). Du coup, j'attends le Spring Break avec impatience...